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Smart grids : des opportunités à saisir pour les PME

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Le concept de "smart grid" ou réseau électrique intelligent est l'un des plus ambitieux défis du pays. Parce qu'il constitue le fer de lance du virage énergétique européen, mais aussi car ce marché représente, chaque année, 30 Mds€. Des opportunités business que les PME ont intérêt à saisir.

Smart grids : des opportunités à saisir pour les PME

"La technologie change radicalement l'infrastructure électrique existante. D'où la création d'un tout nouveau marché", avance Georges Falessi, directeur général du pôle de compétitivité Solutions communicantes sécurisées (SCS). Un marché dont les potentialités, colossales, laissent présager de nombreuses opportunités business tant pour les grands groupes que les PME. A tel point qu'en 2013, lors du lancement de la Nouvelle France industrielle, le gouvernement a consacré aux réseaux électriques intelligents l'un de ses 34 plans de soutien.

"La France est compétitive dans ce secteur. Il fallait donc créer une filière pour promouvoir ses acteurs sur le marché national et international", souligne Michel Bena, directeur Smart grids chez Réseau transport électricité (RTE). Car avec des investissements mondiaux estimés, chaque année, à 30 Mds€, les potentiels d'activité sont porteurs pour les acteurs du secteur de l'énergie. Mais pas seulement.

30% d'électricité d'origine renouvelable

Loin de se limiter à l'électrotechnique, les smart grids regroupent toutes les solutions améliorant l'efficacité et l'intelligence énergétiques. D'abord, en s'adaptant aux évolutions des modes de production en faveur des énergies renouvelables et intermittentes, ainsi qu'à leur intégration dans les réseaux existants. Un enjeu majeur au vu des objectifs européens qui leur assignent 20% de la production globale d'électricité en 2020, et 30% en 2030.

Les smart grids renouvèlent ainsi l'organisation des circuits pour faire face à la multiplication et la décentralisation des centrales, mais aussi à la transformation des usages et des besoins induits, par exemple, par l'expansion du véhicule électrique (voir témoignage en page 2). Ensuite, en intégrant les nouvelles technologies de l'information et de la communication dans toute la chaîne, de la production à la distribution, afin de la rendre plus adaptable et plus proche de la demande réelle.

Un soutien de l'État

Toutes les entreprises proposant des solutions techniques innovantes en la matière ont ainsi leur carte à jouer, qu'elles soient positionnées sur le domaine des infrastructures électriques - équipement, capteurs, lignes électriques, compteurs, etc.-, des logiciels -pilotage et optimisation du réseau grâce à la data- ou de la sécurité des données. "Sur les aspects matériels, cela concerne principalement les PME sous-traitantes des grands groupes producteurs ou distributeurs d'énergie, estime Georges Falessi. Mais il faut aussi y associer les start-up et petites entreprises du numérique."

De la centrale aux compteurs individuels, elles profitent alors de l'ensemble des informations récoltées pour développer des nouveaux services. Et pour les aider dans le développement de leur activité, l'Etat, les collectivités et les grands groupes ont ouvert leur données afin, par exemple, de concevoir des capteurs intelligent capable de mettre en regard les consommations et la gestion du réseau dans une approche de monitoring urbain intelligent. C'est le cas, par exemple, de SCLE SFE, une PME toulousaine de 240 salariés. Elle a développé une gamme de capteurs intelligents qui suivent, analysent et modélisent, grâce à son logiciel Oceam, les consommations à l'échelle d'un site, urbain ou industriel.

Mais c'est en aval des compteurs, directement chez le consommateur, que se situent les plus grands potentiels pour elles. Consommation personnalisée des appareils électriques, gestion et suivi de sa consommation, programmation des temps de fonctionnement en fonction des plages horaires et des tarifs d'électricité... Les services et applications numériques dédiées aux usages sont en pleine expansion, et de nombreuses structures de petite taille sont déjà positionnées sur ce marché du B2C.

Neuf marchés prioritaires

Et ce phénomène devrait s'intensifier dans les prochains mois ou années. Le 18 mai dernier, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a lancé la seconde phase de la Nouvelle France industrielle. Les 34 plans initiaux sont désormais remplacés par neuf marchés prioritaires. Les réseaux électriques intelligents entrent ainsi dans un plan plus vaste, dédié à la ville durable, rassemblant avec eux les filières de l'eau, du bois, des déchets, de la construction et de la rénovation énergétique des bâtiments. "Ce regroupement va faciliter les ponts entre ces différentes filières et la mutualisation des moyens et des coûts entre leurs différents acteurs pour déboucher sur des nouvelles solutions, plus innovantes, plus efficaces, plus globales", envisage Michel Benna. Des nouveaux potentiels d'activité qui se chiffrent, maintenant, à 1500 Mds€ à l'échelle mondiale à l'horizon 2020.

En chiffres:

- 3 milliards d'euros de CA en France, dont 50% à l'export
- 15 000 emplois
- Des investissements mondiaux estimés à 30 Mds€ par an
- Des objectifs pour 2020 : 6 milliards d'euros de CA et 10 000 emplois créés