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[Start-up] Orijns, marque de fabrique française

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Depuis avril 2013, Blandine Berjot est à la tête d'Orijns, une marque de vêtements 100 % Français. Un credo complexe à mettre en oeuvre et à rentabiliser.

[Start-up] Orijns, marque de fabrique française

"S'il est déjà difficile de consommer local, il est quasi-impossible de s'habiller français." Pas question pour autant que Blandine Berjot y renonce. Qu'à cela ne tienne, elle décide, en avril 2013, de lancer sa propre marque, Orijns, conçue intégralement, du coton aux boutons, en France. Simple à énoncer, le credo est pourtant complexe à mettre en oeuvre. Et dès la recherche des fournisseurs, l'entrepreneuse réalise l'ampleur de la tâche. "Si vous associez le critère d'origine à des capacités de production suffisantes, vous n'avez plus beaucoup d'acteurs."

Elle en déniche un, Chanteclair, à qui elle confie ses premières commandes. Pour se financer, elle dispose de 50 000 euros de fonds propres qui lui servent également à amorcer l'activité, et notamment la création, en juillet, du site Internet. Elle bénéficie là de deux atouts de taille : sa carrière de 15 ans au marketing d'une grande maison de disque et les compétences de son associé, Bruno Louis, photographe et créateur d'une web agency. Critique, cette vitrine web l'est d'autant plus qu'il s'agit, pendant les 12 premiers mois, de l'unique canal de distribution. "Quand on fabrique en France, il est très complexe de trouver des distributeurs. Eux ne souhaitent pas réduire leur marge, donc l'effort se porte sur nous. Or, il est très difficile de rester compétitifs face à des marques qui obtiennent un sweet produit au Bangladesh quelques euros quand, nous, nous l'achetons 55 euros HT", compare Blandine Berjot.

A cette difficulté se sont ajoutées les dépenses nécessaires et pourtant pas ou peu anticipées. "Pour sortir du lot et nous faire connaître, nous avons fait appel à une agence

de presse, soit un investissement de 15 000 euros par an. Pour 10 000 euros annuels, nous avons confié l'expédition, le stockage et le coût d'envoi à un centre logistique à Longeot pour un souci d'efficacité et de réactivité", explique-t-elle.

Séduire le Japon

Des aléas qui expliquent que les objectifs du business plan, chiffrés à 100 000 euros, n'aient pas été atteints la première année. "Il aurait fallu écouler 1 500 pièces pour un panier moyen de 70 euros", détaille la dirigeante, dont l'optimisme est pour autant loin d'être ébranlé : "Nous espérons un chiffre d'affaires de 150 000 euros pour notre second exercice".

Et pour ce faire, la marque compte bien réitérer le succès remporté, l'année dernière, au salon Made in France. Sur les trois jours, elle avait totalisé 9 000 euros de vente. Elle est également bien décidée à conquérir l'international, Japon en tête. Pour ce faire, elle bénéficie d'un allié de taille : la Coface A3P qui lui avance 65 % des dépenses liées à la prospection commerciale. "10 000 euros devraient me permettre de trouver un exportateur", poursuit Blandine Berjot.

Autre projet pour 2015 : l'ouverture d'une boutique, dans un des quartiers branchés de Paris, et pour laquelle elle peut compter sur l'aide d'Yveline Initiative, organisme départemental de soutien au développement d'entreprises. "Ses subventions et son prêt à taux 0 financeront le loyer, que j'évalue à 4 000 euros par mois, l'aménagement intérieur, ainsi que le stock ", prévoit-elle. Et si cela ne suffit pas, elle pourra se tourner vers le crowdfunding. Sa première opération, sur Ullule, lui a permis de lancer sa production de 45 gilets, réalisés par AD Confection, un atelier de 17 salariés basé en France.

Repère
Activité : Confection de vêtements
Ville : Triel-sur-Seine (Ile-de-France)
Forme juridique : SAS
Dirigeants : Blandine Berjot, 37 ans, Bruno Louis, 37 ans
Création : avril 2013
Effectif : 2 personnes
Chiffre d'affaires 2013 : non communiqué