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Ouvrir son capital à un tiers, est-ce une bonne chose?

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Pour financer leur développement beaucoup de petites sociétés sont tentées de faire entrer un tiers dans leur capital. De fait, ce peut être un véritable tremplin pour un entrepreneur. A condition d'en connaître les mécanismes et contreparties.

Pas de doute: les PME françaises ont toujours la cote auprès du capital-investissement. Selon l'Association française des investisseurs en capital, les fonds ont investi, l'an passé, plus d'un milliard d'euros, pour l'essentiel destinés à soutenir le développement de petites entreprises de moins de 250 salariés.

Pour certaines PME, ces appels d'air sont très tentants. «L 'ouverture du capital à un fonds permet à de petites sociétés, souvent sous-capitalisées, de soutenir dïmportants projets de développement tout en leur apportant un gage de crédibilité et de nouveaux réseaux», explique Gilbert Croze, délégué à l'industrie et aux services à l'entreprise à la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Les montants alloués (plusieurs millions d'euros) sont aussi bien supérieurs à n'importe quel crédit bancaire... Avec l'assurance d'un partage des risques en cas d'accident.

Lourde contrepartie. Tout le monde n'est pourtant pas logé à la même enseigne: si tous les secteurs d'activité sont représentés, plus du tiers des entreprises soutenues par les fonds développent une activité à caractère technologique et innovante. Sachez également que ces dotations ont une lourde contrepartie. «Un fonds exigera au minimum une obligation de sortie dans les cinq ans. Ce qui nécessitera, à échéance, un rachat de ses parts, une entrée en Bourse, voire la cession de Ventre-prise», note Gonzague de Blignières, président du fonds Barclays Private Equity France. Certains investisseurs peuvent aussi imposer leur vision stratégique. «Il est donc primordial, reprend Gonzague de Blignières, de se mettre d'accord dès le départ sur les grandes orientations à décider pour l'avenir de la société et surtout de choisir un partenaire en fonction de sa réputation auprès d'autres entrepreneurs.»

Plus souple, mais également moins juteuse en termes d'apport financier, la solution des business angels peut être de nature à satisfaire des projets moins ambitieux. A la différence des sociétés de capital-investissement, les business angels sont des personnes physiques fortunées et investissent à titre privé, le plus souvent dans des sociétés de moins de deux ans. «Il s'agit, dans la plupart des cas, de préretraités ou d'entrepreneurs en série qui, suite à un coup de coeur, investissent et conseillent une entreprise», note Claude Rameau, président de France Angels, le premier réseau français d'investisseurs privés, qui regroupe 40% des 4500 investis seurs de l'Hexagone. En règle générale, l'apport d'un business angel varie entre 5 000 et 100 000 euros par projet. Leur développement en réseau (notamment via France Angels) permet toutefois d'espérer des levées de fonds de plus en plus généreuses (pouvant aller jusqu'à 500 000 euros). Avec la garantie d'une plus grande flexibilité en termes de rentabilité et de sortie du capital.

Oui
Un projet impossible à financer seul

TOUSSAINT ROZE, fondateur de Notrefamille.com


Sans soutien capitalistique Toussaint Roze n'aurait jamais pu démarrer son business «Apres avoir lance une première activité de petits logiciels de généalogie, j'ai souhaite monter un portail de services Internet dédie a la famille, relate l'entrepreneur Un projet coûteux, impossible a financer seul et trop risque pour la plupart des banques» En 2000 le jeune homme a levé près d'1,2 million d'euros auprès de business angels et d'un fonds de capital-risque Ce coup de pouce financier lui a permis d'embaucher très vite une dizaine d'ingénieurs et de faire fonctionner sa société durant deux ans sans dégager de profits Toussaint Roze voit d'autres avantages a sa levée de fonds «Grâce a cette opération, nous avons pu bénéficier du conseil et du reseau de professionnels expérimentes Une vraie valeur ajoutée quand on se lance sur un marche que l'on connaît peu» Sept ans plus tard le pari est gagne Notre famille corn qui propose un service de généalogie en ligne des sites communautaires et une offre de cadeaux sur mesure destines a la famille est aujourd'hui leader sur son secteur et rentable Restait a résoudre le délicat problème de la sortie des fonds Ce que Toussaint Roze a fait en pariant sur la Bourse Une nouvelle ouverture du capital (a hauteur de 40%) qui satisfait également son fondateur «C'est une excellente opportunité pour satisfaire nos besoins de développement» Des cette année la PME compte inaugurer la version anglophone de son site Web et se lancer dans la croissance externe.

NOTREFAMILLE.COM >> Repères

- ACTIVITE: Site Web dediea la famille
- VILLE: Paris
- FORME JURIDIQUE: SA
- ANNEE DE CREATION: 2000
- DIRIGEANT: Toussaint Roze 31 ans
- EFFECTIF: 24 salaries
- CA 2006: 6 8 millions d'euros

NON
L'arrivée d'un tiers entraînerait, chez nous, une révolution culturelle

CHRISTINE CLEMENT, gérante des Transports Clément
En cinquante ans a existence, les Transports Clément n'ont jamais fait entrer de tiers dans leur capital. Une philosophie d'indépendance que Christine Clément 46 ans, à la tête de l'entreprise familiale, ne souhaite pas remettre en cause. «Nous avons toujours eu la responsabilité de notre gestion aux plans industriel, financier et social. Faire entrer un investisseur nous obligerait à composer avec d'autres et entraînerait une révolution culturelle au sein de l'entreprise.» A défaut de capitaux privés, la dirigeante a emprunté pour soutenir son développement. «Notre croissance progressive et rationnelle nous assure une relation de confiance avec les établissements bancaires, que ce soit pour des achats de locaux ou pour nos besoins en équipements.» D'autant que, confrontée à un marché en , pleine mutation sur lequel les marges sont de plus en plus étroites, Christine Clément préfère consolider sa situation financière plutôt que de se lancer dans une diversification à tout crin.
«Pour l'heure, il est important de consolider notre activité avec notre centaine de clients, sans prendre trop de risques.» Est-ce à dire qu'elle négligerait, le cas échéant, les opportunités de développement? «Il est toujours possible de décrocher de nouveaux marchés nécessitam des investissements importants», nuance la chef d'entreprise. Qui ajoute: «Mais alors, ma première démarche serait de solliciter les banques.» Quanta l'idée d'inviter un tiers à son capital, la dirigeante, membre de Association des transporteurs européens, ne l'exclut pas, mais ne pourrait l'envisager qu'«en toute prudence et avec un autre acteur du transport».

TRANSPORTES CLEMENT >> Repères

- ACTIVITE: Transport
- VILLE: Sézanne (Marne)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- ANNEE DE CREATION: 1955
; - DIRIGEANTE:; Christine Clément,; 46 ans
- EFFECTIF: 42 salariés!
- CA 2006:! 4,5 millions d'euros

Mot clés : euro |

Guillaume Chazouillères