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François Asselin : 4 choses à savoir sur le nouveau chef de file de la CGPME

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Il incarne le nouveau visage de la CGPME. À 50 ans, François Asselin, dirigeant d'une PME de menuiserie dans les Deux-Sèvres, doit être élu mercredi 21 janvier 2015 à la tête de la confédération patronale. Portrait en 4 points-clés.

François Asselin : 4 choses à savoir sur le nouveau chef de file de la CGPME

Candidat adoubé

Le nouveau président de la CGPME était le seul candidat déclaré. Ce n'est autre que Jean-François Roubaud, son prédécesseur pendant douze ans, qui lui aurait mis l'idée en tête. "Avant l'été, quand Jean-François m'a annoncé son intention de ne pas se représenter, il m'a dit : 'François, tu devrais réfléchir à la suite'. J'ai hésité et puis je me suis lancé", raconte François Asselin. Il est finalement suivi par Geneviève Roy, alors vice-présidente de la CGPME en charge des affaires sociales, un temps pressentie candidate. "Nous voulions éviter que toute guerre fratricide se reproduise, évoque François Asselin. Le contexte global est particulier. Il n'y a aujourd'hui pas un sujet facile. La CGPME a ainsi besoin de toutes ses ressources et de toutes ses compétences."

Patron d'une PME familiale

François Asselin dirige Asselin SAS, une entreprise créée par son père, spécialisée dans la rénovation de monuments historiques, basée à Thouars, dans les Deux-Sèvres. Il a repris la PME familiale en 1993. Parmi ses grandes réalisations, la réplique de la frégate de L'Hermione ou encore la rénovation du Palais de justice de Lyon. Aujourd'hui, l'entrepreneur emploie 140 salariés pour un chiffre d'affaires de 14,5 millions d'euros en 2014 (avec un objectif de 20% du CA à l'international en 2015). "C'est un crève-coeur de lâcher cette activité pour ce mandat', confie celui qui a fait monter certains de ses salariés aux postes clés de sa PME.

Militant de la première heure

Dès la reprise de l'entreprise familiale, François Asselin s'investit rapidement dans la vie patronale. Comme son prédécesseur, il fait ses premières armes dans les rangs de la Fédération française du bâtiment (FFB). Organisation dont il était jusque-là le vice-président depuis 2008. "Je mets un terme à ce mandat dès aujourd'hui", annonce-t-il. En parallèle, il gravit un à un tous les échelons de la CGPME. Après la présidence de la CGPME Deux-Sèvres (2009-2011), il ravit la tête de la CGPME Poitou-Charentes et devient membre du comité exécutif en 2011. "J'ai toujours consacré une partie de mon temps personnel à travailler au bien commun de ma profession. Simple membre à la FFB, je participais déjà à des missions de sensibilisation en collèges et lycées."

Président rassembleur

"Du fond et de l'action". C'est autour de ce slogan que le nouveau président de l'organisation patronale souhaite bâtir son mandat. "Compte pénibilité, retraites complémentaires, assurance-chômage... on connaît le calendrier des négociations à venir dans les prochains mois. En interne, nous allons travailler collectivement sur ces questions pour faire émerger une doctrine commune et des propositions d'actions. L'objectif étant de définir aussi les bornes dans lesquelles nous sommes prêts à négocier. Je prendrai part à des réunions régulières avec les branches et j'instaurerai une concertation mensuelle avec l'ensemble des représentants de la CGPME des territoires. Je veux privilégier les remontées terrain et l'information ascendante", insiste-t-il.

Son programme

Pendant son mandat, François Asselin compte défendre avant tout trois grands principes :

> Encourager la prise de risque

> Faire du travail une valeur positive

> Faire accepter un peu moins de sécurité pour gagner un peu plus de liberté (ex : allègement du code du travail...)

Lorsqu'il s'agit de détailler concrètement son programme, le nouveau président de la CGPME botte en touche. "Dans mon programme, il y a surtout de la méthode. Nous n'avons pas la recette miracle", plaide-t-il. Parmi les quelques mesures avancées, il souhaite notamment créer une commission sur l'accompagnement des entreprises en difficulté ou encore "mettre sur la table" la question de la fiscalité des entreprises après 2017. Alors qu'est attendu jeudi 22 janvier le dernier round des négociations sur la modernisation du dialogue social, François Asselin se déclare farouchement opposé à la représentation des salariés dans les entreprises de moins de 11 salariés, réaffirmant par là même la position de la CGPME depuis le départ. Sujet sur lequel la confédération se trouve en profond désaccord avec le Medef. "Il va y avoir dans chaque camp des moments de crispation", annonce-t-il d'ores et déjà.