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Studio Harcourt, la renaissance d'une marque mythique

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Maison de prestige de la photographie en noir et blanc, Studio Harcourt, s'appuie sur son positionnement haut de gamme pour diversifier son business. Expansion à l'international, lancement de produits dérivés, ouverture de cabines automatiques, autant de filons aussi innovants que fructueux. Focus.

Studio Harcourt, la renaissance d'une marque mythique

Studio Harcourt hier

Haut-lieu de la photographie créé en 1934, Studio Harcourt immortalise en noir et blanc les célébrités et la bourgeoisie française depuis des décennies. Durant ses heures de gloire, le studio développe plus de 18 000 portraits par an. Mais les années passent et la mode s'essouffle. La photo amateur se démocratise. C'est à seulement quelques jours de sa mise en liquidation, en février 2007, que Francis Dagnan rachète le Studio Harcourt. Passionné de photo, patron d'une PME spécialisée dans l'immobilier d'entreprise, le dirigeant dispose des fonds nécessaires au rachat.

Studio Harcourt

Studio Harcourt

Francis Dagnan, p-dg de Studio Harcourt

Il confie alors la restructuration de la maison à Catherine Renard, nouvelle dg du Studio Harcourt avec laquelle il a déjà collaboré par le passé. Pour les deux complices, nul besoin de retravailler l'image de l'entreprise, mais il faut redorer le standing de la marque. Ils embauchent cinq commerciaux qui planchent sur son renouveau : location événementielle du studio basé dans un hôtel particulier parisien, photos publicitaires pour des maisons de luxe, produits dérivés et bientôt, peut-être, une ligne de cosmétiques. "Se faire photographier chez nous est une expérience unique. Nos clients se l'offrent, comme ils s'offriraient un sac Hermès", illustre Francis Dagnan. Grâce à ces mesures, depuis le rachat, le chiffre d'affaires a été multiplié par trois.

Studio Harcourt aujourd'hui

Le positionnement haut de gamme constitue toujours l'essence même du studio. "Nous photographions Jean Dujardin et Marion Cotillard avec la même superbe artistique et artisanale que les anonymes. Et ce, pour satisfaire le même objectif : faire ressortir dans chaque cliché la beauté du client", raconte Francis Dagnan. Un créneau d'autant plus porteur que le marché du portrait reprend du poil de la bête. "Pour renforcer la notoriété de la marque, notamment dans les médias, nous veillons à participer à de multiples opérations grand public : festival de Cannes, festival du film des Champs-Élysées, etc.", développe le dirigeant.

Une stratégie exploitée par le Studio Harcourt pour accélérer son business à l'export. "En travaillant avec des partenaires locaux et surtout en exposant à moult manifestations culturelles et caritatives internationales, nous avons pu renforcer la visibilité de notre image de marque en Asie comme en Amérique Latine. Et ça fonctionne. Nous réalisons désormais 20 % de notre chiffre d'affaires dans des pays tels que la Chine, le Japon ou encore le Brésil, contre 5 % il y a trois ans", se félicite Francis Dagnan.

Au delà de l'export, Studio Harcourt poursuit sa stratégie de diversification en France. Si la location du studio pour des soirées événementielles est désormais moins porteuse, la PME profite de ces opérations pour améliorer ses ventes de produits dérivés, notamment de bouteilles de Champagne Harcourt. Diversifiant toujours plus ses activités, le dirigeant a lancé en janvier 2014 sa propre ligne de cosmétiques en avant première en partenariat avec le Bon Marché : une gamme de soins du sourcil, un parfum d'ambiance et des bougies Harcourt.

Mais le filon le plus rentable repose encore sur une dernière innovation de taille. Il s'agit du lancement fin 2011 de cabines automatiques Harcourt recourant à un process d'éclairage continu de qualité. Pas moins de 20 cabines sont installées dans des cinémas MK2, des galeries marchandes (Bon Marché, Les Printemps...) et même à l'étranger (Suisse, Belgique, Hong-Kong, Sao Paulo...), proposant la photo à l'unité à dix euros. De quoi cibler, au-delà de l'élite bourgeoise, les plus jeunes générations. Une diversification qui fait ses preuves. La PME a affiché en 2013 une croissance de 8 % !


Studio Harcourt

Activité : Photographie

Année de reprise : 2007

Forme Juridique : SA
Ville : Paris (VIIIe arr.)
Dirigeant :
Francis Dagnan, 53 ans
CA 2013 : 2,3 M€
Effectif : 15 salariés