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[Étude de cas] Comment Mini Green Power a totalement repensé son business model

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La PMI Mini Green Power a posé ses bases à Hyères, dans le Var. Mais aujourd'hui, elle trouve ses premiers clients pour l'achat de petites centrales vertes clé-en-main en Sicile ou encore à Madagascar. Découverte d'un modèle économique qui a capitalisé sur l'énergie verte.

[Étude de cas] Comment Mini Green Power a totalement repensé son business model

L'histoire de la création de Mini Green Power est celle de la remise en question d'un chef d'entreprise, Jean Riondel, ancien expert indépendant dans le nucléaire et responsable du démarrage des plus grandes centrales mondiales sur des sites à risque. "J'ai été pris en otage en Iran (...). Sur mon dernier site, j'étais à proximité de Tel-Aviv et on recevait les ogives provenant de la bande de Gaza", raconte le p-dg de Mini Green Power. Un contexte de travail qui a provoqué une prise de conscience : "A 45 ans, j'ai compris que la direction que prenait l'homme dans l'énergie ne correspondait pas à ma vision".

Transition énergétique

Jean Riondel s'applique alors, avec son associé Hubert Sabournin, à concevoir des centrales écologiques consommatrice de biocarburants : "On fabrique de petites centrales clé-en-main qui génèrent soit de l'électricité soit de la chaleur", explique le p-dg. La taille de ces centrales - 200 m² - à son importance : "Nous préférons faire mille petits sites plutôt qu'un seul. Ainsi, il devient plus complexe de les détruire en cas d'attaque."

Une mini-centrale verte assemblée par Mini Green Power


Des centrales qui ont l'avantage de consommer un biocarburant gratuit (déchets verts), d'avoir une durée de vie de vingt ans et d'être économiquement rentables. "Le ROI se fait sur trois à cinq ans en fonction des régions et de l'usage. Elles peuvent alimenter des populations précaires en énergie comme, par exemple, un village de 4000 habitants." "Nous vendons les centrales à nos clients et ils se financent sur la valorisation de leurs déchets en les exploitant ou en vendant l'électricité à EDF", détaille Jean Riondel.

La matière première peut être transformée en électricité ou en chaleur. Une mairie économisera ainsi le coût de la gestion de ses déchets en investissant dans une petite centrale là où, d'ordinaire, elle aurait dépensé près de 100 000 euros par an pour s'en débarrasser.

Pivoter pour mieux grandir

Le client a donc tout intérêt a rentabiliser l'achat de sa centrale en revendant l'électricité produite. Mais, en France, Mini Green Power s'est frotté à un écueil : la taille des centrales ne permettait pas de réaliser un volume suffisant pour entrer dans les grilles de prix sponsorisés par EDF. L'entreprise a donc modifié sa stratégie : "Depuis quelques mois, on a appris que l'on était éligibles à un tarif électrique si on augmentait la taille de nos centrales. On a donc multiplié leur taille par quatre." Au final, le marché français s'est avéré trop complexe pour Mini Green Power qui voit son avenir proche en Europe et à l'étranger, notamment dans les pays en voie de développement.

L'entreprise a su convaincre son premier client, un industriel du déchet Sicilien, d'installer ses centrales et a obtenu des résultats très encourageants en ouvrant une filiale à Madagascar (Mada Green Power) : "On a réalisé 100 000 euros de CA en trois mois." Pour 2021, Jean Riondel espère un carnet de commandes plein à craquer, avec un chiffre d'affaires prévisionnel de 35 millions d'euros. "Nous avons prévu de doubler notre CA tous les ans et de faire 70% à l'export", prévoit-il.

Repères

Raison sociale : SAS Mini Green Power
Activité : PMI intégratrice de de mini-centrales vertes clé-en-main
Siège social : Hyères (83)
Année de création : juin 2014
Cofondateurs : Jean Riondel et Hubert Sabournin
Effectif : 18 personnes
CA 2017 (prévisionnel) : 1,5 million d'euros