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Ne dites pas à ma mère que je suis entrepreneur...

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Un nombre croissant de jeunes aspire à l'entrepreneuriat, vécu comme un vecteur d'épanouissement professionnel. Leurs parents ne voient pas les choses du même oeil.

Ne dites pas à ma mère que je suis entrepreneur...

L'entrepreneuriat divise les familles. Tandis que la génération Y voit dans la création d'entreprise une alternative enviable au salariat, les parents de ces jeunes optimistes se montrent pour le moins inquiets, selon une étude menée par le Club des entrepreneurs, à l'occasion de la Journée nationale des jeunes, publiée le 16 novembre 2014.

Premier motif de discorde, la capacité des aspirants-patrons à remplir leur future mission. Alors que les jeunes se sentent prêts à affronter les difficultés de l'entrepreneuriat aussitôt leur diplôme en poche (87% des personnes âgées de 18 à 27 ans ne voient pas le manque d'expérience professionnelle comme un obstacle), 89% de leurs aînés se permettent d'en douter. De même, à la question "Vous sentez-vous capable de gérer la multiplicité des tâches que doit accomplir un chef d'entreprise?", une majorité de jouvenceaux répond par l'affirmative. Surchargés ? Peu importe, ils externaliseront. Il en faut plus pour rassurer leurs parents, qui seraient à 93% rassurés de voir leur rejeton salarié et au lieu de ployer sous la besogne et les ennuis.

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Quand bien même les chères têtes blondes se montreraient à la hauteur de la tâche, leur sort préoccuperait tout autant leurs aînés. Elles envisagent avec enthousiasme de "se lancer dans un projet qui les intéresse vraiment" (à 64%), de "fixer leur propre emploi du temps" (à 44%), et surtout, de se passer de patron et de manager (à 83%). Leurs parents (à 59%) craignent qu'elles se montrent bien incapables de se discipliner.

Une absence de contrainte ou de soutien ? Sur les flots déchaînés d'une conjoncture mauvaise et instable, le patron serait un navigateur solitaire. C'est du moins l'avis de 71% des parents. 66% craignent de voir leurs enfants s'éloigner et s'enfermer dans l'isolement. Bien loin de donner du crédit à de telles inquiétudes, les jeunes perçoivent la création d'entreprise comme une aventure collective (à 63%). La création de nouveaux lieux de travail partagé renforce cette impression.

Deux visions diamétralement opposées

"Tu as pensé au salaire?" Voilà la question qui fâche dans les dîners, posée entre la poire et le dessert. Autour de la table, cette crispation financière ne semble pas atteindre les rejetons. S'ils ne se bercent pas d'illusions sur les profits qu'ils retireront de l'aventure, ils ne se montrent pas inquiets pour autant. 86% des jeunes interrogés par le Club des annonceurs acceptent sans rechigner une rémunération plus faible pourvu que leur soit octroyé ce petit supplément de liberté que ne leur fournit pas le statut d'employé.

Méthodologie: étude réalisée par le Club des entrepreneurs. Les données ont été recueillies via des questionnaires internet du 6 au 27 octobre 2014, sur un échantillon représentatif de 1348 jeunes gens âgés de 18 à 27 ans et de 2503 parents âgés de 35 à 64 ans.