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Maroc: la nouvelle Mecque des entreprises françaises

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Malgré le Printemps arabe et la crise économique mondiale, le Maroc préserve la stabilité de son régime et l'attractivité de son économie. Sa proximité avec l'Union européenne, sa législation fiscale très incitative ou encore son faible coût du travail en font une destination privilégiée pour les investisseurs français.

Avec un rythme de croissance économique de l'ordre de 5 % par an ces dix dernières années, l'économie marocaine a de quoi faire rêver les pays européens et africains. En 2011, les révolutions arabes et la récession mondiale ont néanmoins porté un fort coup de frein à cet essor. Malgré ces résultats en demi-teinte, le pays affiche une meilleure santé que ses voisins et devrait tout de même enregistrer une croissance de 2 à 3 % en 2012. « Le nouveau gouvernement, élu fin 2011, s'est par ailleurs engagé à initier un grand nombre de réformes pour assurer la pérennité du régime et la stabilité politique du pays », souligne Khalid Idrissi Kaitouni, directeur de l'appui aux entreprises et de la création d'entreprise à la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM). Par ailleurs, de par sa proximité géographique avec l'Europe, son faible coût du travail, ou encore sa réglementation fiscale très incitative, le Maroc s'est imposé comme une destination de choix pour les investisseurs étrangers. Son environnement francophone attire en particulier les entreprises françaises (plus de 500). Devenue effective depuis février, la zone de libre-échange entre l'Union européenne et le Maroc pour les produits industriels parachève ce rapprochement et renforce la position stratégique du Maroc dans la région. « Le pays est devenu une plaque tournante du continent africain », souligne Khalid Idrissi Kaitouni. « Depuis cette année, on assiste par ailleurs à l'arrivée d'investisseurs étrangers fuyant les autres pays du Maghreb en proie à des crises politiques », constate, pour sa part, Béatrice de Lima, directrice associée et chargée de la filiale marocaine du cabinet d'expertise comptable Bonnet, qui assiste les entreprises à l'export. Ajoutez à cela plusieurs programmes de financement dans des secteurs stratégiques initiés ces dernières années qui soutiennent le développement du pays et incitent les investissements extérieurs. Parmi lesquels le plan Emergence industrielle (offshoring, aéronautique, automobile, électronique, agroalimentaire...), le plan Maroc numérique (technologies de l'information et de la communication) ou encore le programme Maroc vert (agriculture). Si les principales zones d'activité économique se concentrent sur l'axe Casablanca-Tanger, le long du littoral Atlantique, des pôles de compétitivité émergent ailleurs notamment dans la région de l'Oriental au Nord-Est pour les énergies vertes.

@ © EALBEROLA - FOTOLIA.COM

CE QU'IL FAUT RETENIR

- Epargné par le Printemps arabe, le Maroc garantit une économie dynamique et une situation politique stable.


- Le pays mise sur une politique fiscale et économique très incitative à l'égard des investisseurs étrangers.


- Avant de signer des partenariats, veillez à bien vous entourer et sécurisez un maximum votre carnet de commandes.

Exonération d'impôt sur les sociétés

« Pour un investisseur étranger, l'atout majeur du Maroc est sa politique fiscale et économique très incitative. Celle-ci est articulée autour de trois axes: un environnement légal attractif, une stratégie de promotion des investissements étrangers et une stratégie de développement sectorielle », résume Mohamed Dami, expert-comptable du cabinet marocain Dami et Associés. Une politique qui repose sur trois fondements-clés: la liberté d'investissement (excepté dans le secteur agricole), le droit de transférer les bénéfices et celui de rapatrier les dividendes. Par ailleurs, à quelques exceptions près, la majorité des entreprises bénéficient d'une exonération totale de l'impôt sur les sociétés durant les cinq premières années d'implantation, puis d'un impôt à taux réduit de 17,5 % les années suivantes. Le faible coût de la main-d'oeuvre et le droit du travail très flexible constituent d'autres avantages non négligeables.

« Pour votre implantation, privilégiez dans un premier temps des missions de prospection commerciale pour tester le marché local, conseille Khalid Idrissi Kaitouni (CFCIM). Entourezvous aussi de professionnels car les arnaques sont courantes. » Comme dans la plupart des économies nord-africaines, la culture de la négociation et du réseautage y est très prégnante. Aussi, il est fortement recommandé de passer par les nombreuses fédérations de chefs d'entreprise ou les chambres de commerce régionales pour se faire épauler dans un premier temps. Si de nombreux efforts ont été réalisés pour moderniser l'administration marocaine, elle demeure encore très procédurière. « En théorie c'est simple, en pratique c'est lourd », résume Béatrice de Lima (cabinet Bonnet). Par ailleurs, sachez que la corruption est encore une pratique assez courante bien que le gouvernement tente de l'enrayer. « Avant de monter votre affaire sur place, veillez à sécuriser vos garanties de paiement auprès de vos partenaires et/ou distributeurs en réclamant par exemple des acomptes, préconise Béatrice de Lima. Là-bas, le facteur temps est très relatif. Les délais peuvent être à rallonge. Il faut pouvoir composer avec cette réalité. » Une situation qui commence elle aussi à évoluer avec l'arrivée d'une nouvelle génération d'hommes d'affaires marocains. Ayant pour la plupart étudié dans les universités européennes ou nord-américaines, ces dirigeants sont généralement plus réactifs ; hérauts d'un Maroc moderne, trait d'union entre l'Afrique et l'Occident.

Frédéric Granotier, p-dg de Lucibel SA

Frédéric Granotier, p-dg de Lucibel SA

LE TEMOIGNAGE DE Frédéric Granotier, p-dg de Lucibel SA

« Le Maroc est une porte privilégiée sur l'Afrique »


Début 2012, l'entreprise Lucibel SA signe un accord avec un distributeur marocain. Un partenariat qui lui a déjà permis de commercialiser ses lampes à LED auprès de grands noms comme la Banque populaire du Maroc, la Cimenterie du Maroc, Lafarge Maroc et même auprès de palais et résidences royaux. Le dirigeant n'a pas rencontré de difficultés particulières pour exporter au Maroc. Il a néanmoins fallu s'adapter à la culture business locale. « Les contrats sont renégociés en permanence. Il est aussi difficile de faire respecter des heures de rendez-vous fixes à un Marocain. Nous avons par ailleurs sécurisé au maximum les commandes en négociant le calendrier de paiements et en demandant des acomptes », cite Frédéric Granotier, p-dg de l'entreprise. Outre le marché marocain, la société compte déjà des implantations commerciales à Hong Kong et en Suisse, une filiale de distribution en Espagne et des partenariats aux Emirats Arabes Unis. Dans le cadre de cette stratégie export, « le Maroc représente une porte privilégiée sur l'Afrique du Nord et de l'Ouest », livre le dirigeant. Un marché prometteur que Frédéric Granotier a aussi choisi pour la stabilité politique du régime. « Il est sûr que le pays présente un environnement politique et économique plus stable que certains de ses voisins. » Après ces débuts prometteurs, l'entreprise prévoit l'ouverture d'ici à la fin de l'année d'une filiale pour renforcer sa présence sur le sol marocain.

Lucibel SA

> Activité
Commercialisation de lampes à LED


> Ville
Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)


> Forme juridique
SA


> Dirigeant
Frédéric Granotier, 43 ans


> Année de création
2008


> Effectif
150 salariés


> CA 2011
3,7 MEuros


> CA prévisionnel 2012
10 MEuros

Mot clés :

MARION PERROUD