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Fin du RSI : ce qui va changer pour vous en 2018

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Fin du RSI : ce qui va changer pour vous en 2018

Au 1er janvier 2018, le RSI disparaît. Les artisans et commerçants dépendront du régime général pour leur protection sociale. Un changement qui devrait être indolore pour eux.

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Article mis à jour mardi 13 mars 2018

Le RSI, c'est fini. Au 1er janvier 2018, la protection sociale des indépendants sera désormais assurée par le régime général. Une promesse de campagne présidentielle, intégrée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Et une nouvelle qui a vraisemblablement de quoi réjouir les indépendants qui, à la création du régime en 2006 et au-delà, avaient eu à subir de nombreux désagréments relatifs notamment à leurs cotisations.

Reste cependant, pour eux, à savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Une conférence de presse organisée conjointement par l'agence centrale des organismes de sécurité sociale, l'Assurance maladie, l'Assurance retraite et le RSI, mercredi 13 décembre 2017 à Paris, a permis d'apporter quelques réponses.

"Il ne s'agit pas d'un Big Bang, avance Dominique Giorgi, Inspecteur général des affaires sociales, chargé de la mise en place et de l'animation de la feuille de route pour cette réforme. Autrement dit, la révolution ne se fera pas en un jour".

Une période transitoire de deux ans, jusqu'en 2020, a ainsi été mise en place dans l'idée de sécuriser les changements. L'une des grandes lignes est de maintenir la qualité de service, ainsi que les spécificités des protections sociales des indépendants. "Nous unifions mais nous n'uniformisons pas", précise le spécialiste. A titre d'exemple, l'action sanitaire et sociale restera dans sa situation actuelle.

La réforme : quels effets ?

Concernant 6,5 millions d'indépendants, la réforme acte, au 1er janvier 2018, le transfert de responsabilités du RSI au régime général (Assurance maladie, Assurance retraite et Urssaf) sur trois points : recouvrement des cotisations, retraite et maladie.

Jusqu'alors, le recouvrement des cotisations dépendait à la fois des Urssaf et du RSI. D'ici à 2020, l'Urssaf deviendra le seul interlocuteur pour l'ensemble des démarches liées à ce sujet. "La réforme introduit une gestion totalement unifiée du processus de recouvrement", explique Eric Le Bont, directeur national du recouvrement des travailleurs indépendants à l'Acoss, caisse nationale du réseau des Urssaf.

En plus de ses responsabilités habituelles, l'Urssaf deviendra l'interlocuteur unique pour l'affiliation ou la radiation ou encore l'aide aux cotisants en difficulté, qui jusqu'ici dépendaient du RSI. Sur la question des délais de paiement, des dérogations pourront être accordés à titre préventif pour les travailleurs indépendants anticipant des difficultés.

Simplifier les démarches

Même ambition de simplification s'agissant des retraites. Là, l'idée est de prendre davantage en compte la diversité des parcours professionnels. Si de moins en moins de personnes ont, tous statuts confondus, une carrière linéaire, 95 % des indépendants ont auparavant été salariés. A ce titre, ils dépendent de plusieurs régimes de base pour leur retraite. En 2020, ils ne dépendront plus que de l'assurance retraite, ainsi que de l'Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire salariée.

Un effort sera également fait sur l'offre digitale pour homogénéiser les prestations en ligne du RSI et de la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse). Pour les retraités, davantage de prestations, comme la demande d'historique ou d'attestation de paiement, devraient être disponibles.

Enfin, s'agissant de l'assurance maladie, les assurés ont aujourd'hui deux interlocuteurs : mutuelle ou assurance, et RSI, selon les sujets à traiter. Ils en auront un seul en 2020 (la Caisse primaire d'assurance maladie), et dès 2019 pour les travailleurs indépendants qui créent leur entreprise à compter de cette date. Un indépendant qui s'installe en septembre 2018 dépendra, pour la fin de l'année 2018 et 2019, de l'ancien régime, avant de basculer en 2020 comme les autres.

L'idée, là encore, est de gagner en simplicité, ainsi qu'en temps et en efficacité pour le traitement des demandes. Par exemple, pour le versement des indemnités journalières, le délai moyen devrait diminuer, avec "environ vingt jours de gagné en 2020", estime Aurélie Combas-Richard, directrice de projet à la Cnamts. Il s'établit à 65 jours en moyenne aujourd'hui. Même amélioration prévue concernant le taux de décroché téléphonique, de 82 % en moyenne au RSI, à "minimum" 90 % pour l'assurance maladie.

Quels changements au 1er janvier ?

Avec la réforme, aucun changement sur les règles des cotisations ni les versements des remboursements et prestations n'est prévu dans l'immédiat. Par ailleurs, "tous les travailleurs indépendants bénéficieront d'une baisse de cotisation famille de 2,15 points qui neutralisera l'impact de la hausse de la CSG", précisent les parties prenantes. À cela s'ajoute le renforcement de l'exonération des cotisations d'assurance maladie et maternité jusqu'à 43 000 euros, pour plus de 1,5 million d'indépendants, selon conditions.

Concrètement, ce qui change au 1er janvier, c'est le transfert de responsabilités au régime général. Ce changement ne devrait pas avoir d'impact immédiat pour les assurés. Durant la période transitoire, ils gardent leurs contacts habituels (interlocuteurs, numéros de téléphone, points de contact physiques).

En revanche, un changement de nom est opéré. Les caisses du RSI deviennent les agences de Sécurité sociale des travailleurs indépendants. Elles assureront les services habituels au nom du régime général. Pour marquer ce changement, une nouvelle identité graphique a été créée. Le site du RSI devient le portail www.secu-independants.fr. Un tournant symbolique dans la protection sociale des travailleurs indépendants.

La disparition du RSI constitue un changement de taille pour les indépendants, acté dans un décret du vendredi 9 mars 2018, publié au Journal Officiel du dimanche 11 mars 2018. Ce texte précise les modalités de la mise en oeuvre de la protection sociale des artisans et des commerçants. Il apporte, notamment, des précisions sur le comité de pilotage et le comité de surveillance de la réforme prévus par la loi (composition, fonctionnement). Encadrant les évolutions actuelles et à venir.

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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