Mon compte Devenir membre Newsletters

L'Europe ne fait pas rêver les dirigeants de TPE

Publié le par

Les patrons des très petites entreprises ne considèrent pas l'Europe comme un atout économique incontestable. En dépit d'un constat sévère sur le fonctionnement de l'Union européenne, les dirigeants participeront assez massivement au scrutin du 25 mai prochain.

L'Europe ne fait pas rêver les dirigeants de TPE

L'appartenance à l'Union européenne n'apparaît plus comme un atout incontestable pour notre économie. C'est ce que pensent plus d'un tiers (39%) des patrons de TPE, selon une étude Ifop/Fiducial publiée le 14 mai 2014. Des chiffres corroborés par une étude de l'Union professionnelle artisanale (UPA) publiée le 14 mai 2014, selon laquelle 53% des artisans et des commerçants estiment que l'Union européenne ne contribue pas à la prospérité de la France. La même proportion (54%) juge que depuis sa création, l'UE n'est pas une bonne chose pour eux, et moins encore pour leur entreprise (62%).

L'Europe est avant tout vécue comme un handicap en matière d'emploi (61 %), de fiscalité (61 %) de réglementations administratives (63 %). Plus des deux tiers (68%) des dirigeants de TPE estiment que l'Europe n'enraye pas le dumping social entre les états et ne défend pas efficacement son marché intérieur de la mondialisation (82 %). Elle serait également impuissante à protéger efficacement ses frontières contre l'immigration clandestine (84 %). À ces sévères constats s'ajoute celui sur la monnaie unique qui n'est plus perçue comme un atout que par 21 % des patrons de TPE (contre 70 % en juillet 2007), bien que la majorité (80 %) ne revendique pas un retour au franc. Ils affichent une certaine préférence pour un euro faible (66 %), de façon à privilégier les exportations quitte à subir une augmentation corrélative du prix des importations.

Un sentiment d'économie française à la traine

Un peu plus d'un tiers (36 %) des chefs d'entreprise considèrent que l'économie française est moins compétitive que ses concurrentes. Un décrochage qu'ils attribuent massivement au poids des charges fiscales et sociales (80 %). Ce désengagement semble plus marqué vis-à-vis de l'économie allemande: 39 % le jugeant seulement à court terme, mais 45 % le craignant à long terme.

Ce manque de résultats vient entacher la perception du pouvoir de l'UE et son fonctionnement. Plus de six dirigeants sur 10 (61%) estiment que l'organisation politique est source d'inaction et 80 % considèrent que l'Union Européenne fonctionne mal. Cependant, loin de bouder l'idée européenne, les dirigeants souhaitent une Europe à plusieurs vitesses (65%) qui impliquerait l'élection d'un président européen au suffrage universel direct (73 %) et la création d'une union fédérale (59 %).

Une intention de prendre part au débat

Ces déceptions ne semblent par ailleurs pas entacher la participation au scrutin du 25 mai prochain. L'étude réalisée par l'Union professionnelle artisanale (UPA) révèle en effet que 66% des artisans et des commerçants de proximité voteront lors des élections européennes. Les chefs d'entreprise de proximité expriment ainsi leur intention de prendre toute leur part au débat sur l'avenir de l'Union européenne, avec notamment deux urgences adressées aux eurodéputés français : l'harmonisation fiscale et sociale entre les différents états membres et la réduction des dépenses publiques.