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Paiements sur Internet: la carte bleue, bientôt has been?

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D'ici à 2015, les moyens de paiement alternatifs pourraient représenter un quart des transactions sur le Web. Paiements par mobile, portefeuilles électroniques, cartes-cadeaux ou encore micropaiements... Le champ des possibles est large. Faut-il céder à leurs sirènes dès aujourd'hui ou dans quelques années, voire jamais? Eléments de réponse.

Les usages et les modes de consommation évoluent en permanence sur Internet. Aujourd'hui, place au m-commerce (shopping sur mobile) et au s-commerce (sur les réseaux sociaux). Des pratiques qui nécessitent des moyens de paiement plus adaptés que les traditionnels chèque, carte bancaire ou espèces. « Payer par carte de crédit avec son mobile est très compliqué, note Eric Gonthier, directeur général de Buyster, qui propose une solution de paiement adaptée aux mobiles. Il faut saisir au moins une vingtaine de chiffres! » Les entreprises offrant des moyens de paiement alternatifs se sont multipliées ces dernières années. Du portefeuille virtuel, comme Paypal, à la carte-cadeau dématérialisée, en passant par les solutions de micropaiement, les e-acheteurs n'ont que l'embarras du choix. Et s'en servent, comme le montre le baromètre 2011 publié par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance): si quatre e-acheteurs sur cinq utilisent encore la carte bancaire pour régler leurs achats, 20 % d'entre eux ont eu recours à leur portefeuille virtuel (type Paypal), 12 % au chèque-cadeau et 8 % à une e-carte bleue. Limonetik, qui propose des solutions pour connecter tous types de moyens de paiement sur les sites marchands, annonceEtude menée par le cabinet ADN'Co et publiée en novembre 2011. que les moyens de paiement alternatifs représenteront un quart des transactions en France d'ici à 2015, soit un marché potentiel de 13,8 milliards d'euros!

Proposer une offre variée de moyens de paiement sur son site permet de finaliser plus de transactions. » Christophe Bourbier, cofondateur, Limonetik

Proposer une offre variée de moyens de paiement sur son site permet de finaliser plus de transactions. » Christophe Bourbier, cofondateur, Limonetik

@ © MIPAN - FOTOLIA

Lexique

Micropaiement
Transaction sur Internet pour l'achat de produits à très faible valeur unitaire (musique jeux en ligne...).


Moyen de paiement alternatif
Tous les moyens de paiement en dehors des moyens de paiement traditionnels (carte bleue, chèque et espèces). Sur Internet, il en existe deux sortes.
- Transfuge: moyen de paiement qui existe déjà dans le commerce physique et se retrouve sous forme dématérialisée sur Internet (chèque-cadeau, carte de fidélité...) ;
- Pure player: moyen de paiement inventé pour un usage numérique (portefeuille virtuel, e-carte bleue, paiement par mobile...).

Maximiser le taux de transformation

Mais Christophe Bourbier, cofondateur de Limonetik, en convient. Pour que ces nouveaux usages se mettent réellement en place, il faudra du temps. « Pour que les consommateurs se mettent à utiliser un moyen de paiement alternatif sur Internet, il faut qu'il soit proposé sur un nombre de sites suffisants, autrement cela n'a pas d'intérêt. Il est donc nécessaire de commencer par casser cette barrière. » En effet, ce qui fait le succès de Paypal, par exemple, c'est qu'il est possible de l'utiliser sur la plupart des sites marchands. Selon Ludovic Passamonti, consultant e-commerce freelance, l'installation des moyens de paiement alternatifs dans les habitudes de consommation des Français ne fonctionnera que « sous l'impulsion des grands sites d'e-commerce ». Pour ce spécialiste, « derrière le choix d'un moyen de paiement, il y a une question de stratégie. Plus on en propose, plus le taux de transformation d'une visite en transaction est élevé ». Ce taux de transformation est, en effet, le problème numéro 1 de toute e-boutique, car il est très faible. Il varie de 0,9 à 2 %, selon le type de produits vendusChiffres CCM Benchmark Group 2011.. D'après Christophe Bourbier (Limonetik), proposer une offre variée de moyens de paiement permet également de « finaliser des transactions que l'on n'aurait pas eues si on ne proposait pas le bon module, comme les cartes-cadeaux ou les programmes de fidélité ». D'autant que, lorsqu'on est partenaire d'un chèque-cadeau par exemple, cela offre au site marchand une visibilité sur le site partenaire, indiquant aux consommateurs sur quels sites le chèque est valable.

Mais attention, les moyens de paiement alternatifs ont un coût. Quand un paiement par carte bancaire coûte entre 0,5 et 0,9 % de la transaction à l'e-commerçant, un achat via Buyster coûte, quant à lui, entre 1,6 et 3,2 % (plus des frais fixes), via Paypal entre 1,8 et 3,5 % et via une carte-cadeau souvent au-dessus de 3,5 %, « car le site partenaire met en valeur l'enseigne sur son site », explique Christophe Bourbier.

Ludovic Passamonti, quant à lui, conseille à ses clients (des sites marchands de taille moyenne) de ne mettre en place, en plus des moyens de paiement incontournables (carte bleue, chèque et Paypal), que ceux qui sont stratégiquement intéressants. « Par exemple, un site qui vend des objets de décoration a intérêt instaurer des partenariats avec des chèques-cadeaux ou des cartes de fidélité. Je conseille aussi d'intégrer une facilité de paiement ou la possibilité de payer à la livraison. C'est un avantage, par rapport à un site concurrent. » Il faut donc choisir les moyens de paiement en fonction de la clientèle et du produit vendu. « Certains articles sont plus adaptés que d'autres au paiement sur mobile comme les billets de train ou les places de cinéma achetés via un smartphone, à la dernière minute », remarque Eric Gonthier (Buyster). Pour sa part, Christophe Bourbier (Limonetik) rappelle que certains moyens de paiement permettent de cibler des communautés spécifiques: « Ainsi, la Carte privilège de Cofidis est principalement utilisée par des femmes avec deux ou trois enfants ».

« Un site qui vise la communauté des «early adopters», les geeks ultra-connectés, a tout intérêt à proposer des solutions innovantes comme le paiement par mobile ou le micropaiement. Le moyen de paiement, c'est aussi une question d'image », conclut le consultant Ludovic Passamonti.

LE TEMOIGNAGE DE Romain Roy, codirigeant de Greenweez

« Nous proposons un maximum de moyens de paiement pour être à la pointe de la technologie »
Avec Greenweez.com, Romain Roy, son directeur général, doit gérer quatre millions de visiteurs et jusqu'à 15 000 ventes par mois. Il s'est lancé en 2008 sur un créneau porteur, le bio. Pour développer son site marchand, Romain Roy joue le jeu de l'Internet à fond: réseaux sociaux, blogs, newsletter... C'est pour alimenter cette image de commerce 2.0 qu'il choisit de proposer une multitude de moyens de paiement, y compris les plus récents. Les clients peuvent ainsi régler leurs achats via Paypal, avec leur mobile grâce à Buyster, avec des cartes de fidélité, des cartes-cadeaux et des cartes proposant des facilités de paiement. « C'est très important pour nous d'être à la pointe de la technologie », insiste le dirigeant. Pour lui, c'est également une façon d'attirer le client. « On essaie d'être moderne en soignant l'ergonomie et le design de notre plateforme de paiement. » Le but est de pouvoir répondre aux demandes de tous les clients pour ne rater aucune transaction. « Nous acceptons bien sûr tous les types de cartes bleues et les chèques, souligne Romain Roy. Il nous arrive même de recevoir des règlements en liquide par la Poste! »

Greenweez

- Activité
Vente en ligne de produits écologiques
- Ville: Saint-Jorioz (Haute-Savoie)
- Forme juridique: SA
- Dirigeants: Romain Roy, 38 ans, et Carl de Miranda, 38 ans
- Année de création 2008
- Effectif: 40 salariés
- CA 2011:6 MEuros