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l'affacturage, une solution face aux paiements tardifs

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Dans un contexte économique trouble, l'affacturage représente une solution pour éviter les trous de trésorerie, du moins en B to B. Zoom sur un contrat qui permet de recouvrer ses créances sous 48 heures.

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@ SYLVIE THENARD/FOTOLIA/LD

En France, les délais de paiement ont baissé en 2007. C'est ce que constate l'Observatoire des délais de paiement. Certes, du chemin reste à parcourir... Mais des progrès sont en cours. La loi de modernisation de l'économie accompagne cette évolution. Depuis le 1er janvier, le délai maximum de règlement fournisseurs est de 45 jours fin de mois, ou 60 jours à partir de la date d'émission de la facture. Une mesure destinée à corriger le retard qu'accuse la France par rapport à ses voisins européens. Car les PME souffrent des décalages de trésorerie qu'engendrent des encaissements tardifs. Or, l'affacturage est une solution pour y pallier.

Patrice Coulon, directeur général adjoint de GE Factofrance, l'un des poids lourds du marché, définit l'affacturage comme «l'ensemble de trois services adossés à la cession de créances commerciales qui peuvent bénéficier d'un financement anticipé, d'un recouvrement professionnel et d'une assurance-crédit, protégeant l'entreprise des défaillances de ses débiteurs». Ainsi, en cédant vos créances à une société d'affacturage (le factor), vous vous assurez d'encaisser les règlements en quasi-totalité, le factor se chargeant du recouvrement. En théorie, cela vous permet de récupérer de la trésorerie sous 48 heures.

BERNARD MUSELET, directeur de développement France d'Eurofactor

Les factors financent entre 80% et 90% du montant des créances.

Un contrat négociable. La prestation est encadrée par un contrat signé pour une durée indéterminée, sans limite d'encours. Cette formule permet ainsi d'accompagner le développement des entreprises sans qu'elles aient besoin de renégocier avec leur prestataire, comme elles devraient le faire, par exemple avec une banque, pour obtenir une ligne de découvert supplémentaire. Attention: les créances sont financées à hauteur de 80%, voire 90%. Les factors justifient cette pratique par l'existence de remises de fin d'année ou, dans certains secteurs, de marges arrière, qui compenseraient cet écart. A vous d'étudier les conditions que vous proposent les prestataires, sachant que chaque cas fait l'objet d'une proposition personnalisée. Vous n'êtes pas obligé de confier à un factor l'ensemble de votre volume d'affaires. En revanche, lorsque vous faites factoriser un compte client, vous cédez toutes les factures établies à son nom. Veillez aussi à étudier les formules offertes par les factors. Cela va de la simple garantie de créances au «full factoring», solution dans laquelle le prestataire prend en charge la gestion complète de votre poste clients et mène à votre place les éditions de factures, les relances, le recouvrement, les actions de contentieux...

Les contrats sont négociés en fonction des caractéristiques de votre entreprise, mais surtout du profil de vos clients. Car le factor mesure les risques avant de s'engager.

Reste la question du coût. Le factor prélève une commission dite d'affacturage, qui correspond aux frais de gestion, de recouvrement et d'assurance-crédit. Celle-ci oscille entre 0,15% et 1,30% du chiffre d'affaires TTC confié. L'assurance-crédit représente entre 0,30% et 0,50% de cette fourchette. Si vous disposez déjà d'une police auprès d'un autre prestataire, vous pourrez déduire ce montant de la commission d'affacturage. Une autre commission - dite de financement - couvre l'avance de trésorerie. Elle est calculée sur le montant prêté au prorata temporis. Le taux appliqué correspond au taux Euribor auquel s'ajoute un pourcentage (entre 0,5% et 2%), multiplié par le nombre de jours de l'encours et divisé par 365 jours. Enfin, le factor vous demandera de verser un fonds de garantie qui couvre le risque d'impayés. La somme versée correspond à un pourcentage du montant de chaque facture. En fin de contrat, ce fonds de garantie vous est restitué.

OLIVIER BURDEYRON, courtier et dirigeant de E-affacturage

OLIVIER BURDEYRON, courtier et dirigeant de E-affacturage

AVIS D'EXPERT

Dans l'affacturage, il faut savoir négocier
Parmi les points «négociables» dans un contrat d'affacturage, Olivier Burdeyron pointe le mode de calcul des intérêts financiers. Ceux-ci peuvent être précomptés ou postcomptés. Dans le premier cas, le factor procède à une préévaluation des délais de paiement. si, dans votre secteur, le délai moyen de paiement est de 55 jours, vous paierez pour 55 jours même si la durée effective de l'avance n'a été que de 50 jours. Dans le second cas, le factor répercute des frais réels. Le taux est donc calculé au prorata temporis. «Ces informations figurent dans le contrat souligne le courtier. A vous de les vérifier ou de faire appel à un conseil afin de décrypter les clauses.» De même, Olivier Burdeyron attire l'attention de ses clients sur l'existence de frais de dossier: «Vous pouvez les réduire, voire les supprimer entièrement.»

A SAVOIR

- D'AUTRES OPTIONS EXISTENT
L'affacturage n'est qu'une solution parmi d'autres. Il existe, par exemple, un nouveau produit de finance du compte client baptisé «Avance+» et géré par Oséo. S'il ressemble à s'y méprendre à un contrat d'affacturage, il s'en démarque car la créance demeure la propriété de l'entreprise. «Beaucoup d'entreprises souhaitent garder la main en matière de gestion de la relation commerciale, notamment si ces clients sont de grands donneurs d'ordres publics ou privés», indique-t-on chez Oséo. A vous de choisir!

Véronique MEOT

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