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Jean-François Roubaud, le porte-voix des petits patrons

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À la tête de la CGPME depuis 2002, Jean-François Roubaud est connu pour ses prises de positions tranchées en faveur des dirigeants de PME. Rien d'étonnant pour cet homme qui a dirigé jusqu'à quatre PME en même temps. Mais derrière cette belle carrière se cache une personne franche et pudique.

Jean-François Roubaud, le porte-voix des petits patrons

Accueil chaleureux, pas rapides, regard franc, poignée de main ferme. S'il fallait qualifier Jean-François Roubaud en un mot, ce serait sans hésitation "dynamique". Rien d'étonnant pour un homme qui porte la voix des petits patrons auprès des présidents de la République et de leurs gouvernements depuis plus de 12 ans. Pourtant, lorsqu'il s'agit de parler de lui, l'attitude du président de la CGPME change. Assis à la table de réunion en acajou installée au centre de son bureau de la Défense, ses yeux se perdent dans le vague. Le dynamisme fait alors place à de la pudeur, presque à la timidité. Il enlève ses lunettes et lance : "Mon parcours personnel n'est pas intéressant. Ce qui compte vraiment, c'est l'institution dont je suis le messager", estime-t-il.

Une posture surprenante pour un homme public. D'autant que la vie de Jean-François Roubaud n'est pas un long fleuve tranquille. Étudiant aux lycées Montaigne et Louis-le-Grand, à Paris, il est victime d'une pneumonie à l'âge de 19 ans, qui l'oblige à rester loin des bancs de l'école pendant deux ans. À la suite de cette douloureuse expérience, il décide de raccourcir son cursus. Son choix : un BTS en génie climatique. À 24 ans, diplômé, il entre dans une PME familiale du bâtiment en tant qu'ingénieur d'affaires. Une aventure qui ne durera que trois ans, car Jean-François Roubaud a l'entrepreneuriat dans le sang : "Mon père et mon grand-père étaient des chefs d'entreprise. Un schéma familial qui m'a façonné", admet-il. Ainsi, il reprend, à seulement 28 ans avec ses frères, l'entreprise Simonet, une affaire d'une vingtaine de salariés spécialisée dans le froid industriel.

Être au service des autres

À la même époque, tandis qu'il endosse tout juste son costume de patron, Jean-François Roubaud se rapproche des organisations patronales. Il rejoint le Club des jeunes entrepreneurs du syndicat du génie climatique, organisation rattachée à la Fédération française du bâtiment (FFB). Une façon pour lui de rompre avec la solitude du dirigeant et de trouver des réponses à ses questions : "J'étais jeune et j'avais l'impression d'être le plus mauvais dirigeant du monde", se remémore-t-il. Mais ce qu'il ignore, c'est qu'il va se passionner pour le syndicalisme : "14 ans plus tard, en 1986, j'étais devenu le président de ce syndicat, tout en prenant des fonctions au sein de la FFB Île-de-France."

Jean-François Roubaud vit son activisme comme un sacerdoce. Une posture qui fait écho à son éducation : "J'ai fait partie des Scouts de France de sept à 20 ans. Ils m'ont inculqué l'idée que nous sommes là pour servir les autres, pas uniquement pour gagner de l'argent", dévoile-t-il. Son implication constante le mène à siéger au conseil d'administration de la FFB, en 1992, qui, deux ans plus tard, le délègue au comité directeur de la CGPME. En 2002, il prend la tête de l'organisation, dans un contexte difficile : "Cette prise de fonction a été mon plus grand combat. Mon prédécesseur venait de démissionner, laissant notre syndicat en proie au doute. J'ai bataillé pendant un an pour ramener l'harmonie, tout en modernisant son fonctionnement", souligne-t-il.

Sa première fois
Sa première entreprise, Jean-François Roubaud la reprend à 28 ans avec son frère. Il s'agit de la société Simonet, spécialisée dans la fabrication d'équipements frigorifiques industriels. Fort de cette expérience, il prendra par la suite la tête de trois autres PME du bâtiment : JFR Invest en 1985, Delamare en 1986 et la société Mathieu-Simonet en 1997. Il vient de céder sa dernière entreprise en 2013.
Sa dernière fois

Jean-François Roubaud a mené de nombreux combats. Mais celui qui lui tient particulièrement à coeur depuis des années, et encore aujourd'hui, concerne le financement des TPE et PME. " Avec la réglementation Bâle III, les banques sont de plus en plus frileuses dès qu'il s'agit de prêter des liquidités aux petites entreprises. Je vais rencontrer en mai les présidents des banques privées pour leur dire qu'ils ne prennent pas assez de risques pour aider les TPE ", affirme le président de la CGPME. Les autres sujets qui le font bondir ? La durée minimum de 24 heures pour les contrats de travail à temps partiel qui va " engendrer des centaines de millier de chômeurs en puissance ", ainsi que la mise en oeuvre du compte de pénibilité qui est " une usine à gaz ".