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La LLD, du sur mesure pour les PME

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En associant loyer et services dans des packs "tout inclus", les loueurs longue durée (LLD) répondent de mieux en mieux aux attentes des PME. Cependant, d'autres formules méritent d'être considérées, notamment pour les véhicules qui roulent peu.

La LLD, du sur mesure pour les PME

Avec un taux de pénétration de seulement 24 % au sein des PME, les loueurs de véhicules longue durée passent désormais à l'offensive pour convaincre les patrons des atouts de ce mode de gestion. "La LLD assure une parfaite transparence sur les coûts prévisibles au cours de la durée du contrat sans risque lié à la revente des véhicules", affirme Patricia Caulfuty, directeur de la performance commerciale d'Arval France. D'autant que les formules tendent vers le tout inclus avec des bouquets de services associant maintenance, assistance, assurance, pneumatiques...

Chez Arval, dès le premier niveau de prestation ("pack basic"), dans le cas où le véhicule a été volé ou réduit à l'état d'épave, l'assurance couvre la perte financière correspondant à la différence entre la valeur de l'indemnisation après l'expertise du véhicule et le montant des loyers qui reste dû jusqu'à l'échéance normale du contrat.

Des offres plus ciblées

De son côté, Lease Plan a innové pour répondre à une crainte des PME à l'égard de la LLD : supporter des frais de remise en état parfois élevés lors de la restitution du véhicule au loueur. "Depuis 2016, nos contrats d'assurance tous risques incluent une couverture des frais de remise en état à concurrence de 1 200 euros TTC, rappelle Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing de Lease Plan France. Comme il n'y a pas de franchise, l'entreprise ne paie rien tant que les frais ne dépassent pas ce montant. Au-delà, elle s'acquitte de la différence."

Autre type d'innovation chez Alphabet : la prise en compte des difficultés des PME à passer à la LLD quand elles possèdent déjà une flotte de véhicules dont les dates de mise en circulation varient. "Lorsque l'entreprise nous commande des véhicules neufs en LLD, nous rachetons ceux qu'ils remplacent à un prix correspondant à leur valeur nette comptable. Nous l'estimons à partir des informations de la carte grise et des factures du client", détaille Cédric Marquant, directeur marketing et business development.

Les constructeurs ne sont pas en reste, comme chez Fiat Chrysler Automobiles, qui vient de lancer Be Free Pro. Cette formule permet au souscripteur d'un contrat de 48 mois et 200 000 kilomètres de rendre son véhicule sans aucune pénalité à partir du 25e mois de location.

Comparer les modes de détention

À condition de retenir une analyse en coût complet, la comparaison entre la LLD et d'autres formules de financement aboutit à un avantage en sa faveur de l'ordre de 15 % en moyenne. Pourtant, certaines entreprises préfèrent acheter leurs véhicules et pratiquer des durées d'amortissement bien plus longues que les quatre ou cinq années qui sont la norme pour ce type d'actif.

Mais, en roulant huit à neuf ans, contre trois à quatre ans en LLD, cet avantage est en partie annulé par des coûts d'entretien exponentiels et par une valeur résiduelle du véhicule quasi nulle. Sans compter le risque de se priver des évolutions des nouveaux modèles. Entre deux générations de VUL, par exemple, l'écart de consommation peut atteindre un litre de gasoil pour 100 kilomètres. Un différentiel non négligeable quand on sait que le carburant représente 25 % du coût total de possession (TCO) d'un véhicule. Surtout, en LLD, l'entreprise n'a pas à se soucier du prix de cession, pas plus que de trouver des acquéreurs sur le marché de l'occasion.

Cependant, lorsqu'un véhicule roule moins de 15 000 kilomètres par an, l'entreprise peut avoir intérêt à le conserver plus longtemps. Dans ce cas, le recours au crédit-bail va permettre d'en lisser le financement en pratiquant des mensualités plutôt élevées et en offrant, en contrepartie, une valeur de rachat très faible en fin de contrat (souvent moins de 15 % du prix neuf). Cette formule implique toutefois d'être capable de se passer des services offerts par un loueur pour entretenir le véhicule et, surtout, d'être capable le revendre.

L'innovation du buy-back

Nouvelle variante du crédit-bail, le buy-back est un prêt bancaire associé à un engagement de reprise du véhicule à une valeur de marché. Autrement dit, le distributeur qui a vendu les véhicules à l'entreprise a l'obligation de les lui racheter au prix et au moment prévu, si elle le souhaite. Théophane Courau, p-dg de Fatec, une PME marseillaise de 70 salariés, y voit plusieurs avantages : "Quand l'entreprise négocie l'achat de ses véhicules, elle bénéficie d'une prime de volume de la part du constructeur. Celle-ci est de l'ordre d'un point et est habituellement dévolue au loueur. Par ailleurs, le financement bancaire est moins cher, avec un taux de 1 % environ sur trois ans, contre 2 à 3 % via la LLD."

Diac Location, la captive financière de l'Alliance Renault-Nissan, propose une formule de buy-back baptisé "Easy pack pro". "L'option d'achat est à un niveau de reprise proche de celui de la LLD, fait valoir Vincent Hauville, directeur général délégué de Diac Location. En outre, cette formule permet à l'entreprise de réduire la durée d'amortissement de ses véhicules tout en lui laissant la liberté de sortir du contrat."

Cette solution intermédiaire attire les PME pour leurs véhicules spécifiques. "Dans le cas d'utilitaires avec des grues ou des nacelles, voire de fourgons frigorifiques, il peut être intéressant de les amortir sur cinq ans avant de les acquérir. En effet, la LLD a du mal à valoriser ce type de véhicule en occasion", analyse Vincent Hauville. Les PME ont désormais une large palette de solutions à disposition pour s'adapter à chaque cas, en tenant compte de leur situation financière et des conditions d'utilisation de leur part.

Segmenter les modes de financement

Avant de choisir un mode de financement, les entreprises doivent analyser le coût d'utilisation de leurs véhicules, leurs habitudes et les moyens disponibles en interne pour la gestion de leur parc. "À partir de 30 000 km par an, la LLD s'avère intéressante en permettant des fréquences de renouvellement rapides", estime Yann Guillaud, analyste des flottes automobiles d'entreprise chez Euklead.

En revanche, en deçà de 15 000 km/an, le crédit-bail devient plus adapté pour conserver des véhicules pendant six ans, par exemple. À condition d'éviter les modèles en fin de vie, même remisés, et de les choisir dans des gammes supérieures afin qu'ils restent attractifs pour les utilisateurs. "Entre 15 000 et 30 000 km, on raisonnera au cas par cas, en tenant compte des conditions d'utilisation des véhicules pour anticiper leur état en fin de contrat", conclut-il.