Mon compte Devenir membre Newsletters

Présidentielle: les mesures-phares des principaux candidats

Publié le par

Made in France, livret de croissance, simplification administrative... Pour séduire les PME, les candidats à la présidentielle multiplient les propositions ces dernières semaines, poussés par des organisations patronales exigeantes.

Les projecteurs sont enfin braqués sur les TPE-PME, année présidentielle oblige. Dans une conjoncture économique morose, le dynamisme des petites et moyennes entreprises apparaît souvent pour les présidentiables comme le moyen de traverser la crise. Encore faut-il les aider à se développer! Si les organisations patronales et les associations ont préparé leurs propositions pour 2012 de leur côté, les candidats à la présidentielle ne sont pas en reste. Passage en revue du programme pour les PME des cinq principaux candidats, classés en fonction de leur ordre d'arrivée dans le sondage le plus récent à l'heure où sont écrites ces pages Sondage Ifop - Fiducial pour Paris Match du vendredi 10 février 2012..!

François Hollande 31 % d'intentions de vote (1)

@ © MATHIEU DELMESTRE / SOLFÉ COMMUNICATIONS

François Hollande 31 % d'intentions de vote (1)

Parti socialiste

IDC Pierre-Alain Weill, délégué national du PS aux PME, rappelle que le rôle de l'entreprise d'aujourd'hui est « d'aller chercher l'innovation et les métiers de demain pour favoriser la croissance et l'emploi ». Il présente les propositions de son candidat.

- La modulation de l'impôt sur les sociétés: ramené à 20 % si l'entreprise réinvestit ses bénéfices (salaires, investissement), et à 40 % s'ils sont distribués aux actionnaires.

- Le contrat de génération: si une entreprise embauche un jeune et conserve en même temps un senior, elle bénéficie d'exonérations de charges sociales sur ces postes.

- La création d'une Banque publique d'investissement (BPI), rassemblant les forces d'Oséo, du Fonds stratégique d'investissement, de la Caisse des Dépôts et de la Banque Postale.

- Sanctionner les entreprises qui délocalisent en leur demandant de rembourser les aides publiques reçues et favoriser, en modulant la fiscalité locale, celles qui restent en France et investissent.

- Le principe de copropriété des brevets: si une PME bénéficie de l'aide publique pour déposer un brevet, l'Etat en sera «copropriétaire« pour éviter qu'il ne soit vendu à l'étranger. Par ailleurs, François Hollande veut rendre le crédit d'impôt recherche plus accessible aux TPE-PME.

- La création d'un livret d'épargne industrie, instrument d'épargne dirigé vers les PME.

- Côté financier, François Hollande a confirmé au Bourget qu'il obligera les banques à séparer leurs activités de crédit et d'opérations spéculatives ; une taxe Tobin sera également mise en place.

Nicolas Sarkozy 24,5 % d'intentions de vote (1)

@ © WORLD ECONOMIC FORUM

Nicolas Sarkozy 24,5 % d'intentions de vote (1)

Union pour un Mouvement Populaire

Olivier Carré, secrétaire national de l'UMP, en charge des stratégies économiques et député du Loiret, rappelle les différentes propositions du parti majoritaire, résumées dans le projet 2012 sous le titre évocateur du «Quinquennat des PME conquérantes».

- L'UMP souhaite soutenir l'innovation via la mise en place d'un crédit d'impôt innovation. De quoi favoriser les PME, plus armées pour l'innovation que la recherche. Autre proposition: la gratuité du premier dépôt de brevet pour les PME.

- Le made in France: renforcement des pouvoirs d'Oséo en y adjoignant toutes les aides à l'export à destination des petites entreprises, création de «filières export», qui associeraient TPE, PME et grands groupes, et mise en place d'un Small Business Act européen pour faciliter l'accès des PME aux marchés publics de l'Europe.

- La mise en place d'un guichet unique afin de simplifier les démarches administratives des entreprises et l'instauration d'une «règle d'or de la simplification».

- Abaisser l'âge des jeunes en apprentissage à 14 ans.

- Comme le Parti Socialiste, l'UMP propose de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction des «stratégies de croissance» de l'entreprise, pour favoriser l'autofinancement.

- Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, annoncé plusieurs projets lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012: des sanctions contre les entreprises employant moins de 5 % de jeunes en alternance, une baisse des charges patronales sur les salaires inférieurs à 2,4 Smic...

Marine Le Pen 19 % d'intentions de vote (1)

@ © FRONT NATIONAL

Marine Le Pen 19 % d'intentions de vote (1)

Front National

Prônant la sortie de l'euro et le retour au protectionnisme, le parti de Marine Le Pen veut protéger les entreprises françaises de la menace étrangère.

- La sortie de l'euro.

- Pour «réindustrialiser la France», le Front National propose de protéger les produits français en mettant en place des droits de douane ciblés et des quotas d'importation, et de voter une loi «Achetons français» pour inciter l'administration et les collectivités à acheter prioritairement des produits français.

- La mise en place de la «Grande réforme de la simplification pour les entre prises» concernant le bulletin de salaire, l'homogénéisation des normes administratives et la dématérialisation des démarches administratives grâce à la création d'une «carte d'identité numérique» des entreprises.

- L'obligation pour les donneurs d'ordres de respecter les délais de paiement.

- Le recentrage de l'action de l'Etat vers les PME avec plus d'accessibilité du crédit impôt recherche aux PME, la création d'une banque publique d'investissement à destination des PME/PMI et la simplification de l'accès aux marchés publics pour les PME via un site unique recensant toutes les commandes publiques.

- Marine Le Pen a par ailleurs annoncé une augmentation de 200 euros par mois pour tous les salaires inférieurs à 1 500 euros.

François Bayrou 10,5 % d'intentions de vote (1)

@ © REGIONS DÉMOCRATES 2010

François Bayrou 10,5 % d'intentions de vote (1)

Mouvement Démocrate

Il a fait du made in France son thème de campagne. Le 1er février dernier, François Bayrou a présenté ses propositions en direction des entreprises, depuis son QG de campagne à Paris.

- Pour améliorer le dialogue dans l'entreprise, le candidat du Modem propose l'entrée des salariés au conseil d'administration avec droit de vote dans les entreprises de plus de 500 salariés et l'extension du rôle du comité d'entreprise aux négociations sur les conditions de travail et les rémunérations.

- L'exonération de charges sociales pendant deux ans pour l'embauche d'un jeune ou d'un chômeur dans une entreprise de moins de 50 salariés.

- La création d'un label «Produit en France».

- Comme l'UMP, François Bayrou propose la création d'un crédit d'impôt innovation.

- La création d'une banque d'économie mixte de soutien aux PME, la création d'un livret d'épargne à destination de l'industrie et le droit, pour les business angels, aux mêmes avantages fiscaux qu'un fonds d'investissement.

ZOOM

Les organisations patronales mobilisées pour favoriser la croissance des PME


Laurence Parisot, présidente du Medef, demandait en décembre dernier la mise en place de huit mesures pour la croissance des TPE et PME françaises, parmi lesquelles le gel des taxes locales pour les PME. Dans «CapFrance PME 2012-2017«, la CGPME propose, de son côté, 40 mesures en faveur des PME dont: la baisse de l'impôt sur les sociétés à 19 % pour celles qui s'engagent à reverser leurs bénéfices au capital de l'entreprise, la suppression des commissions interbancaires de paiements (CIP) sur les transactions inférieures à 30 euros, la mise en place de centres dédiés au télétravail proches des lieux de vie des salariés et permettant aux employeurs de vérifier leurs temps de présence et enfin la création d'un portail national d'annonces légales pour favoriser l'accès des PME aux marchés publics.

Jean-Luc Mélenchon 8 % d'intentions de vote (1)

@ © PLACE AU PEUPLE

Jean-Luc Mélenchon 8 % d'intentions de vote (1)

Front de gauche

Jean-Luc Mélenchon propose un programme axé sur une meilleure redistribution et partage des richesses.

- Le Front de gauche prône la fin des heures supplémentaires, le respect des 35 heures et la suppression de toutes les exonérations de cotisations sociales patronales. L'augmentation du Smic à 1 700 euros bruts et l'instauration d'un salaire maximum fixé à 360 000 euros par an.

- Le parti d'extrême-gauche préconise une taxe sur les produits importés en France et issus de productions délocalisées à l'étranger, assortie d'une taxation kilométrique pour les productions lointaines. Les entreprises qui délocalisent et licencient devront rembourser les aides publiques perçues.

- La mise en place d'une aide publique pour favoriser la reprise d'une entreprise par ses salariés.

- La modulation de l'impôt sur les sociétés et du taux de cotisations patronales selon les objectifs d'emploi, de formation et de salaires de l'entreprise.

- La création d'un «Pôle financier public« qui mettra en réseau les forces des institutions financières publiques, visant une mission de crédit et d'épargne envers les entreprises.

ZOOM

Le CJD veut supprimer l'impôt sur les sociétés, CroissancePlus les 35 heures


Les mouvements patronaux non représentatifs comme le CJD (Centre des jeunes dirigeants) et CroissancePlus sont audacieux. Le CJD propose ainsi une révolution fiscale: remplacer l'impôt sur les sociétés, l'impôt sur le revenu, les droits de succession et l'impôt foncier par la Taxe générale sur l'actif net (TAN), une taxe de 1,25 % sur le patrimoine des Français. Les revenus doivent être taxés directement à la source, à hauteur de 20 %. De son côté, CroissancePlus, réseau des entrepreneurs en croissance, propose le retour aux 39 heures pour rendre leur compétitivité aux entreprises.