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L'ascension d'une entreprise d'alpinistes du bâtiment

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Féru d'escalade, Julien Dieutre dirige depuis 2007 une entreprise d'alpinistes du bâtiment, spécialisée dans les travaux acrobatiques. Un marché de niche qui permet à la TPE d'atteindre des sommets.

L'ascension d'une entreprise d'alpinistes du bâtiment

La crise, Julien Dieutre ne la connaît pas. Depuis la création de son entreprise, il a doublé son chiffre d'affaires en cinq ans, passant de 150 000 euros en 2007 à plus de 300 000 euros en 2012, sans même déployer une stratégie commerciale offensive. Le dirigeant est en fait positionné sur un marché de niche, où peu d'entreprises osent s'aventurer : le métier d'alpiniste du bâtiment. "Lors de la création de mon entreprise, j'ai fait le tour des mairies pour présenter mon activité. Depuis, le bouche-à-oreille fonctionne et les contrats se multiplient sans efforts particuliers. Il faut dire que très peu d'entreprises dans la région proposent de telles prestations", confie ce passionné d'escalade de 36 ans.

Un métier acrobatique

De façon quotidienne, Julien Dieutre tutoie les sommets... des immeubles. Et exécute des travaux difficiles, des nettoyages de façades, des travaux de maçonnerie ou de soudure en hauteur, souvent hors de portée des échafaudages. Cordes, baudrier, sellette, poignée autobloquante, descendeur et mousquetons sont les accessoires indispensables de son métier acrobatique. L'entreprise compte à son actif une cinquantaine de clients. Des agences immobilières qui gèrent des syndics de copropriété, des bailleurs sociaux qui détiennent des parcs immobiliers, mais également des coopératives agricoles.

Un impératif de sécurité

Parmi ses expériences les plus folles ? Le démoussage des toits de la cathédrale de Chartres. L'artisan devait en effet travailler avec une centaine de mètres de vide en dessous de lui. Ou encore le changement d'ardoises sur le clocher d'une église implantée dans le pays de Caux, en Normandie. Un exercice une nouvelle fois très acrobatique.

S'il travaille la tête dans les airs, Julien Dieutre garde toutefois les pieds sur terre. Son objectif premier reste la sécurité de ses collaborateurs. Le danger étant omniprésent, il préfère l'anticiper. Au préalable de tout chantier : une évaluation pour étudier les moyens d'accès à mettre en place (travaux sur corde, nacelle sur câble ou échafaudage de plain-pied). Le dirigeant définit ensuite les points d'ancrage. Le plus souvent, il s'agit du bâtiment en lui-même mais, le cas échéant, il procède au perçage des murs pour installer des cordes.

Le jeune dirigeant envisage désormais d'embaucher une à deux personnes en contrat à durée indéterminée d'ici 2015. " Je pourrais aisément augmenter la taille de mes effectifs, mais je souhaite avant tout passer du temps sur le terrain, et ne pas m'enfermer quotidiennement dans un bureau pour gérer de la paperasse administrative ", concède-t-il. Le métier de cordiste draine des qualités et des valeurs, notamment la lucidité.

REPÈRES
Raison sociale : SARL Vertical Travaux acrobatiques
Activité : Travaux d'accès difficiles
Ville : Rouen (Seine-Maritime)
Année de création : 2007
Dirigeant : Julien Dieutre, 36 ans
Effectif : 4 personnes
CA 2012 : 300 k€.