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L'accès au crédit reste compliqué pour les TPE

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Selon l'enquête trimestrielle de la Banque de France, les entreprises continuent à accéder aisément au crédit. Si ces statistiques font état d'une amélioration, la réalité est différente pour les TPE, dont les demandes de crédits de trésorerie ne sont pas toujours satisfaites.

L'accès au crédit reste compliqué pour les TPE

L'enquête trimestrielle de l'accès au crédit des entreprises dévoilée par la Banque de France mardi 20 octobre 2015 est plutôt optimiste. Au troisième trimestre 2015, la croissance du crédit aux PME reste dynamique, se stabilisant autour de 2,3%. Autre signal positif : "la France reste le premier pays en terme de taux de croissance des crédits bancaires avec une augmentation de 3,2% contre 0,4% pour la zone euro", estime Jacques Fournier, directeur général des statistiques de la Banque de France.

Il serait donc aisé de penser qu'il n'y aurait plus de problème d'accès au crédit pour les entreprises tricolores. Et de s'en réjouir. Ces statistiques doivent toutefois être relativisées car, à y regarder de plus près, la situation est un peu moins rose pour les petites structures. Selon l'enquête trimestrielle de la Banque de France, les crédits des micro-entreprises et des TPE (de moins de 10 salariés, réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 2 millions d'euros) diminuent légèrement au second trimestre 2015. C'est notamment le cas des crédits de trésorerie qui accusent un recul de 1,6% sur un an.

"Nous constatons que la répartition des crédits n'est pas optimale avec une hausse des crédits immobiliers (3,2%), et à l'équipement (1%). La baisse des crédits de trésorerie doit toutefois être relativisée par la proportion des flux de trésorerie qui ne représentent que 8% des encours des crédits aux micro-entreprises, ce qui reste faible", analyse Jacques Fournier.

De l'autocensure dans les demandes de crédits?

"Si l'offre de crédit reste abondante, il faut garder une part de vigilance pour les TPE"

Ces chiffres témoignent donc des difficultés financières des petites entreprises, et de leur faible capacité à anticiper une reprise d'activité. Conséquence directe : les TPE ont effectué un peu moins de requêtes de financement qu'au trimestre précédent. "Les sollicitations de crédit de trésorerie restent faibles autour de 9%", souligne Jacques Fournier. La conjoncture explique-t-elle pour autant à elle seule la baisse des demandes ? Pas vraiment. Certains dirigeants anticiperaient toujours un refus de leur établissement bancaire. Selon l'étude en effet, les demandes de crédits de trésorerie d'une TPE sont moins satisfaites. Elles tombent à 59%, contre 65% le trimestre précédent -contre 74% pour une PME-.

Par ailleurs, l'enquête montre que l'écart des taux d'intérêts des crédits est un peu plus prononcé entre les secteurs du bâtiment et des services. L'écart étant sensiblement plus élevé dans le secteur du BTP, "en raison des moins bonnes cotations qui peuvent créer un facteur de risque et une incertitude pour les établissements bancaires", analyse Jacques Fournier.

Si globalement l'offre de crédit reste abondante, "il faut garder une part de vigilance pour les TPE", estime le directeur général des statistiques de la Banque de France.

Vers une meilleure distribution des crédits?

La situation peut-elle s'améliorer et la distribution globale des crédits repartir ? Pas si sûr à regarder les premières tendances de l'activité des TPE dévoilées par la Fédération des centres de gestion agréées (FCGA). "L'indice d'activité est à la baisse depuis le début de l'année, -1,3% précisément. L'éclaircie annoncée ne se traduit donc pas encore au niveau des petites entreprises", conclut Yves Marmont, président de la FCGA.

Méthodologie : enquête trimestrielle auprès d'entreprises de l'industrie, des services et du bâtiment sur leur accès au financement bancaire : 4000 PME ainsi que 2400 TPE grâce à un partenariat avec la Fédération des Centres de Gestion agréées (FCGA)