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Moins de charges sur les heures supp'

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Le gouvernement a mis en chantier la réduction des charges sociales sur les heures supplémentaires dans les entreprises. Une mesure qui devrait s'appliquer dès le 1er octobre prochain.

 

STEPHANE MAUREL, président de MagicDay

STEPHANE MAUREL, président de MagicDay

DEUX CHEFS D'ENTREPRISE JUGENT LE PROJET

POUR
STEPHANE MAUREL, président de MagicDay



«Nous devrions gagner en productivité»
«La réduction des cotisations va nous donner une vraie bouffée d'oxygène», explique Stéphane Maurel, patron d'une PME de dix salariés spécialisée dans la vente de coffrets-cadeaux. Et pour cause. Avec une activité essentiellement saisonnière, MagicDay doit faire face à des pics d'activité importants. «Jusqu'ici, relate son président, nous faisions peu appel aux heures supplémentaires en raison de leur surcoût important.» Pour StéphaneMaurel, le projet du gouvernement permettra donc «de mettre les bouchées doubles sans trop regarder le compteur des heures supplémentaires».

JEAN-BAPTISTE RUDEL, président de Criteo

JEAN-BAPTISTE RUDEL, président de Criteo

CONTRE
JEAN-BAPTISTE RUDEL, président de Criteo



«Cela va introduire de la complexité»
Jean-Baptiste Rudel n'est pas emballé par le nouveau projet du gouvernement Fillon. Le dirigeant de Criteo, moteur de recherche de 20 salariés, craint que cette mesure ne «complexifie les procédures internes, dans la mesure où les entreprises devront établir un décompte des heures supplémentaires pour chaque salarié». En outre, la mesure d'allégement des charges, qui s'applique aux cadres soumis au forfait jour au-delà des 218 jours de travail par an, est selon lui peu adaptée à ces salariés. «C'est complexe à mettre en oeuvre car il faudra négocier une renonciation à des jours de repos en contrepartie des heures supplémentaires payées.»

Travailler plus pour gagner plus. La réforme des heures supplémentaires faisait partie des promesses phares du candidat Nicolas Sarkozy. C'est maintenant l'un des premiers chantiers du nouveau président de la République. Moins d'un mois après l'élection présidentielle, l'avant-projet de loi portant sur «le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat», a détaillé le dispositif d'exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu des heures supplémentaires. Il devrait entrer en application dès le 1er octobre prochain. En quoi consiste-t-il? D'abord, cette mesure devrait s'appliquer au contingent légal des 220 heures supplémentaires par an, mais aussi aux heures effectuées en sus, sur la base du volontariat. Côté employeur, toute heure supplémentaire au-delà de la durée légale du travail (35 heures hebdomadaires) donnera lieu à un allégement de cotisations patronales, à hauteur de 1,50 euro par heure supplémentaire pour les entreprises de moins de 20 salariés et de 0,50 euro pour les autres. Quant aux cadres soumis au forfait jour, leur temps de travail est de 218 jours par an. Au-delà, les journées supplémentaires de travail bénéficieront du même allégement de charges pour les employeurs.

Les salariés, eux, ne supporteront aucune charge sociale, ni CRG et RDS, ce qui signifie que leur salaire brut, pour les heures supplémentaires, sera égal au net. En outre, ces heures, rémunérées à 125%, seront exonérées d'impôt sur le revenu. Le dispositif devrait s'appliquer à tous les salariés, même ceux travaillant à temps partiel. Mais pour ces derniers, les heures supplémentaires sans charge ni impôt ne pourront représenter plus de 10 % du temps de travail.

Destiné à «relancer la machine économique», selon les termes du texte, le projet du gouvernement Fillon représenterait une économie, pour les entreprises, d'environ 1,5 milliard d'euros par an. Pour autant, est- il à la hauteur des attentes des dirigeants? Les organisations patronales se montrent réservées. Pour Jean- François Veysset, le vice-président de la CGPME en charge des affaires sociales, le projet «permet aux salariés de gagner en pouvoir d'achat, mais la mesure est insuffisante pour les employeurs». Pour le responsable de l'organisation patronale, «l'avantage financier est insignifiant pour le dirigeant d'entreprise, car il ne gomme pas le surcoût de l'heure supplémentaire, qui reste plus chère que l'heure de travail classique». Le porte-parole de la Confédération aurait souhaité que «l'allégement des charges de 0,50 et de 1,50 euro par heure supplémentaire soit revu à la hausse».

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Stéphanie Fontana-Bérard