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Ne stigmatisons pas la génération Y

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Les jeunes sont-ils inadaptés au monde du travail? D'aucuns le pensent. Pourtant, c'est à l'entreprise de s'adapter dans ses comportements et ses structures pour les accueillir et les retenir afin de répondre aux défis de demain.

J'avoue avoir entendu beaucoup de poncifs sur la génération Y (personnes nées en 1979 et 1994): «d'éternels ados», «ingérables», «infidèles», «aucun respect pour leurs aînés», «totalement inadaptés au monde de l'entreprise»... En retour, les jeunes ont, pour la majorité, une vision négative de l'entreprise.

En fait, la jeunesse est bien mieux adaptée au monde de l'entreprise que la génération au pouvoir: elle possède les valeurs et les comportements adéquats pour concevoir l'entreprise qui saura répondre aux défis de demain, caractérisés par l'excès, l'imprévu et l'éphémère. C'est la première génération qui arrive sur le marché du travail avec des connaissances - des outils numériques - supérieures à celle de leurs aînés, alors même que ce domaine est un enjeu important pour la survie des entreprises. Les «digital natives» savent créer, organiser et gérer des réseaux sans jamais l'avoir appris. Ils sont expérimentateurs et réactifs dans l'urgence. Pragmatiques, ils s'intéressent au résultat à court terme de leurs actions. Ils ont le cou rage de se remettre en question et adoptent une attitude positive face à l'incertain.

Ils osent, testent et sont capables de tout donner pourvu qu'ils s'amusent. Le discours ambiant porte sur le problème de l'intégration des jeunes, comme si c'était à eux de s'adapter! Au contraire, c'est à l'entreprise de rattraper son retard. Pour cela, il y a des choses à éviter et de nouveaux comportements à adopter. Au rayon des erreurs: mettre en place des structures trop hiérarchiques, ne pas expérimenter, chercher un coupable en cas de mauvaise performance, ne penser que chiffres, accorder trop d'importance à la présentation au détriment des réalisations, donner le pou voir à des personnes déconnectées du terrain et ne pas embaucher de jeunes. Quant à l'instauration de nouveaux comportements, cela consiste à mettre la structure au service des individus et non l'inverse, donner la priorité à la résolution des situations imprévues, favoriser l'expérimentation, introduire une dose de poil à gratter et savoir la gérer, oser l'improbable, devenir un expert du transfert de connaissances et du partage, développer les contacts et les communautés informelles, bien former les managers, partager du rêve au lieu d'imposer des résultats impossibles à obtenir et embaucher des salariés issus de la nouvelle génération. Et les managers? Qui sont les mieux placés pour gérer cette génération Y que ceux qui l'ont engendrée, ceux qui ont l'âge de leurs parents, à savoir... les seniors?

BIO EXPRESS

Emmanuel Le Portz, directeur du cabinet conseil en finances et stratégie F.I., a occupé pendant 20 ans plusieurs postes à la direction générale de groupes internationaux, tels qu'Unilever ou Rentokil Initial.

Emmanuel Le Portz

directeur du cabinet conseil en finances et stratégie F.I.

A lire

Les jeunes et l'entreprise
Emmanuel Le Portz et son fils Alexis confrontent leur vision de l'entreprise, de la jeunesse et des nouvelles technologies dans cet ouvrage écrit à quatre mains.
Le Manuscrit, mai 2011, 200 p., 7,90 Euros (version numérique) et 19,90 Euros (version papier).