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Quatre façons de valoriser ses déchets

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Se fournir en électricité, protéger l'environnement ou développer une nouvelle activité: chaque entreprise a une raison de vouloir valoriser ses déchets. Ces quatre PME prouvent que, derrière des produits inutilisés, se cache parfois une bonne idée.

Anne Caron, dirigeante de Caron Service Automatique
Son marc de café sert d'engrais

Gestionnaire de distributeurs automatiques, Caron Service Automatique assure L'approvisionnement et la maintenance de ses 1 500 machines de boissons chaudes, dans toute l'Ile-de-France. Parmi les déchets générés: le marc de café. « C'est un déchet auquel on ne pense pas, souligne Anne Caron, dirigeante de la PME. Or, une capsule de café utilisée laisse huit grammes de marc. » Aussi, Caron Service Automatique a mis au point une collecte auprès de ses clients, pour donner une seconde vie à ce résidu. Pourvu en azote et potassium (deux éléments qui entrent dans la fabrication des engrais), le marc est alors réutilisé pour être associé à des engrais ou des répulsifs naturels. Qui en bénéficie? Pour l'instant, seule la ville de Châtillon (Hauts-de-Seine) a noué un partenariat avec la PME. Ainsi, tous les vendredis, un agent municipal récupère gracieusement environ deux tonnes de marc de café que l'entreprise a collecté en amont chez ses clients. La ville s'en sert alors pour ses jardins municipaux et la PME peut se prévaloir de ce geste qui, selon Anne Caron, «la distingue des autres entreprises».

@ Lotzov/Fotolia

Caron Service Automatique

> Activité
Gestionnaire de distributeurs de boissons


> Ville
Châtillon (Hauts-de-Seine)


> Forme juridique
SAS


> Dirigeante
Anne Caron, 39 ans


> Année de reprise
2005


> Effectif
50 salariés


> CA 2010
8,7 MEuros

Ludovic Druesnes, dirigeant de Néolys
Il s'équipe en revendant des cartons

Spécialiste de la logistique et de la distribution B to B à destination des e-commerçants, Néolys expédie environ 24 000 colis par mois à ses clients. Aussi, devant tant de cartons, Ludovic Druesnes, son directeur, a entrepris une démarche de tri puis de valorisation de ces emballages. D'un côté sont placés les rebuts industriels (plastique, métaux, etc.) et de l'autre, dans une benne spécifique, les cartons. Ces derniers sont ensuite revendus au prestataire propriétaire de la benne, qui les achemine vers une société de reconditionnement. Ainsi, chaque mois, Néolys recycle 20 m3. L'argent que récupère ainsi la PME lui permet de s'équiper à moindre frais. En effet, le coût de la location de la benne et de son entretien (200 euros par mois) est entièrement compensé par cette opération. « C'est une démarche facile et bénéfique à l'entreprise, affirme Ludovic Druesnes. De plus, tous les collaborateurs y prennent part et, grâce au tri, ils sont responsabilisés. » Néolys étudie la possibilité d'un traitement équivalent avec le plastique.

@ Franck Boston - Fotolia

 

Néolys

> Activité
Logistique


> Ville
Lieusaint (Yvelines)


> Forme juridique
SARL


> Dirigeant
Ludovic Druesnes, 40 ans


> Année de reprise
2007


> Effectif
12 salariés


> CA 2010
8,7 MEuros

Jean-Bernard Derly, dg de Société agricole de Bologne
Il produit sa propre électricité en brûlant ses déchets

Le processus de fabrication du rhum génère généralement trois types de déchets: la bagasse (résidu des cannes à sucre broyées), la vinasse (résidu liquide issu de la distillation) et des rejets gazeux. Tous sont considérés comme des unités polluantes. «J'ai profité d'une modernisation de mes installations pour envisager un meilleur traitement des déchets», explique Jean-Bernard Derly dirigeant de Société agricole de Bologne. Le chef d'entreprise fait appel à un cabinet d'ingénierie, qui lui propose de nouvelles machines capables de transformer ces résidus en énergie. Ainsi, la PME s'équipe d'une chaudière ultra-puissante, alimentée avec la bagasse. L'excédent de vapeur dégagé par la chaudière est ensuite turbiné dans un turboalternateur, pour produire environ 600 kilowatt / heure d'électricité. Ainsi, non seulement la PME s'auto-alimente en électricité, mais elle revend son surplus à EDF. Mises en place en 2006, ces infrastructures ont bien sûr un coût: 7 millions d'euros, financés à 55 % par le Feder et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Jean-Bernard Derly espère amortir cet investissement en huit ans, grâce notamment à la vente des trois quarts de sa production à EDF.

Société agricole de Bologne

> Activité
Fabrication de rhum


> Ville
Basse-Terre (Guadeloupe)


> Forme juridique
SA


> Directeur général
Jean-Bernard Derly, 65 ans


> Année de reprise
2005


> Effectif
68 salariés


> CA 2010
5,5 MEuros

Jacques Setbon, dirigeant de L'agence de Fab
Il crée des sacs à partir de chutes de tissus

Entreprise spécialisée dans la signalétique et l'impression numérique, L'agence de Fab ne sait quoi faire des textiles restants après impression. Son idée? Créer Rec Tex, une marque de sacs confectionnés à partir de ces chutes. Ces dernières sont transmises à un Esat (Etablissement de service et d'aide par le travail), qui gère la fabrication à proprement parler (découpe, couture, etc.).

L'agence de Fab s'occupe, quant à elle, du design puis de la vente des sacs, disponibles sur le site

www.rectex.fr

. En un an, la PME a conçu 2 000 produits: pochettes zippées, besaces ou sacs de course, vendus en moyenne au prix unitaire de 15 euros TTC. Une démarche astucieuse, mais qui représente un coût pour l'entreprise: « Entre les subventions versées à l'Esat, les frais du site internet et la rémunération annuelle d'un collaborateur qui supervise l'ensemble, nous ne parvenons pas à rentrer dans nos frais...», déplore Jacques Setbon, dirigeant de L'agence de Fab. Mais il garde espoir: « ce que nous .faisons maintenant deviendra bientôt obligatoire. Les entreprises ne pourront pas rester indéfiniment avec leurs déchets sur les bras »

 

 

L'agence de Fab

> Activité
Signalétique et impression numérique


> Ville
Clamart (Hauts-de-Seine)


> Forme juridiqueSARL


> Dirigeant
Jacques Setbon, 47 ans


> Année de reprise
1999


> Effectif
23 salariés


> CA 2010
3,1 MEuros

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Mot clés : ville |

GAELLE JOUANNE