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Politique : les dirigeants de PME s'inquiètent des mesures prises par le gouvernement

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Près de sept dirigeants sur dix jugent les mesures du gouvernement inquiétantes, selon un sondage du cabinet Denjean & Associés, spécialisé dans l'audit et l'expertise comptable, publié le 31 janvier 2013. 71,5 % estiment que ces mesures sont de nature à décourager l'entrepreneuriat.

Les mesures prises par le gouvernement inquiètent les dirigeants de PME, voilà ce qui ressort de l'étude* conduite par Denjean & Associés, cabinet d'audit et d'expertise comptable grands comptes, dont les résultats ont été publiés le 31 janvier 2013. Dans le détail, on apprend que :

  • 58,1% des dirigeants estiment que ces mesures ne sont pas justifiées dans le contexte économique actuel ;
  • 69,1% des dirigeants jugent les mesures Hollande inquiétantes. L'inquiétude croit en fonction de la taille et du chiffre d'affaires réalisé ;
  • 71,5 % des dirigeants estiment que ces mesures sont de nature à décourager l'entrepreneuriat.

Pour la plus grande majorité des dirigeants, la politique conduite est jugée éloignée des intérêts de l'entreprise, voire de l'entrepreneuriat. Au lieu d'inciter les dirigeants à se mobiliser sur des objectifs positifs, elle les conduit à se polariser sur les moyens leur permettant d'éviter la rigueur de ces mesures. Parmi ces moyens d'évitement, les délocalisations deviennent un outil. Par ailleurs, les dirigeants d'entreprise estiment que continuer à produire en France est un acte patriotique (89,6 %) qu'il est impératif de ne pas pénaliser.

Les conséquences des mesures

Pour les dirigeants d'entreprise, les conséquences des mesures vont pénaliser à la fois les rémunérations des employés comme celle des cadres dirigeants, modifier les intentions d'embauche, voire amplifier les restructurations envisagées et impacter les structures capitalistiques.

1. La suppression des heures supplémentaires concerne 68,4 % des dirigeants interrogés
Conséquences directes :
- D'une part, modifications des politiques de rémunération (28,1 %), révision des accords d'intéressements (12,3 %) et compensation par une augmentation des avantages en nature (5,2 %).
- D'autre part, embauche pour compenser (18,4 %).
Des résultats qui traduisent une tendance à la modification à la baisse de la rémunération sous toutes ses formes et qui laisse peu augurer un effet sur l'emploi.

2. L'alourdissement de la fiscalité sur le travail concerne 51 % des dirigeants interrogés
Conséquences directes :
- Limiter l'embauche de cadres étrangers (7,8 %)
- Répartir les rémunérations sur plusieurs pays (13,6 %)
- Inciter les cadres dirigeants à s'expatrier (9,5 %)
- Réfléchir à une délocalisation (9,7 %)
- L'alourdissement de la fiscalité du travail va conduire environ 10 % des entreprises à modifier la gestion de ses cadres de direction. Des décisions lourdes de conséquences en matière de dynamisme économique.

3. La taxation du capital au même niveau que le coût du travail va inciter environ 25 % des entrepreneurs à modifier leur politique de rémunération et à faire évoluer leur structure capitalistique et de management
Conséquences directes :
- Modifier leur politique de rémunération (32 %)
- Modifier leur politique de distribution des dividendes (28, 4%)
- Réorganiser leur structure capitalistique (24,6 %)
- Répartir différemment leur politique de production au niveau mondial (16,6 %)
- Délocaliser leur siège social (8,2 %)
- L'emploi, les rémunérations, le capital et la localisation de la production peuvent être impactés. À la recherche de compétitivité est substituée la recherche d'une fiscalité moindre.

*Échantillon : 200 dirigeants (directeur général, président, gérant) d'entreprises de 50 à 2 000 salariés et plus. Le terrain s'est déroulé du 14 novembre 2012 au 17 janvier 2013.