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Ses salariés évacuent leur stress dans la nature

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Durant une journée, dix salariés d'Impact Concept ont suivi un coach au milieu des plantes et des arbres, afin d'extérioriser leurs problèmes professionnels. Derrière cette démarche originale, le but du dirigeant, Mathias Péju, est clair: apaiser les tensions internes et réduire le turnover.

Observer un peuplier et revivre l'urgence du dernier contrat qu'il a fallu traiter... Comparer les roseaux à la réunion d'équipe hebdomadaire... L'idée vous semble saugrenue? C'est, pourtant, l'expérience vécue par une poignée de collaborateurs d'Impact Concept, une PME spécialisée dans la signalétique et la décoration professionnelles.

« Rien que le fait de se retrouver dans un jardin est très bénéfique, souligne le dirigeant Mathias Péju. Les salariés sont apaisés, voire même décontractés et ce au bout de cinq minutes à peine. » Le chef d'entreprise ne participe pas à cette journée de formation pas comme les autres, exclusivement réservée aux dix salariés choisis, à savoir des chefs d'équipe, de bureaux et des contre-maîtres. « Nous avons préféré faire participer les managers, pour qu'ils répercutent les enseignements de cette journée à leur équipe », justifie Mathias Péju.

Impact Concept

> Activité
Signalétique et décoration professionnelles


> Ville
Altortville (Val-de-Marne)


> Forme juridique
SAS


> Dirigeant
Mathias Péju, 43 ans


> Année de création
2003


> Effectif
30 salariés


CA 2010
4,2 MEuros

Prêt à entendre toutes les vérités

Le jour J, le rendez-vous est fixé à 11 h 30. Le coach attend les collaborateurs dans un restaurant près du parc de Bercy, à Paris, pour un déjeuner de présentation. Chacun explique son métier, ses tâches au quotidien. L'intervenant, quant à lui, revient sur le déroulement de la journée. Au programme: prendre du recul, faire un point sur les tensions, permettre aux équipes de parler de leur stress. Ainsi, dans l'après-midi, il les emmène dans le parc et, par session de 30 minutes, leur propose de discuter au coeur de la verdure, sur un thème donné. Par exemple, quelle vision ont-ils de leur entreprise? Par l'utilisation du langage métaphorique, les salariés stimulent leur imaginaire.

A la fin de la journée, le coach synthétise ce qui a été dit et tous se retrouvent pour un débriefing... face au chef d'entreprise. Résultat: les langues se délient! « J'ai écouté ce qu'ils avaient à exprimer. Et ça n'a pas été drôle, avoue Mathias Péju. Evidemment, tout n'est pas agréable à entendre, mais ça fait partie de la démarche et il faut qu'elle soit efficace. » Parmi les griefs pointés du doigt par les salariés, le manque de communication en interne. Mathias Péju prend alors le problème à bras-le-corps et, aidé du directeur adjoint, il revoit toute l'organisation interne, afin d'éviter les ordres et contre-ordres dont se plaignent les salariés. Le dirigeant remet aussi au goût du jour les entretiens individuels. Il rencontre un à un ses 30 collaborateurs. Il fait un point avec chacun d'entre eux sur les besoins en formation et les rassure sur la qualité de leur travail. « Cela a profondément changé mes relations avec mes employés, témoigne Mathias Péju. Avant, je manageais au feeling. Désormais, je consacre plus de temps à la communication, à la formation et à l'accompagnement des nouvelles recrues. »

 

Quoi de mieux pour resserrer les liens entre collègues que le jardinage?

Quoi de mieux pour resserrer les liens entre collègues que le jardinage?

Trop de salariés sur le départ

Car c'est bien là que le bât blesse: Impact Concept souffre depuis cinq ans d'un important turnover. Créée en 2002, l'entreprise se développe rapidement. En 2004, elle compte dix salariés, puis 40 à peine deux ans plus tard. Mathias Péju regrette de ne pas avoir eu le temps de mettre en place une stratégie d'intégration intelligente. « Au final, les liens se sont dissous en interne et, au fil des recrutements, la cohésion ne s'est pas construite », déplore-t-il. Aujourd'hui, sur les 30 salariés de la PME, la moitié est toujours sur le départ. Cette journée de coaching est donc arrivée à point nommé. Comment Mathias Péju en a-t-il eu l'idée? Au hasard d'une prospection du prestataire MétaNature. Au prix de 1 000 euros HT pour les dix collaborateurs, le dirigeant ne regrette pas son choix. Il prévoit d'ailleurs d'organiser une nouvelle réunion interne, en septembre, pour débriefer sur les conséquences, à plus long terme, de cette rencontre pas comme les autres.

Zoom

Les plantes, au coeur du lien entre Impact Concept et ses collaborateurs, depuis toujours


Mathias Péju, le dirigeant d'Impact Concept, soigne l'environnement dans lequel travaillent ses collaborateurs, notamment en réservant, dans les locaux, un espace jardinage. «Lors de chaque déménagement de l'entreprise, j'ai veillé à ce que les salariés puissent bénéficier d'une terrasse ou d'un bout de terrain sur lesquels ils pourraient cultiver quelques fleurs, fruits ou légumes», assure le chef d'entreprise. Le midi est réservé à la taille et à l'arrosage.
Le soir, les jardiniers, débutants ou confirmés, repartent chez eux avec leur récolte. Mais la croissance de l'effectif d'Impact Concept rend cette organisation quelque peu difficile: cette pratique, qui se voulait au départ ludique, doit désormais être réglementée.
Ainsi chaque employé doit respecter un espace défini et intervenir à tour de rôle.

Etude

Près des deux tiers des salariés sont exposés au stress


Plus de trois salariés sur cinq (65 %) se déclarent stressés au travail. Un chiffre mis en avant par l'Ovat (Observatoire de la vie au travail) dans une étudeEnquête réalisée auprès de 6 702 salariés, entre juin et juillet 2010. publiée le 27 septembre 2010. Pourquoi un tel malaise? Manque de reconnaissance, poste mal défini ou mal encadré sont autant de sources de stress mises en avant. L'étude pointe également du doigt le manque de communication des managers. En effet 58 % des salariés jugent insuffisante la qualité d'encadrement de leurs responsables, déplorant l'éloignement des managers avec leurs préoccupations quotidiennes. Le stress peut également être généré par un manque de reconnaissance.
Pour autant, la moitié des travailleurs gardent un bon moral, grâce à une implication dans la vie professionnelle qui reste forte. La valeur «travail» est en effet évoquée positivement par deux tiers des salariés. Toutefois, le stress se répercute de plus en plus sur la santé des travailleurs: 22 % d'entre eux déclarent développer de plus en plus de maux, contre 18 % en 2009.