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MOBILIER DE BUREAU: l'économie prime sur l'ergonomie

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Prix et fonctionnalité sont les maîtres mots quand il s'agit de choisir son mobilier de bureau. Les fabricants tentent toutefois d'introduire un brin de fantaisie, y compris dans les entrées de gamme.

@ SURFLIFES - THOMASZ TROJANOWSKI / FOTOLIA / LD

Les PME se meublent utile et pas cher. «Le critère roi, c'est d'abord le prix, reconnaît Hubert Val, chef de produits mobilier chez le distributeur de matériel et fournitures JM Bruneau. Notre clientèle PME traque les promotions et les fins de série, ce qui la rend difficile à fidéliser.» Et, avec la conjoncture actuelle, cette chasse aux bonnes affaires n'est pas près de s'arrêter. «On a réussi à stabiliser les prix ces dernières années, mais la flambée du coût des matières premières et du pétrole commence déjà à se répercuter sur le coût de revient, et finira par atteindre les clients fin 2008, début 2009», estime Hubert Val. C'est donc le moment de faire le tour de vos bureaux et l'inventaire des sièges abîmés, des armoires estropiées et autres bureaux boiteux. L'été est une période propice aux déménagements et réaménagements. Et, à leur retour de vacances, vos collaborateurs ne seront pas mécontents d'étrenner un mobilier flambant neuf pour démarrer du bon pied.

Outre le budget disponible, l'achat du mobilier de bureau obéit à deux critères principaux. «Il faut d'abord tenir compte de l'organisation du travail au sein de l'entreprise», indique Lysiane Maquis, chef de groupe mobilier et équipement de bureau chez JPG. Vos salariés sont-ils sédentaires? Travaillent-ils en équipe ou seuls? Votre activité exige-t-elle de nombreuses réunions? Recevez-vous beaucoup de visiteurs? Autant de questions que vous devez vous poser avant de parcourir les rayons. «Ensuite, le mobilier doit être modulable et pouvoir se prêter à différents réaménagements, comme lors de l'accueil de nouveaux collaborateurs ou le renouvellement de certains éléments usés, poursuit Lysiane Maquis. Ces critères sont importants pour assurer une cohérence d'ensemble et une pérennité de l'aménagement.» Ce qui pousse les entreprises à avoir des goûts plutôt conservateurs en la matière: design standard et couleurs neutres permettent un renouvellement progressif en évitant l'effet patchwork.

1 Sieges de bureau

L'ERGONOMIE A UN PRIX

Les sièges de bureau sont les éléments que l'on renouvelle le plus souvent et que l'on considère - à tort - comme des produits de consommation courante. Et s'ils vous aidaient à réduire votre taux d'absentéisme?

Quand on sait que les pathologies du dos sont l'une des principales causes d'absentéisme, on comprend l'intérêt de mettre en oeuvre des mesures pour atténuer l'ampleur du phénomène. Et cela se traduit d'abord par le siège qu'il faut, au poste qu'il faut. Pourtant, «c'est l'élément qu'on achète en dernier, après le bureau et les meubles de classement, relève Romain Bourboulon, responsable du merchandising du mobilier de bureau chez Office Depot. Avec ce qui reste d'un budget déjà limité, on ne va pas très loin!» D'où le succès des promotions de sièges à 29 euros régulièrement organisées par le leader de la distribution de matériel de bureau.

@ En résille (en haut à droite), recyclé (au milieu) ou en cuir (ci-dessus), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourres.

Le calcul peut pourtant se révéler moins payant que prévu. «Un siège d'entrée de gamme dure en général un an, prévient Romain Bourboulon. Il vaut mieux viser les modèles dans la fourchette 49- 99 euros, qui présentent une durée de vie moyenne de trois ans et une assise plus confortable.» Mais il ne faut pas se leur rer: on trouve rarement des mécanismes sophistiqués à moins d'une centaine d'euros.

Les modèles d'entrée de gamme pour les sièges de travail, aussi appelés sièges «opérateurs», présentent généralement deux réglages. Le dossier, désolidarisé de l'assise, peut s'incliner vers l'arrière. Cette fonction est surtout prisée par les personnes qui passent beaucoup de temps au téléphone, car elle autorise une position semi-allongée qui détend les muscles du dos. La plupart des sièges de cette gamme permettent de bloquer le dossier à l'inclinaison souhaitée en appuyant sur la manette de réglage située généralement sous l'assise.

Du design pour l'image de l'entreprise. «Les sièges d'accueil ou visiteurs obéissent quant à eux à des motivations purement esthétiques, souligne Hubert Val (JM Bruneau). Destinés à une faible occupation, ils véhiculent l'image de marque de l'entreprise.» Que ce soit dans les salles d'attente, de conférence ou de formation, les fabricants mettent l'accent sur le design et s'accordent à baisser les coûts de production en rognant sur la densité de la mousse et en faisant l'économie de réglages plus sophistiqués. «Les formes arrondies en oeuf et en coquille remportent un franc succès ces dernières années», assure Hubert Val (JM Bruneau). Les fourchettes de prix sont très larges dans cette catégorie, selon que l'on opte pour des chaises polyvalentes, qui meublent les différents espaces collectifs de l'entreprise, ou des canapés cossus qui trônent dans les bureaux présidentiels.

«Les sièges de direction répondent, eux, à une symbolique forte, puisqu'ils demeurent un des signes distinctifs de la hiérarchie, soutient Lysiane Maquis (JPG). Toutefois, le statut du chef se traduit de moins en moins par des sièges imposants, mais plutôt par un design un peu plus original et des options de réglages plus sophistiquées.» Pour votre siège «présidentiel», vous pouvez opter pour des matières plus élaborées. Le dernier cri en la matière est la résille, qui offre un contact souple et épouse la forme du dos tout en évitant les inconvénients de la mousse et de la laine. Ces dernières, plus rugueuses au toucher, présentent le désagrément d'être conductrices de chaleur l'été.

D'autres matières, moins «tendance» mais qui ont fait leurs preuves, sont toujours appréciées pour leurs qualités d'usage et leurs prix abordables, comme les tissus synthétiques (Trevira, Polyacril...) et des tissus enduits en vinyle qui se déclinent dans toutes les couleurs et sous toutes les coutures.

2 Meubles de classement

TOUJOURS L'ARMOIRE A RIDEAUX, MAIS AVEC UNE TOUCHE DE PERSONNALISATION

L'intégration de chassis extractibles pour classer des dossiers suspendus les rend plus facilement accessibles.

L'intégration de chassis extractibles pour classer des dossiers suspendus les rend plus facilement accessibles.

La France est le pays de l'armoire à rideaux. Ce meuble reste en pôle position, loin devant les armoires à portes battantes ou coulissantes.

Le classement n'est pas drôle et ça se voit. «Le choix est dicté par deux questions basiques: quelle est la nature des éléments à classer et de quel espace disposez-vous pour le faire?», résume Lysiane Maquis (JPG). On distingue trois besoins. Primo, le classement de proximité, pour les dossiers qui doivent être à portée de main et trouvent leur place dans des dessertes ou des caissons encastrables dans le bureau. Le deuxième type d'usage correspond au classement «semi-actif, pour les dossiers que vous consultez une à deux fois par jour, généralement rangés dans les armoires à rideaux. Enfin, le classement passif regroupe les documents que vous ne ressortez que sporadiquement et qui peuvent se nicher dans des armoires plus volumineuses et éloignées.

La réponse à ces besoins est très culturelle. «Les Français ne jurent que par les armoires à rideaux», assure Hubert Val (JM Bruneau). Mais celles-ci ont beau battre tous les records de vente, elles n'ont pas les faveurs des architectes et des agences d'aménagement de l'espace, soucieux de l'esthétique de l'environnement de travail. Pourquoi ce désaveu? Tout simplement parce qu'elles ne sont jamais fermées et que la vue de dossiers mal rangés donne une impression de fouillis permanent. Evitez donc d'en placer dans vos espaces d'accueil ou dans les bureaux très fréquentés par vos clients. A cette condition, c'est un meuble intéressant car très pratique. En plus d'offrir un espace de rangement fonctionnel et peu encombrant, il sert aussi à cloisonner les open spaces en créant des séparations entre îlots de quatre ou six bureaux.

Il ne reste donc plus que le mobilier de classement pour s'accorder des excentricités. «Pour égayer leurs intérieurs de bureaux, la plupart des PME optent pour de petits modules de rangement en osant des portes en verre ou des couleurs vives», confirme Hubert Val (JM Bruneau).

Améliorations fonctionnelles. Le conservatisme attaché aux armoires à rideaux souffre toutefois quelques améliorations cosmétiques et fonctionnelles, telles que des tablettes coulissantes introduites à l'intérieur pour y déposer les dossiers et permettre de les consulter rapidement sur place. Autre «innovation»: l'intégration d'un châssis extractible pour classer les dossiers suspendus. On voit également apparaître des portes en hêtre ou en merisier qui s'accordent avec le reste du mobilier. Cette personnalisation vous coûtera à peine plus cher que le modèle basique (dans les 370 euros pour des dimensions 120 x 48 x 198 cm).

En dehors des incontournables armoires à rideaux, une nouvelle tendance émerge, tout droit inspirée du mobilier de l'habitat. «Ces armoires à portes battantes ou coulissantes, que vous pourriez tout aussi bien retrouver dans votre salon, sont certes moins fonctionnelles, mais elles offrent une variété de rangements plus importante en incluant des niches pour des objets de décoration», indique Romain Bourboulon (Office Depot).

ROMAIN BOURBOULON, responsable du merchandising chez Office Depot

L'heure est au design épuré, aux lignes plus légères.

3 Bureaux

DES COMBINAISONS A L'INFINI

Le bureau continue à marquer le statut du dirigeant, qui y consacre un budget important. Mais pour le commun des collaborateurs, il est souvent réduit à son plus simple appareil.

Ces dernières années, l'usage des bureaux a été marqué par l'évolution de l'informatique. «On a d'abord vu apparaître des ordinateurs volumineux sur des dessertes à côté des bureaux, puis la génération suivante de PC a trôné en place centrale sur le plateau. Ces dernières années, les écrans plats et les ordinateurs portables ont permis de redégager de l'espace sur le plan de travail», retrace Lysiane Maquis (JPG). Par conséquent, les fabricants ont dû repenser la taille des bureaux. Désormais, une table de 140 x 80 cm suffit. Un point appréciable pour les entreprises, qui gagnent ainsi quelques mètres carrés... Chez JM Bruneau, le nouveau concept, c'est le «bench», autrement dit des combinaisons de bureaux compacts qui permettent d'optimiser l'utilisation de la place disponible. «L'avantage est qu'un seul pied sert pour deux plateaux de bureaux, explique Hubert Val (JM Bruneau). Vous pouvez en juxtaposer jusqu'à trente dans un seul plateau, mais pour éviter l'effet réfectoire, les assemblages classiques sont de quatre à huit bureaux.» Le prix est, bien entendu, dégressif selon le nombre d'éléments achetés. Par exemple, il vous en coûtera 475 euros pour deux bureaux de la gamme Aerio de JM Bruneau, et 1 145 euros un ensemble de six bureaux de la même gamme. Vous réalisez ainsi près de 300 euros d'économies par bureau.

Design épuré. Du côté des couleurs et des matières, là encore, le conservatisme fait loi. Le plateau est le plus souvent en hêtre ou en merisier et les piétements métalliques sont de couleur anthracite. Pour les bureaux de direction, les fabricants font preuve de plus de créativité. «C'est un achat coup de coeur, à l'instar de meubles pour l'habitat», estime Hubert Val (JM Bruneau). Et quand il n'est pas le miroir du dirigeant, l'espace de bureau est souvent le reflet de l'entreprise elle-même (son secteur d'activité, ses valeurs, sa culture...). De l'ébénisterie traditionnelle dans le secteur financier, du mobilier moderne et design dans la communication, des meubles à consonances technologiques dans l'industrie, etc. Mais, là encore, l'ostentation n'est plus de mise. «L'heure est au design épuré, aux lignes plus légères», décrit Romain Bourboulon (Office Depot). Les plateaux en bois, ou aspect bois, très clairs, font leur grand retour, notamment pour leur côté chaleureux. Mariés à un peu de verre pour les cloisons et de métal pour les pieds, ils donnent au bureau un aspect à la fois moderne, convivial et professionnel.

Mot clés : euro |

Houda El Boudrari