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7 conseils pour bien tweeter quand on est dirigeant de PME

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Quelles sont les bonnes pratiques à adopter sur Twitter pour communiquer efficacement ? Quel est le bon rythme pour tweeter quand on a peu de temps à y consacrer ? Comment gérer les crises et les prises à partie ? Conseils d'experts aux patrons de PME tentés de s'y mettre.

7 conseils pour bien tweeter quand on est dirigeant de PME

C'était en octobre dernier. Twitter réunissait des dirigeants lors d'une soirée afin d'échanger sur leur usage du réseau social. Un événement dans l'air du temps. "Aujourd'hui, la plupart des patrons en ont entendu parler. Le sujet est entré dans les moeurs", observe Nicolas Leune, directeur de YDCA, agence de conseil en communication digitale et marketing.

"Si les patrons des grandes entreprises y sont beaucoup présents, dans les PME, c'est plus dur, Twitter reste pour eux un continent assez inconnu", constate de son côté Philippe Moreau Chevrolet, président de MCBG Conseil, agence spécialisée dans la communication pour les dirigeants.

Moyen de construire son influence personnelle, de communiquer avec son réseau : Twitter a, aux adeptes de la première heure comme aux autres, beaucoup à apporter. A condition toutefois de bien manier quelques fondamentaux.

1. Poster des contenus en phase avec ses objectifs

"Il y a deux approches : la première consiste à profiter de Twitter pour s'imposer comme un expert dans son secteur, la deuxième à faire de la communication pure", explique Nicolas Leune. Du positionnement initial - ces deux objectifs pouvant se combiner - découle la nature des tweets postés : actualités, retweets d'articles de presse portant sur son activité ou son marché, messages dévoilant son quotidien, relayant un événement, relatant une actualité de l'entreprise, etc.

"On mélangera des informations de fond sur sa société, de la curation, et du chaud : des éléments de sa vie", indique Philippe Moreau Chevrolet. Et d'illustrer : "une photo d'une séance de jogging pour un dirigeant dans l'assurance, pour montrer qu'il est dans la prévention, semble être une bonne idée, tout comme se faire photographier avec des gens intéressants, ou montrer des objets connectés si l'on exerce dans l'innovation".













2. Mettre sa touche personnelle

"Le premier choc pour le patron est d'accepter de se mettre en scène", assure Philippe Moreau Chevrolet. Ce qui, poursuit l'expert, provoque généralement deux types de comportements. Le premier consiste à communiquer sans censure pour donner une image de soi au plus proche de ce que l'on est ou veut montrer. Le second, à privilégier les messages formatés par crainte de mal faire. "Il faut trouver le juste milieu".


L'idée est de proposer du contenu à valeur ajoutée, avec une touche personnelle. "Même si le dirigeant représente sa société, son message sera personnel. Il va forcément retranscrire son opinion", souligne Nicolas Leune. Attention, toutefois, à ne pas aller trop loin. Parler politique ? "Si le sujet lui tient à coeur, on ne va pas l'en empêcher. Mais il faut s'attendre à des retours de bâton", prévient le spécialiste

Autre impératif : faire preuve de transparence. Inutile d'essayer de transformer les faits : "Le fast checking va vite, avertit Nicolas Leune. Les informations vont être vérifiées par des personnes pas forcément en phase avec l'entreprise ou la politique du patron". Or être mis en défaut peut s'avérer très délicat à rattraper ensuite.

3. Ajouter des éléments visuels

La photo démultiplie l'impact d'un tweet, davantage vu et partagé, en moyenne, quand il en comporte une. En cas de retweet d'un article, par exemple, "on va aussi récupérer le visuel qui aidera à donner un côté plus sympathique au message", explique Nicolas Leune.

Pour tous les autres types de message, pas de visuel préexistant : il faudra en trouver un. Mais pas forcément à chaque fois : "Cela dépend du type de message. Il est par exemple possible de souhaiter une bonne semaine à ses followers en intégrant un gif animé, comme un visuel de café", poursuit l'expert.


Bonne nouvelle : "il y a une tolérance sur la qualité du visuel", souligne Philippe Moreau Chevrolet. Si ce ne sont pas des photos de professionnel, si certaines sont prises sur le vif avec les défauts que cela peut comporter, cela sera bien accepté. A condition toutefois que "la photo ait un intérêt, présente un élément inédit sur son secteur, sa communauté".

4. Garder son calme

L'intérêt de Twitter est d'interagir avec son réseau. Si c'est vrai pour tous les patrons, "on observe une tendance nouvelle chez les patrons de PME dans le B to B : le besoin de parler à leurs clients ou aux clients de leurs clients, c'est-à-dire le grand public, pour qu'il devienne prescripteur", assure Philippe Moreau Chevrolet.

Un échange qui va dans les deux sens : le dirigeant peur interpeler et ne manquera pas de répondre aux questions qui lui sont posées. Un cadre ouvert dans lequel il pourra être confronté à des situations parfois tendues. Dans ce cas, pas de panique, des solutions existent : "Face à un troll, c'est-à-dire quelqu'un qui a un parti pris et qui veut casser du sucre sur l'entreprise, il ne faut pas répondre", préconise Nicolas Leune.

"Bloquez ceux qui vous insultent ou vous trollent", enchérit Philippe Moreau Chevrolet. Dans tous les cas, "ne répondez jamais impulsivement à la critique, ajoute l'expert. Répondez calmement, en avançant vos arguments. Face à une personne en colère, souvent écouter suffit". Faire preuve de maîtrise de soi est l'une des règles d'or sur les réseaux sociaux. Quitte à réagir avec un petit délai, et si la situation le nécessite.

5. Suivre concurrents, prospects, journalistes

Pour constituer son réseau, le patron partira de ses centres d'intérêts et suivra des personnes tweetant sur ces thématiques. Qu'elles soient professionnelles ou même personnelles. "Le chef d'entreprise reste un être humain avec ses goûts et ses envies. Il peut se construire un capital sympathie par ce biais-là...", remarque Nicolas Leune.

Utile aussi de suivre ses concurrents, pour savoir ce qu'ils disent, dans le cadre de sa veille, et ses clients et prospects. "Vous pouvez suivre des gens qui sont des objectifs commerciaux afin d'établir le contact avec eux puis poursuivre la conversation en messages privés", ajoute Philippe Moreau Chevrolet.

Sans oublier les journalistes. Dans ce cas, "L'idée est de s'intéresser à la personne, à ce qu'elle tweete, afin de trouver un angle d'attaque pour engager la conversation avec elle", conseille Nicolas Leune.

6. Publier au moins trois fois par jour

S'il n'existe pas de rythme de publication idéal - cela dépend des objectifs poursuivis avec le compte - "il faut publier entre 3 et 5 fois par jour en moyenne pour émerger sur Twitter", estime Nicolas Leune. "Entre 5 et 10, surtout au début : il faut faire un effort de production pour faire exister le compte, alors que personne ne vous attend", préconise de son côté Philippe Moreau Chevrolet, qui note qu'ensuite, une fois le compte installé dans le paysage, 2 à 3 tweets par jour peuvent suffire.

Pour être vu, mieux vaut aussi choisir des horaires adaptés. Là encore, difficile d'établir une règle globale : "il faut regarder quand son audience s'exprime et à quel moment telle ou telle problématique est abordée", préconise Philippe Moreau Chevrolet. Une bonne solution peut être de calquer son rythme sur le quotidien des dirigeants, matinaux et ayant des longues journées. Nicolas Leune propose un scénario de publication. "Un premier à 7h30, puis 9h30, juste après le déjeuner à 13h30-14h, fin de journée et soir". Les outils de programmation (Limber, Hootsuite...) peuvent faciliter les tâches tout en fournissant des analyses sur les publications.

7. Miser sur une bio informative et attractive

C'est la première chose à faire avant même de commencer à twitter : soigner sa présentation, incluant la biographie, la photo et le header. "Il est recommandé de se créer une identité propre", indique Philippe Moreau Chevrolet. Pour cela, la biographie doit être informative, donner des repères sur soi, tout en donnant envie. Quant à la photo, elle doit être professionnelle, quitte à "faire un shooting" pour s'assurer de sa qualité, recommande l'expert. Une bonne façon de se lancer.