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Richard Phan, un entrepreneur sachant rebondir

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Richard Phan, un entrepreneur sachant rebondir

Aujourd'hui président d'Inventhys, PME spécialisée dans la conception d'objets connectés, Richard Phan a auparavant connu une liquidation judiciaire. Il a, mercredi 27 juin 2018, été récompensé lors du Prix du rebond entrepreneurial. Voici son retour d'expérience.

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Le pire pour un entrepreneur, ce n'est pas d'échouer, c'est de ne pas tenter. Richard Phan, lui, a osé. Créateur il y a huit ans d'une start-up qui a fermé ses portes depuis pour n'avoir pu trouver ses clients, il est aujourd'hui à la tête d'une PME en croissance spécialisée dans la conception d'objets connectés en B to B, Inventhys.

Un rebond après une passe douloureuse, valorisé par le Prix du rebond entrepreneurial, organisé par le Columbia Business Club de France, club d'anciens élèves de la Columbia Business School en France, Bpifrance, et Roland Berger un cabinet de conseil en stratégie, mercredi 27 juin 2018 à Paris.

Retour en 2010. La société de Richard Phan développe une application mobile de gestion du temps. Le succès, dans les premiers temps, est au rendez-vous: intérêt de la presse et des investisseurs avec 300 000 euros levés, mise en avant sur Google Play, 300 000 téléchargements en un an... Si l'aventure se profile (très) bien, le chef d'entreprise se heurte à un problème. "Nous n'avons pas réussi à transformer ce succès en vente de produits dérivés", analyse-t-il.

Manque de compétences en interne sur la commercialisation d'une application mobile et sur le marketing, manque de temps pour apprendre, impossibilité de recruter des compétences adaptées en local -pour des raisons familiales, l'entreprise est basée près d'Annecy-... Le patron est contraint de déposer le bilan et de mettre son entreprise en liquidation judiciaire.

Quelles leçons ?

Une éprouvante conclusion, qui conduit à la perte de sept emplois, dont il a su tirer les leçons. "On a beau le savoir, il faut qu'une société vende quelque chose à quelqu'un. Dans la première société, nous n'avions pas identifié les habitudes, les problèmes concrets, le pouvoir d'achat des clients..." Une erreur évitée la seconde fois puisqu'au lancement d'Inventhys, ce profil est soigneusement identifié.

L'autre leçon qu'il tire de cette expérience porte sur son positionnement. Ayant connu par le passé des difficultés à recruter des compétences sur la vente en B to C, il choisit, pour Inventhys, de se centrer sur le B to B. Aujourd'hui, ses clients sont aussi bien les start-up que les grands groupes. Un positionnement plus conforme au bassin d'emploi et aux profils de la région dans laquelle il se trouve. "Les ingénieurs électroniques sont à Annecy, Grenoble... Le problème est de trouver la bonne personne au bon moment mais nous pouvons potentiellement recruter jusqu'à Lyon", développe-t-il.

"Faire confiance à son réseau"

Pas question, pour autant, de tout révolutionner : tirer les leçons, prendre du recul, c'est aussi savoir reconnaître ce qui avait marché. "Ma philosophie d'entrepreneur et d'employeur n'a pas changé. Pour moi, l'aspect création d'un corps social avec des gens talentueux, de bonne volonté, ayant des valeurs communes, est important. Cet esprit a rendu les salariés fidèles jusqu'au dernier jour. J'essaie aujourd'hui de le recréer", explique-t-il. Ce qui passe en particulier par le recrutement. Les salariés sont sélectionnés pour leur savoir-être, leur savoir-vivre, ou encore leur capacité à apprendre.

Aux chefs d'entreprise confrontés aux mêmes difficultés, Richard Phan conseille de ne pas hésiter à solliciter un soutien extérieur. "Faire confiance et s'ouvrir à son réseau proche, notamment sa famille, précise-t-il. Les gens ont à coeur d'aider les autres autrement". Et l'entrepreneur de citer notamment le réseau Entreprendre, présent l'année de la fermeture, avec une invitation à la Biennale. Il est, de son côté, bénévole à 60 000 rebonds afin d'aider les entrepreneurs en difficulté.

[L'info en plus]

Richard Phan a travaillé quelques années dans la Silicon Valley, chez HP puis au sein d'une start-up. Un écosystème où l'échec est beaucoup mieux accepté.

"Aux États-Unis, on va plutôt vous demander ce que vous en avez appris. L'échec est traité au même niveau que le reste du parcours, comme une opportunité d'apprendre", explique celui qui souligne aussi l'importance de reconnaître ses responsabilités, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

"Là-bas, une entreprise est davantage regardée comme une équipe de sport. On ne s'attend pas à ce qu'elle gagne tout le temps."

Repères

Raison sociale : SAS
Activité : conception d'objets connectés
Ville : Epagny Metz-Tessy (Haute-Savoie)
Date de création : 2015
Président : Richard Phan, 48 ans
Effectif : 14 salariés (20 envisagés à fin 2018)
CA 2017 : 634 k€ / CA 2018 (prévisionnel) : 1,2 M€
Twitter : @Inventhys

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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