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Resserrer les liens et parler vrai

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C'est le genre de chiffre que l'on ne voudrait jamais lire. L'an dernier, en France, le nombre de défaillances d'entreprises a crû de 10%, pour atteindre son plus haut niveau depuis quinze ans, selon l'assureur-crédit Euler-Hermes Sfac. La même source nous apprend que près de 60 000 entreprises ont connu une procédure collective. Du jamais vu depuis 1997. Sans surprise, plus de la moitié de ces procédures touchent des sociétés de moins de cinq ans. On n'est pas davantage étonné en consultant la liste des secteurs les plus sinistrés: l'automobile, l'immobilier, la construction, le transport, l'hôtellerie-restauration et le commerce de détail. De quoi succomber à la sinistrose.

Stéfanie Moge-Masson Directrice de la rédaction

Stéfanie Moge-Masson Directrice de la rédaction

Pourtant, sur le terrain, la réalité des PME-PMI semble tout autre. En réalisant, mois après mois, ce magazine, notre équipe de rédaction rencontre des centaines de dirigeants qui, eux, gardent le cap. Bien sûr, pragmatiques et prudents, ils anticipent le pire. Certaines embauches en CDI vont, ainsi, être reportées sine die; la politique salariale provisoirement gelée; tel projet d'investissement reporté à des jours meilleurs. Le tout dans un souci de pédagogie vis-à-vis des collaborateurs, avec un maître mot: expliquer. «La crise a eu au moins un effet sur mon affaire, nous relatait, récemment, un jeune entrepreneur du secteur du BTP. Elle nous a amenés à parler «vrai».» Chacun revient donc aux fondamentaux: restaurer la marge passe, certes, par un accroissement de la pression commerciale, mais aussi par une rigueur accrue dans la gestion des coûts. Et cela, il faut l'expliquer aux salariés. Si elles passent ce cap difficile, les entreprises l'auront fait grâce au soutien de leurs collaborateurs. Certains patrons l'ont déjà anticipé, promettant une gratification, si le millésime 2009 se révélait, finalement, un bon cru. L'idée est ingénieuse. Et elle tord le cou à une rumeur véhiculée, non sans démagogie, par certains journaux à grand tirage, selon laquelle «la crise a bon dos».