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MOBILITE DES APPRENTIS: UNE OPPORTUNITE A SAISIR

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1 %, c'est le pourcentage d'entreprises en France qui envoient leurs apprentis à l'étranger. La mobilité des jeunes en alternance reste donc marginale, alors qu'elle permet d'apporter une ouverture intercuturelle aux équipes.

La mobilité internationale est le fer de lance de Mireille Klepkens, gérante de deux bijouteries dans le centre de Paris. La commerçante place la formation de ses apprentis au coeur de sa politique de ressources humaines. Cette année, l'un d'entre eux s'est envolé vers l'Angleterre, pour travailler dans un commerce caritatif situé à Brighton. « J'y vois plusieurs avantages. La pratique de l'anglais est devenue essentielle, surtout dans la capitale, qui draine une clientèle internationale importante. En 15 jours, l'apprenti a eu l'occasion d'acquérir du vocabulaire relatif à la vente. Il a gagné en autonomie et s'est montré plus motivé à son retour. Il est également prêt à prendre plus de responsabilités professionnelles », confie la gérante qui fait figure d'exception. Seules 1 % des petites entreprises accompagnent leurs apprentis dans cette démarche, ce qui représente 2 000 jeunes par an. Si ce chiffre traduit la frilosité des entreprises en la matière, il y a au moins deux explications. Selon Lucien Boiché, responsable emploi-formation au sein de la chambre de métiers et de l'artisanat du Rhône, « les démarches administratives sont encore trop contraignantes ».

Entre paperasserie et coût. Le dirigeant qui veut envoyer son apprenti à l'étranger doit prévoir d'entamer la procédure quatre à six mois avant son départ afin de remplir toutes les formalités requises : signer une convention de mise à disposition avec l'entreprise étrangère et l'apprenti qui précise le lieu de formation, la durée du stage, les conditions de sécurité et de formation (document fourni par le CFA, centre de formation d'apprentis) ; contacter la caisse d'assurance maladie pour obtenir le formulaire E 101, en double exemplaire. Le jeune, de son côté, doit demander sa carte européenne d'assurance maladie pour rester couvert par le régime de protection sociale français. Si le stage se déroule en dehors de l'Union européenne, l'employeur doit obtenir, auprès de sa chambre consulaire ou du CFA, un avis de mission permettant au jeune de conserver sa couverture.

Ensuite sur toute la durée du stage, c'est l'entreprise française qui continue de rémunérer son apprenti. « C'est la deuxième réserve évoquée par les patrons, car ils ont impression de «perdre» de la main-d'oeuvre » , poursuit Lucien Boiché. Ils peuvent néanmoins demander le remboursement à l'entreprise étrangère accueillant l'apprenti. Ces dispositions doivent être négociées en amont et mentionnées dans la convention. « La plupart des dirigeants l'ignorent. C'est aux chambres consulaires de se mobiliser pour informer et sensibiliser les entreprises », conclut l'expert.

@ FOTOLIA/RIMGLOW/LD

A SAVOIR

BOURSES DE MOBILITE LEONARDO : VOUS Y AVEZ DROIT
Vous pouvez inscrire la mobilité de vos salariés dans le plan de formation de votre entreprise ou la faire financer au titre de la professionnalisation. Les frais de déplacement et de séjour, ainsi que l'assurance de vos apprentis seront pris en charge par les bourses Leonardo Mobilité, visant les jeunes en formation professionnelle qui réalisent un stage de 2 à 26 semaines dans une entreprise européenne. Le montant accordé est fonction de la durée du séjour et peut atteindre 350 euros par semaine si le stage dure de trois à quatre semaines.
La demande de bourse doit être transmise au CFA. Certaines régions, à l'instar de l'Aquitaine et de l'Ile-de-France, versent une indemnité compensatrice aux employeurs et participent à hauteur de 40 euros par jour de stage.