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Comment les PME résistent-elles aux chocs?

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Depuis plus de dix ans, les PME encaissent les coups, mais comment font-elles pour s'en sortir? Une étude du groupe Afnor révèle que les entreprises gèrent leurs risques de manière instinctive. Leur stratégie est fondée avant tout sur l'expérience du dirigeant.

Comment les PME résistent-elles aux chocs?

Face aux problèmes d'impayés ou à un environnement économique incertain, les dirigeants privilégient-ils plus l'action que l'attentisme? Pas si sûr... Le groupe Afnor, Generali et CSA ont analysé les comportements et les stratégies mis en place par les dirigeants pour résister aux chocs. L'étude publiée lundi 15 juin 2015 fait ressortir quatre typologies d'entreprises. Celles qui ont mis en place de manière anticipée des mesures contre les risques, et qui n'ont pas connu de défaillance. Elles concernent (seulement) 23% des PME. "Elles ont su prévenir les difficultés en mettant en place des dispositifs d'anticipation et de vigilance à tous les niveaux", commente l'enquête.

64 % des PME ont mis en place des mesures mais sont toutefois confrontées à des difficultés : 32 % d'entre elles ont vécu dans le passé des difficultés qui les ont poussées à mettre en place des mesures d'anticipation leur permettant de faire redémarrer leur activité. Ces PME restent ensuite prudentes quant à la gestion de leurs risques. L'autre moitié (32%), en difficulté manifeste, n'est pas totalement consciente de la menace que peuvent représenter certains risques pour leur activité. Aussi, ces structures mettent-elles en place des mesures d'anticipation et de vigilance mais qui ne constituent pas les bonnes réponses à leurs faiblesses et ne leur assurent pas une très bonne maîtrise des risques.

Les 13% des entreprises restantes n'ont pas pris de mesures. Il s'agit là de PME moins expérimentées, plus concentrées sur leur activité et peu conscientes des difficultés pouvant les menacer. Elles ont tendance à gérer les difficultés quand elles se présentent, et souffrent donc d'une baisse d'activité.

Une gestion des risques instinctive

Les principales causes de défaillance citées par l'ensemble du panel sont liées à des raisons opérationnelles (66%), au contexte économique (63%), et à des causes financières (59%). "Si globalement, les dirigeants sont conscients des risques qui pèsent sur leur activité, ils gèrent leurs risques de manière instinctive. La plupart des entreprises ont mis en place des mesures d'anticipation et de vigilance mais leur stratégie est fondée avant tout sur l'expérience du dirigeant", note l'étude.

Pour mieux résister aux chocs, les PME considèrent la formation des collaborateurs comme le premier levier pour les aider à se prémunir contre les risques (citée par 88 % des dirigeants d'entreprise). Suivent la mise en place d'une culture de sécurité (79 %) et de méthodes et outils permettant d'analyser la vulnérabilité de l'entreprise (76 %). L'évolution des systèmes de management et la souscription d'un plan d'assurance sont citées par 50 % et 46 % des dirigeants d'entreprise.

Méthodologie:

Les interviews ont été réalisées par téléphone auprès de 300 dirigeants de PME, tout secteur d'activité confondu, de 20 à 249 salariés, dont le CA est inférieur à 50 millions d'euros, représentant un échantillon significatif du tissu économique français. Cette étude quantitative, réalisée entre janvier et février 2015, a été complétée d'une série d'entretiens en face à face.