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[Tribune] Le chômage n'est pas une fatalité

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Richard Thiriet est le président national du Centre des jeunes dirigeants (CJD) depuis juillet 2014. Il porte son regard sur notre société et sur les défis qui se dressent devant elle. Le plus impérieux : le développement de l'emploi sur nos territoires. Voici ses quatre solutions.

[Tribune] Le chômage n'est pas une fatalité

Depuis sa création, le CJD s'est toujours emparé des grandes questions qui traversent la société. En 1938, peu après l'arrivée au pouvoir du Front populaire, le Centre des Jeunes Patrons (CJP) secouait le monde patronal en développant l'idée que l'entreprise était au service des hommes qui la composent et que la légitimité du chef d'entreprise reposait uniquement sur sa compétence. Trente ans plus tard, alors qu'il était "interdit d'interdire", le CJP devenu CJD ouvrait l'entreprise au dialogue social en reconnaissant la légitimité aujourd'hui incontestée de la représentativité des salariés dans l'entreprise.

En prenant le mandat de président national du CJD en 2014 et au lendemain de la conférence sociale, je porte mon regard sur notre société et sur les défis qui se dressent devant elle. Le plus impérieux de ces défis est sans aucun doute le développement de l'emploi sur nos territoires.

C'est cette thématique que nous souhaitons et devons porter pour les deux années à venir au CJD, en approfondissant des réflexions déjà menées au sein du réseau, mais aussi en permettant aux entreprises de se les approprier en les expérimentant. Les leviers de la création d'emplois dans notre pays ont leur source dans quatre révolutions qu'il nous faut négocier au mieux :

- La révolution numérique : depuis 20 ans, les technologies de l'information et de la communication bouleversent notre économie et ce n'est qu'un début. C'est cette révolution qui générera les emplois de demain. Il faut préparer au mieux nos entreprises aux changements qui se dessinent pour leur permettre de peser sur l'avenir. Parce qu'il fait évoluer nos habitudes de consommation, le numérique nous oblige à repenser les métiers de l'entreprise. Nous nous dirigeons vers "l'économie de la fonctionnalité". L'usage du produit prend irrémédiablement le pas sur sa propriété. Par exemple, nous ne voulons plus acquérir de voitures, mais avoir accès à des solutions de mobilité. Nous bifurquons ainsi vers une économie de l'immatériel, rendue possible par l'avènement du numérique. Nos entreprises doivent prendre conscience de cette mutation profonde de notre économie pour mieux s'y préparer et pour adapter son offre et définir les compétences dont elle aura besoin.

- La révolution managériale : les technologies ont favorisé l'émergence du fonctionnement en réseau. Ces nouvelles organisations nous obligent à repenser la gouvernance de nos entreprises, composées de plus en plus par de véritables intrapreneurs qui brisent les codes des organisations hiérarchiques traditionnelles. Pour développer l'emploi, il faut aussi rendre les entreprises attractives et les mettre en capacité d'attirer les potentiels, en particulier en favorisant l'autonomie des collaborateurs et l'expression de leur créativité.

- La révolution collaborative : le fonctionnement en réseau impacte les relations dans l'entreprise, mais aussi entre entreprises. L'heure est aux alliances et à la coopération pour conquérir de nouveaux marchés. L'entreprise solitaire est fragile ; l'entreprise solidaire est agile. La croissance et l'emploi passent par ce changement de posture. Aujourd'hui, le mode collaboratif ne relève plus d'un choix, mais d'une nécessité : nous ne pouvons plus faire autrement.

- La révolution réglementaire : notre pays peut arrêter de perdre des emplois ; il peut même en gagner. Mais cela nécessite d'engager des réformes fortes, comme la stabilisation de notre fiscalité ou la simplification de notre code du travail. Il faut oxygéner l'environnement de l'entreprise pour lui permettre de respirer et de se développer. C'est une évidence à constamment rappeler : il n'y aura pas de création d'emplois sans un écosystème favorable à l'entreprise.

Nous sommes persuadés au CJD que le chômage n'est pas une fatalité en France. Nous sommes persuadés que notre avenir est encore à écrire. C'est l'ambition du CJD que d'y contribuer activement, afin de réaliser sa promesse fondatrice : mettre l'économie au service de l'Homme.

Biographie

©1er-Plan_B. ASTORG

©1er-Plan_B. ASTORG

Richard Thiriet est président du groupe CNI, expert depuis 40 ans dans le travail du métal et implanté à Montoir-de-Bretagne en Loire-Atlantique. En 2003, après des études à l'ESTP associées à un master Entrepreneuriat à HEC puis un passage chez Bouygues, il reprend la société CNI. A compter de 2010, l'entrepreneur étend ses activités par la création de nouvelles entreprises pour créer une synergie groupe. En 11 ans, son action a permis de maintenir 23 personnes en CDI et de créer 22 emplois durables supplémentaires. Membre du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) d'entreprise depuis 2004, Richard Thiriet a été président du CJD Saint-Nazaire Loire & Mer de 2005 à 2007 puis président du CJD Pays de la Loire de 2012 à 2014.