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Les 4 recettes des entrepreneurs qui bousculent l'économie

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Pour sa 22ème édition, le Salon des Entrepreneurs met à l'honneur des entrepreneurs qui bousculent les codes de l'économie. Qu'ils évoluent dans la gastronomie, la mode, les transports ou la communication, ils révolutionnent tous les modèles établis. Comment font-ils ? Découvrez leurs méthodes.

Le PDG de Venteprivée.com a livré ses conseils aux entrepreneurs

Le PDG de Venteprivée.com a livré ses conseils aux entrepreneurs

Ils s'appellent Jacques-Antoine Granjon (Vente Privée), Guilhem Cheron (La Ruche qui dit oui), Guillaume Gibault (Slip Français), Frédéric Mazzella (Blablacar), Vincent Ricordeau (Kisskiss Bank Bank), Farid Mokart (Fred&Farid), Nathan Blecharczyk (AirBnB). Ils oeuvrent dans les domaines aussi variés que la gastronomie, la mode, la communication, les services et ont tous un point commun : ils révolutionnent les modèles établis. Voici leurs recettes.

Ils font d'internet leur terrain de jeu

Impossible selon ces entrepreneurs de concrétiser une idée innovante sans le digital. Le web permet de rayonner sur la scène nationale et internationale, d'échanger des points de vue, des idées, d'enrichir son concept et surtout de donner une dynamique. "C'est aussi un formidable outil. N'importe qui peut aujourd'hui ouvrir une boutique, dont les murs peuvent être agrandis à l'infini. Si vous vous en donnez les moyens, vous pouvez faire entrer le monde entier dans votre point de vente, même si vous êtes positionné sur un marché de niche", estime Jacques-Antoine Granjon, pdg de Venteprivée.com, qui revendique trois millions de clients.

Internet répond surtout à une demande des consommateurs. "De plus en plus de gens achètent leurs produits sur la Toile. Il s'agit donc de répondre à une demande, à une tendance", confie Guillaume Gibault, du Slip Français, pour qui internet représente 75% de son chiffre d'affaires. "Le consommateur doit pouvoir aujourd'hui connaître un commerce, une marque via une boutique, un site internet et le téléphone. La notion de cross canal est devenue primordiale", estime Jacques-Antoine Granjon.

Le web permet également une rapidité dans la diffusion des informations, qu'il faut savoir appréhender. "Le consommateur a le pouvoir de faire et de défaire une marque. Il faut donc être le plus transparent possible sur l'origine du produit", met en garde Jacques-Antoine Granjon.

Ils proposent une expérience client enrichie

L'impératif aujourd'hui selon Frédéric Mazzella, de BlaBlaCar, est de "réduire le temps entre le besoin du client et la fourniture du service. Les sites ou les applications doivent être rapides et faciles à utiliser". Il faut également être très réactif à la moindre remarque, et être présent après la transaction. "La confiance que vous inspirez va déclencher l'acte d'achat", poursuit Jacques-Antoine Granjon.

Farid Mokart, président du groupe de création digitale Fred&Farid, le confirme. "Il faut un maximum de satisfaction sur l'ensemble du schéma relationnel et beaucoup de proactivité". Une erreur réparée va transformer un consommateur déçu en ambassadeur de la marque.

Ils foncent sans avoir peur de l'échec

Pour faire fructifier une entreprise, un dirigeant doit aujourd'hui accepter de se "planter", et admettre d'échouer. "Un insuccès permet de se rendre compte de ses erreurs à ne pas reproduire. Parfois, c'est le voyage le plus important, pas la destination", estime Nathan Blecharczyk (AirBnB).

"Lorsque j'ai eu l'idée de créer BlaBlaCar, je n'ai pas dormi pendant 72 heures. Le concept était tellement bête comme chou que je ne comprenais pas qu'il n'existe pas. Mais il faut se lancer, et ne pas être freiné par le manque de cadre juridique, et de réponses. Car le juridique n'encadre que ce qui existe !", explique Frédéric Mazzella.

L'histoire d'une entreprise est donc jalonnée de doutes, de problèmes à résoudre et d'échecs. Ce sont d'ailleurs ces dernières qui remontent en premier lieu, "les réussites étant naturellement chassées", estime Jacque-Antoine Granjon. Il n'hésite pas d'ailleurs à revenir sur ces mésaventures et son échec de lancement d'activité aux Etats-Unis. Si VentePrivée.com a réalisé en trois ans 50 millions de dollars de chiffre d'affaires par an (soit 45 millions d'euros environ), elle en perdait 10 millions par an.

Il a donc dû se résoudre à stopper son activité Outre-Atlantique et avoue aujourd'hui avoir pris des décisions qu'il n'aurait jamais mises en oeuvre en France. "Nous n'avons pas été bons aux Etats-Unis. Nous nous sommes par exemple installés dès le début à Manhattan. Le rêve américain nous est monté à la tête. Nous n'avions plus les pieds sur terre. Nous nous sommes rendus compte après coup que le potentiel économique n'était pas là et qu'il n'y avait pas vraiment de place pour les marques de luxe sur le marché américain", explique Jacque-Antoine Granjon.

Après avoir échoué dans le lancement de deux entreprises en France (à 18 et 20 ans), Vincent Ricordeau, gérant de la plateforme de crowdfunding, KissKissBankBank, n'a pas hésité à 25 ans à se jeter à nouveau dans le bain de l'entrepreneuriat. "Je suis allé dans les grands groupes pour acquérir ce qui me manquait, et me rendre compte de l'importance d'agréger à mon projet de l'intelligence collective et de m'entourer d'autres personnes".

Ils flirtent sur l'économie collaborative

Ces entrepreneurs appartiennent également tous à une génération, un peu fatiguée par les valeurs du consumérisme. Favorisée par l'essor d'internet, la crise et les nouveaux comportements des consommateurs, l'économie collaborative autrement appelée l'économie du partage (sharing economie) irrigue peu à peu tous les secteurs de l'économie traditionnelle. Elle repose sur le prêt, le don, l'échange, la location et la vente de biens d'occasion.

"L'économie doit aujourd'hui donner du sens et créer de l'emploi. Nous donnons des outils pour que l'agriculture se réinvente", explique Guilhem Cheron, de La Ruche qui dit oui, nouveau principe de circuit court qui permet de faire ses courses auprès de producteurs locaux directement sur le web. L'entreprise a également pour autre principe de répartir les profits afin qu'ils soient équilibrés et pas centralisés.

Une démarche entièrement partagée par Farid Mokart (Fred&Farid). "L'entrée doit être utilitariste, d'utilité sociale avant tout, et pas mercantile".

Tous ces entrepreneurs ont un dernier point commun. La volonté de transformer leur PME en ETI (sauf VentePrivée.com qui a déjà franchie le seuil), à savoir des structures de plus de 250 collaborateurs. Blablacar va d'ailleurs franchir ce cap d'ici quelques semaines. Sans pour autant perdre cette farouche volonté de bousculer encore un peu plus les modèles établis.