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Comment la start-up Too Good To Go veut lutter contre le gaspillage

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Comment la start-up Too Good To Go veut lutter contre le gaspillage

La start-up Too Good To Go développe une application qui permet de réduire le gaspillage en mettant en relation les clients et les commerçants pour optimiser les invendus. Sa fondatrice, Lucie Basch, détaille ses axes de développement.

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Une croissance mensuelle moyenne de 30 %. C'est ce qu'enregistre Too Good to Go, une start-up fondée en 2016 qui vise à réduire le gaspillage alimentaire. Comment ? En mettant en relation, via une application mobile, les consommateurs et les commerçants, qui peuvent ainsi écouler leurs invendus à moindre coût, en évitant de les jeter.

"Nous touchons un euro par repas sauvé sur l'appli", expose Lucie Basch, sa fondatrice. Le reste va au commerçant. Les paniers sont généralement proposés entre trois et quatre euros au client final (30 % du prix d'origine).

Recherche de sens

Un rythme de croissance que l'entrepreneuse, élue "Femme entrepreneuse de l'année" lors de la Journée de la femme digitale, mardi 17 avril 2018, dans le cadre du prix des Margaret, attribue à plusieurs facteurs. Outre une simplicité revendiquée de l'application, elle met aussi en avant son positionnement, en lien avec une certaine "recherche de sens" de plus en plus développée chez les consommateurs.

Même sensibilité chez les commerçants : "Cela leur permet de ne plus jeter. Pour eux, l'idée est moins de maximiser leur chiffre d'affaires que de générer un nouveau flux de clients". Avec un budget marketing réduit (1000 euros par an), la start-up a ainsi enregistré 1,3 million de téléchargements depuis le démarrage.

La croissance obtenue tient aussi au mode d'organisation mis en place en interne. "Passer de quatre personnes en janvier 2017 à 31 aujourd'hui et de 300 à plus de 7000 repas sauvés par jour... La seule manière de grandir si vite est que chaque personne soit responsable et tire le projet", relate la chef d'entreprise, qui valorise la décentralisation comme facteur de réussite. "80 % des décisions au jour le jour ne passent pas par moi".

Ce qui va de pair avec d'autres valeurs et méthodes : "confiance, transparence, hiérarchie très plate". Les feedbacks, qu'ils soient positifs ou négatifs, tiennent également une place centrale dans les échanges.

Côté organisation, Too Good To Go se distingue par une autre particularité. Elle accueille, pour des durées allant de quelques semaines à quelques mois, des collaborateurs de grands groupes, comme Carrefour ou MAIF, venant chez elle s'immerger dans un univers start-up.

S'ils viennent observer son fonctionnement, ses méthodes, l'entreprise aussi en tire des bénéfices. "Nous gagnons de l'expertise, c'est intéressant le regard de personnes venant d'entreprises plus structurées", illustre Lucie Basch.

3000 commerçants partenaires

Autant de leviers que la dirigeante continuera d'activer sur les projets en cours en 2018. La première priorité de la start-up est de faire grossir sa base de commerçants. Elle en compte 3000 aujourd'hui, dont 900 à Paris et région parisienne, aussi bien des commerces de proximité que des supermarchés, comme Carrefour, ou encore des hôtels.

Le second axe de travail consiste à développer sa visibilité en renforçant son réseau d'ambassadeurs, des clients satisfaits prêts à parler de son service. Pour cela, elle leur fournit des kits de communication contenant par exemple des autocollants et des flyers, pour inciter ces personnes à parler d'elle. Parce qu'aucune bonne idée n'est à jeter.

Repères

Activité : appli anti-gaspillage
Siège social : Paris (IVe arr.)
Dirigeante : Lucie Basch, 26 ans
Raison sociale : SAS Too Good To Go France
Année de création : 2016
Effectif : 24 personnes (31 en comptant les collaborateurs de grands groupes)
CA : 900 k€ depuis le démarrage de l'entreprise
Twitter : @TooGoodToGo_Fr

Visuel : Lucie Basch lors de la Journée de la femme digitale, mardi 17 avril 2018 à Paris.

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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