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Xavier Kergall : "Un entrepreneur ne doit être obsédé que par son CA et son résultat"

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A l'occasion du Salon des entrepreneurs de Paris, qui se tiendra les 1 et 2 févier 2017, Xavier Kergall, directeur général Les Echos Solutions, revient sur le phénomène des start-up en France.

Xavier Kergall : 'Un entrepreneur ne doit être obsédé que par son CA et son résultat'

C'est la grand-messe annuelle de l'entrepreneuriat. Le Salon des entrepreneurs de Paris se tient les 1 et 2 février 2017 et, à cette occasion, Xavier Kergall, directeur général Les Échos Solutions, analyse l'évolution du milieu entrepreneurial de ces dernières années. Il donne également son conseil, plein de bon sens, aux entrepreneurs.

Chef d'Entreprise : Nous constatons depuis quelques années un véritable engouement de l'entrepreneuriat auprès des jeunes. Comment l'expliquez-vous ?

Xavier Kergall : C'est une vraie lame de fond sociologique qui s'explique de plusieurs façons. Tout d'abord, la création d'entreprise a été facilitée depuis 10 ans par les différents gouvernements, de droite comme de gauche. Nos politiques ont compris que la croissance et l'emploi se trouvent dans les petites entreprises.

Le régime de l'auto-entrepreneur a aussi été une très bonne chose, notamment pour populariser le mot "entrepreneur". Sans compter le travail des collectivités locales et des médias qui valorisent de plus en plus la création d'entreprise.

Par ailleurs, les jeunes savent qu'ils n'auront jamais une carrière professionnelle semblable à celle de leurs parents, en travaillant 20 ans dans la même entreprise. Ils ont une appétence plus forte pour le risque, donc pour l'entrepreneuriat. Sans compter qu'il y a, tous les ans, de nombreux diplômés Bac + 5 pour qui les débouchés en entreprise restent limités. Toutes ces raisons réunies expliquent le succès de la création d'entreprise chez les jeunes.

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N'y a-t-il pas aussi un effet lié à la starification des entrepreneurs ?

XK : Avant, il y avait Bill Gates, voire Bernard Tapie en France. Mais depuis 10 ans, certains entrepreneurs sont devenus de vraies stars. Il y a, par exemple, Xavier Niel, Marc Simoncini ou Jacques-Antoine Granjon. Chez les jeunes, il y a un effet projection et identification. Ils sont de plus en plus nombreux à se dire : "pourquoi pas moi ?"

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?

XK : Privilégiez avant tout la recherche de chiffre d'affaires à la recherche d'une levée de fonds ! À l'heure actuelle, il y a une forme d'hystérie où l'on mélange business model rentable et capacité à trouver des investisseurs. Le plus important pour une entreprise, c'est d'avoir des clients et de vendre. La levée de fonds, c'est secondaire et ça viendra ensuite naturellement. Je le redis, un entrepreneur ne doit avoir qu'une seule obsession, celle du chiffre d'affaires et du résultat.