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CES : ce qui se passe à Vegas ne reste pas à Vegas

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120 entreprises françaises étaient présentes à Las Vegas, du 5 au 9 janvier, à la 48e édition du CES, Consumer Electronic Show. Qu'ont-elles retiré de ce déplacement ? L'investissement a-t-il été amorti ? La réponse des responsables de trois d'entre elles.

CES : ce qui se passe à Vegas ne reste pas à Vegas

Matooma et sa solution pour connecter les objets par carte sim

"C'était génial." Même plusieurs jours après son retour, Frédéric Salles, le p-dg de Matooma, reste exalté de son séjour au CES. Il faut dire que le déplacement a été fructueux et son coût de 10000 euros largement rentabilisé. En quatre jours, la PME de 20 salariés a pris pas moins de 150 contacts et 75 demandes de proposition commerciale. Conséquence : après avoir levé, il y a six mois, 1 million d'euros auprès du Crédit Agricole, elle a entièrement revu sa stratégie à l'export. "Plutôt que de prospecter dans les pays européens, mon responsable export s'installera, dès février, à New York", poursuit le dirigeant de 39 ans. D'autant que la SAS, basée à Montpellier, profitera, sur place et gratuitement, de toute l'infrastructure de la Maison du Languedoc-Roussillon (bureaux, téléphone, avocat, etc.). Des perspectives qui poussent Frédéric Salles à affirmer que, de 2,5 millions d'euros en 2014, son chiffre d'affaires atteindra, en 2015, les 5 millions d'euros.


The Kubb et son ordinateur cubique éponyme

"Au CES, pour faire face au flux de visiteurs, il faut au moins être trois." Pour sa première participation au show de Las Vegas, Jean-Christophe Agobert, dirigeant de la PME toulousaine Kubb, n'était accompagné que d'un salarié. C'était sans compter sur l'effervescence suscitée par son ordinateur français d'une forme cubique de 12 centimètres. "Nous avons raté un tiers de contacts potentiels", déplore l'homme de 47 ans, qui a cependant amorcé des négociations avec six distributeurs, dont quatre Américains. La SARL, qui devrait passer, en 2015, en SAS après une augmentation de capital de 950 000 euros, prévoit donc de produire 500 Kubb, vendus au prix unitaire de 700 euros TTC. "Et si le marché répond favorablement, nous pouvons facilement augmenter nos capacités jusqu'à 1 500 pièces par mois", poursuit-il. Des ambitions qui devraient permettre à la société, créée en 2002, mais relancée en juin 2014, de dépasser les 4 millions d'euros.

Cityzen Sciences et sa technologie de textiles connectés

La Lyonnaise Cityzen Sciences, spécialiste des textiles connectés, a raflé deux premiers prix de l'innovation au CES. Sa nouveauté : le D-shirt, qui intègre des capteurs cardiaques et GPS, autonomes et quasi invisibles, liés à une appli mobile. Cet engouement vaudra à la SAS de 50 salariés de boucler, courant 2015, sa levée de fonds de 100 millions d'euros. "Des investisseurs anglo-saxons et asiatiques, ont montré leur intérêt. On peut dire que ça se présente bien", se félicite Jean-Luc Errant, le dirigeant. D'un chiffre d'affaires de 1 million d'euros en 2014, la société, créée en 2008, compte osciller, en 2015, entre 5 et 7 millions d'euros. Et réussir à égaler, aux États-Unis, les performances qu'elle réalise au Japon, qui représente, pour l'heure, 40 % de son CA. Pour ce faire, elle bénéficiera de l'attrait de sa prochaine innovation : le cuissard connecté.