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[Tribune] Confiance, simplicité et démocratie

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"Défiance, complexité et corporatisme". Voilà les trois "maladies" dont souffre notre pays, selon Emmanuel Macron, ministre de l'Economie. Un constat partagé par le CJD qui estime qu'un tel diagnostic n'a rien de très original et novateur. Et que le temps est venu d'administrer les remèdes !

[Tribune] Confiance, simplicité et démocratie

Passer de la défiance à la confiance : c'est le titre d'un rapport du CJD remis il y a plus de dix ans déjà au gouvernement d'alors. Ce travail visait à remédier aux relations souvent difficiles et conflictuelles entre administrations et entreprises. La PME réussit aujourd'hui à fédérer les collaborateurs et les différents acteurs de son territoire. La confiance est là. La PME est le seul médicament efficace et reconnu pour l'emploi ; la quasi-totalité des créations nettes d'emplois salariés ces dernières années est générée par les entreprises de proximité. Mais la confiance des pouvoirs publics reste encore à conquérir, et ce malgré les discours volontaristes relayés par les médias.

Un exemple ? La loi Hamon sur le droit d'information des salariés en cas de vente, qui montre à quel point l'enfer est pavé de bonnes intentions. Ce texte impose aux entreprises de moins de 250 salariés d'informer les salariés de l'intention de vendre la société au moins deux mois à l'avance. Et ce pour que les salariés puissent proposer une offre de reprise. Noble ambition. Mais cette période que représente la cession d'entreprises, souvent inconfortable, va de surcroît devenir incertaine. Quid de la motivation des salariés ? Quid de la confiance de l'acheteur, fragilisée par le risque d'invalidation ? Et quid de la simplification des formalités de cession ? Plutôt que de faire confiance aux différents acteurs impliqués, l'État légifère ! L'entreprise est aujourd'hui soumise à une contrainte supplémentaire alors qu'en parallèle, le ministre de l'Économie dit vouloir simplifier.

L'entreprise est fragilisée alors qu'en cette période tout doit être fait pour la renforcer. Et derrière la confiance prônée dans les discours se cachent en réalité bien des soupçons. Paradoxal...

Richard Thiriet

Ces phénomènes troublants trouvent une explication quand nous portons notre regard vers la troisième maladie dont souffre notre pays : le corporatisme. Ceux qui composent notre gouvernement ou siègent à l'Assemblée Nationale sont dans leur quasi-majorité de purs produits de la fonction publique. Les PME constituent une galaxie qu'ils n'ont jamais explorée, ni approchée de près ou de loin. Mais il y a pire. Leurs collaborateurs appartiennent au même monde qu'eux, parfois issus des mêmes écoles, des mêmes corps. Ils voient les problèmes au travers des mêmes lunettes. Voilà pourquoi avec la meilleure volonté du monde, nos dirigeants politiques continuent à perpétuer les mêmes schémas et à commettre les mêmes erreurs.

La diversité, thème dont le CJD s'est emparé depuis des années, doit également irriguer la vie politique. S'ouvrir au différent, casser l'esprit de corps, c'est bien souvent trouver des solutions aux problèmes réputés insolubles ou récurrents. Osons impliquer ceux qui sont concernés au premier chef par les décisions et qui sont au fait des réalités économiques de notre pays. Gageons que les décisions seront alors mieux acceptées.

"Confiance, simplicité et démocratie". C'est par davantage de démocratie que la confiance et la simplicité seront enfin établies dans notre pays. C'est dans cet environnement que les PME continueront à vivre et à générer des emplois sur leur territoire.