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Tant qu'il y a de la créativité, il y a de l'espoir

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La conjoncture pourrait mettre à mal la création d'entreprise dans notre beau pays. Heureusement, de belles initiatives soutiennent de jeunes créateurs qui fourmillent d'idées. La preuve par l'exemple.

La loi Tepa permet de drainer des sommes importantes en faveur de l'investissement en capital dans les PME. Les personnes redevables de l'impôt sur la fortune ont notamment pu y affecter une partie de leur impôt. Mais le nombre de personnes assujetties devrait diminuer par l'effet de la réforme annoncée. Quel en sera le retentissement sur le financement en capital des PME les plus dynamiques? A l'automne dernier déjà, l'amoindrissement du «crédit impôt recherche» et le rabotage du statut de «Jeune entreprise innovante» pouvaient laisser penser que l'Etat sacrifiait la capacité de recherche, de développement et d'innovation des jeunes entreprises françaises. Heureusement, loin de la sphère étatique, des sources de créativité et d'énergie bourgeonnent et fleurissent encore. Des entreprises généreuses et innovantes voient le jour. Certes, il faut des capitaux. Mais, pour qu'éclosent les jeunes pousses, il faut d'abord un environnement fertile où communauté d'expérience, enthousiasme et partage permettent de perpétuer un esprit d'entreprise ouvert et efficace. Deux expériences en cours le démontrent: Le Camping et La Ruche.

Le Camping, un accélérateur de start-up. Centré sur des projets web innovants, il propose à 12 start-up sélectionnées d'accéder à un programme intensif de six mois qui comprend une combinaison originale de mentorat et d'émulation par le groupe pour passer de l'idée au business. Et ça marche! En qualité de mentor du Camping, j'accompagne de près la moitié de ces start-up. Et il y a des pépites! De futurs grands. Bientôt, les noms de PrepMyFutur, Studyka, Dabal, Zifiz ou Beansight par exemple, vous seront familiers. Quant à La Ruche, c'est un espace collectif de travail centré sur l'innovation sociale et environnementale. Une trentaine d'entreprises y inventent des solutions aux grands problèmes de l'époque. Un exemple? T1SCH (The 1st Signed Channel). Repérer et occuper un marché de niche de taille mondiale tout en rendant service à des personnes handicapées? C'est la vocation de T1SCH, la première webtélévision pour sourds entièrement en langue des signes. Les fondatrices ont 29 et 30 ans. Elles combinent vision, pragmatisme et sensibilité. Un autre exemple? La finance déraisonne? Créons une banque responsable. Cest le très ambitieux projet de Spear (Société pour une épargne activement responsable). Les fondateurs ont une petite vingtaine d'années. Des gosses donc. Mais culottés, et dotés d'une incroyable maturité, d'une intelligence et d'un sérieux prodigieux. Preuve en est: ils sont lauréats du concours SFR Jeunes Talents pour l'entrepreneuriat social et finalistes du Prix pour l'engagement citoyen organisé par Sciences Po. Alors, oui, il faudra des capitaux à ces entreprises pour grandir. Mais il y a une leçon à tirer du Camping et de La Ruche: il faut faire confiance à la jeunesse. Et, simplement, favoriser l'intelligence collective. L'esprit d'entreprise est bien vivant. L'espoir est là.

BREF

Marc Lipskier est avocat au barreau de Paris depuis 1996. En janvier 2009, il fonde le cabinet d'avocats Bamboo& Bees, dédié aux entreprises innovantes et aux technologies. Il est l'un des mentors du Camping de Silicon Sentier. Bambooandbees.com et http://blog. bambooandbees.