Mon compte Devenir membre Newsletters

SaaS, ce qu'il faut savoir avant de s'engager

Publié le par

Plus souple et financièrement séduisant, le SaaS monte en puissance en matière de comptabilité ou de gestion de la relation client. Mais ne vous lancez pas les yeux fermés, car les offres, de qualité variable, ne vous correspondent pas forcément.

SaaS, ce qu'il faut savoir avant de s'engager

On peut le dire façon Steve Jobs, en proclamant que c'est une "révolution" ! Et Grégoire Leclercq, président d'Itool Systems, pionnier du SaaS en France, ne s'en prive pas. À ses yeux, le développement rapide du "software as a service" a bel et bien révolutionné la gestion des entreprises en général, et celle des TPE et des PME en particulier. Ce n'est pas faux... mais pas si simple. Sur le papier, choisir d'utiliser des logiciels en ligne de comptabilité ou de relation client (CRM) semble, en effet, ne présenter que des avantages : grâce à une simple connexion web, un prestataire vous assure l'accès permanent depuis n'importe quel poste, dans l'entreprise comme à l'extérieur, à des logiciels régulièrement mis à jour. Les données sont stockées dans le cloud avec un niveau de fiabilité élevé, les prestataires assurant la double sauvegarde par redondance. Mais cette solution serait surtout particulièrement économique : plus besoin d'investir lourdement dans un système informatique complexe (achat de serveurs, licences, maintenance). Le montant de l'abonnement varie en fonction du nombre d'utilisateurs et de logiciels compris dans l'offre mais reste modeste, en général de 30 € à 50 € par mois et par personne. Bref, avec le SaaS, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes numériques.

Auditez vos besoins

Est-ce pertinent, pour vous ? "Le SaaS est un phénomène de mode, mais attention, il n'est pas du tout évident que cela coûte moins cher, et il n'est pas garanti qu'il n'y aura aucun problème technique, avertit Emmanuel Tournade, p-dg d'Auranext, prestataire de services informatiques. Avant de migrer vers le cloud, il faut adopter une démarche pragmatique et chiffrer les coûts réels qui disparaissent. Fondamentalement, le SaaS, c'est troquer de l'investissement contre des charges liées à l'usage. Si je suis au tout début de l'amortissement de mon infrastructure informatique, avec par exemple un ou plusieurs serveurs, ça n'est pas forcément une bonne idée. En revanche, si je sais que, de cette manière, j'économiserai un poste d'informaticien, ça devient intéressant... De même, les entreprises multisites y ont, bien sûr, tout intérêt, car cela va forcément réduire leurs coûts de fonctionnement." Votre premier réflexe devra donc être de faire appel à un consultant, de préférence indépendant des prestataires. Après examen des besoins réels de la société, il pourra vous indiquer s'il est pertinent de sauter le pas... ou urgent d'attendre. Dans la première hypothèse, ne foncez pas tête baissée. Il peut être judicieux de migrer vers le SaaS pour le CRM et de conserver sa compta en interne... ou l'inverse, chaque entreprise étant un cas particulier. En tout état de cause, n'hésitez pas à faire jouer la concurrence, en gardant à l'esprit que le SaaS ne propose pas du sur-mesure, mais des services très standardisés. Et la plupart du temps, ce sera à vous de vous adapter, en changeant, le cas échéant, vos habitudes de travail. Reste à choisir son prestataire, ce qui n'est pas aisé, car une bonne centaine se bousculent, aujourd'hui, sur le marché, des mastodontes aux petites structures régionales. Et il est parfois plus judicieux de s'adresser à un prestataire de proximité qu'on pourra contacter facilement, voire rencontrer en cas de problème. Une fois le choix arrêté, pensez à votre historique de données. Certains prestataires en proposent l'intégration à un prix raisonnable... d'autres en profitent pour réaliser une marge indécente. Au-delà de 1000 €, soyez vigilant.

Mot clés : CRM |

Joël Rumello