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Medigames Studios, entre vie et survie

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Après une très bonne année 2009, la société est aujourd'hui sur la pente raide. Sa planche de salut pourrait être le deuxième opus de son jeu vidéo Save our Souls, lancé en septembre.

Il y a un an, nous vous avons proposé le portrait d'un créateur d'entreprise. Nous le retrouvons ici, afin de faire le point sur l'évolution de son affaire.

Goran Vrbancic, créateur et dirigeant de Medigames Studios

Un an plus tôt...

La société Medigames Studios vient de terminer son premier jeu vidéo, baptisé Save our Souls (SOS). Le joueur incarne Ethan, un jeune homme décidé à devenir secouriste. Mais la singularité du projet est ailleurs: le jeu est développé spécifiquement pour l'iPhone et l'iPod ; il est commercialisé comme une série télévisée. Goran Vrbancic, créateur et dirigeant de la jeune pousse, prévoit en effet trois saisons de dix épisodes chacune, téléchargeables tous les deux mois sur l'AppStore, la boutique en ligne d'Apple. La PME charentaise compte vendre chaque épisode 3,99 euros TTC. Si SOS est le projet qui lance l'entreprise, le «patient virtuel» est celui qui doit assurer sa pérennité. Il s'agit d'un jeu pédagogique dédié au monde pharmaceutique et hospitalier. Un malade, modélisé en 3D, est ainsi atteint de divers symptômes dont le joueur doit déterminer la cause. Ce jeu ultra-réaliste vise les professionnels de santé et les étudiants en médecine. Mais il nécessite de lourds investissements en R & D, ce qui retarde sa production.

Medigames Studios aujourd'hui

La PME est à un tournant de son développement. L'année 2009 a été fructueuse, avec un chiffre d'affaires d'environ 120 000 euros, soit 20 % de mieux que le prévisionnel. Un succès qui laisse le dirigeant de marbre, celui-ci préférant garder les yeux rivés sur le futur. Une partie de l'avenir de la société s'est jouée le week-end du 11 septembre 2010, lors du Festival du jeu vidéo de Paris. Medigames Studios y présente et lance le deuxième épisode de SOS, qui reçoit un « très bon accueil du public », explique Goran Vrbancic, de quoi lui mettre du « baume au coeur ». « Si ce volet est autant téléchargé que le premier, soit 50 000 fois, nous aurons le budget pour développer deux autres opus dans la foulée », assure-t-il. A l'inverse, si la société n'atteint pas son objectif, elle finira son exercice dans le rouge. Car la PME est à court de financements: elle n'a reçu que 7 500 euros d'aide de la part du Conseil général de Charente et doit continuer de se développer sur ses fonds propres.

Le «patient virtuel» n'a quant à lui toujours pas trouvé preneur. De grands laboratoires pharmaceutiques, comme Sanofi Aventis, ont été démarchés. « Bien qu'intéressés, ils n'ont pas encore débloqué de budget », explique le dirigeant. Un frein au développement du jeu qui nécessite près de 800 000 euros d'investissement en R & D. Désormais, la survie de la PME repose donc essentiellement sur le succès de SOS.

MEDIGAMES STUDIOS - Repères


ACTIVITE: Editeur de jeux vidéo
VILLE: Angoulême (Charente)
FORME JURIDIQUE: SARL
EFFECTIF: 7 salariés
DIRIGEANT: Goran Vrbancic, 36 ans
ANNEE DE CREATION: 2009
CA 2009: 123 kEuros
RESULTAT NET 2009: 37 kEuros

Mot clés : euro

Julien van der Feer