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Pour en finir avec le déclinisme mondain !

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Arrêtons de considérer que l'herbe est plus verte ailleurs. Oui, la France n'est plus ce qu'elle a été, mais est-ce une raison pour baisser les bras, pour déserter? Il me semble que non.

Vous avez sans doute déjà participé à l'un de ces dîners où il est de bon ton de se répandre en lamentations, de proclamer que la France n'est plus un vieux pays mais un pays de vieux, que son avenir est derrière elle, et de se gausser de l'incapacité de nos gouvernements à reconquérir la place que nous occupions récemment sur l'échiquier des nations. Face à ces funestes prédications, la posture généralement adoptée par les protagonistes du déclin est celle de la fuite: il faut à tout prix quitter ce pays ou convaincre nos enfants de le faire car une vie meilleure les attend ailleurs. Au hit-parade de ces terres promises, les Etats-Unis sont détrônés par le Brésil et la Chine. Des pays où «ça bouge», même si les plus fortunés préfèrent la Belgique, le Luxembourg ou la Suisse où «ça ne bouge pas beaucoup». Curieusement, nos voisins allemands, pourtant sans cesse cités en exemple pour leur dynamisme et leur capacité de redressement, excitent peu les convoitises. Mais qui veut vraiment vivre de l'autre côté du Rhin? Qui veut vivre à São Paolo, une mégalopole de 25 millions d'habitants où «ça bouge tellement» que la ville vit au rythme de ses chantiers, 24 h / 24, dans la poussière et le bruit, et qu'il est prudent d'aller faire ses courses avec un garde du corps?

Si l'on fait abstraction des facteurs géographiques, climatiques et environnementaux qui font de notre pays l'une des zones au monde les plus propices au développement économique, il reste ce qu'ont construit nos ancêtres, notre héritage culturel et social, qui fait de notre pays un modèle pour le monde. Que d'efforts, que de luttes, que de guerres pour faire de la France une démocratie moderne et une puissance économique de premier plan. Il est vrai que nous vivons depuis des années au-dessus de nos moyens et que nous nous comportons sans doute en enfants gâtés. Notre système de protection sociale est au bord de l'asphyxie et notre dette nous étrangle. Pour autant, sommes-nous si incapables de redresser la situation qu'il nous faille imaginer de nous expatrier? Ne serions-nous pas en train de nous comporter avec notre pays comme des prédateurs qui, après avoir consommé tous les bénéfices d'une situation, s'apprêtent à renouveler leur forfait ailleurs?

Tout est possible en France et la France, elle aussi, bouge. Mais à condition de s'y mettre. Méditons ce que disait Jacqueline Turian Cardozo, « là où l'on est planté, il faut savoir fleurir ». Car la France est, quoi que l'on puisse en dire, un pays d'entrepreneurs, d'ingénieurs, de scientifiques, mais aussi de créateurs et d'écrivains. Nous avons à relever de nouveaux défis, comme ceux de la mondialisation, de la dette, du réchauffement climatique ou des profondes mutations engendrées par les nouvelles technologies. Pourrons-nous mieux les relever, pour nous-mêmes et pour nos enfants, hors de notre pays? Je n'en crois rien. Ces défis sont aussi, et surtout pour l'entrepreneur que je suis, de formidables opportunités. Cessons de pleurnicher et de dire que nous allons quitter la maison parce que notre «papa Etat» et notre «maman Patrie» ne comprennent rien à notre mal-être! Les opportunités ne deviennent des chances que pour ceux qui s'en emparent.

Jacques Marceau, président d'Aromates Relations Publiques

Jacques Marceau, président d'Aromates Relations Publiques

BIO EXPRESS

Jacques Marceau, président de la TPE Aromates Relations Publiques, est aussi enseignant à Sciences Po Aix-en-Provence. Il a été, de 1995 à 1999, le président de Syntec Conseil en relations publiques, puis président du Groupement des syndicats Syntec des études et du conseil, de 1999 à 2002. En 2002, il participe à la fondation du Groupement des professions de services au Medef et prend une part active à ses travaux sur la mesure de l'immatériel. C'est dans ce cadre qu'il développe le concept «d'économie relationnelle».