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Les PME peinent à retrouver leur niveau de rentabilité d'avant crise

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Si l'activité des petites et moyennes entreprises s'est améliorée depuis la crise financière de 2008, leur niveau de rentabilité reste trop faible, d'après une étude de l'Observatoire de l'information financière établie par l'association ATH.

Les PME peinent à retrouver leur niveau de rentabilité d'avant crise

À l'instar des entreprises de taille intermédiaire (ETI), l'activité des PME s'améliore chaque année depuis 2009. D'après une étude quantitative de l'Observatoire de l'information financière réalisée par l'association ATH, les petites et moyennes entreprises françaises ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 14,7 % entre 2008 et 2016. Une hausse qui permet de couvrir l'inflation, estimée à 7,5 % sur la période. Mieux, l'activité en 2016 a augmenté de 2,7 % pour les PME tandis que l'inflation s'est stabilisée à un niveau quasi-nul.

Pourtant, la large enquête de l'Observatoire - qui réunit les données de 13 848 PME - met en avant le sinueux chemin des entreprises françaises à retrouver un seuil de rentabilité qui dépasse le niveau d'avant-crise (2008). Bien que le résultat d'exploitation des PME en 2016 retrouve sensiblement le niveau de 2008, bien aidé par deux dernières années, 2015 et 2016, relativement fortes à respectivement +4,1 % et +6,4 %, l'évolution reste malgré tout négative de 0,6 point.

Principaux indicateurs PME (c) Observatoire ATH

Principaux indicateurs PME (c) Observatoire ATH


Une rentabilité à la peine

Une situation toujours compliquée d'après les analystes, auteurs de l'étude, pour qui "ce taux représente une très faible rémunération du risque. Il reste insuffisant pour faire face à la moindre difficulté nouvelle qui pourrait arriver aux entreprises".

D'autant plus, que sur les neuf dernières années, le taux du résultat net moyen par rapport au chiffre d'affaires des petites et moyennes entreprises est resté stable (+ 0,1 point), malgré une augmentation de 20 % du résultat net, passé de 301 000 euros pour 2008 à 363 000 euros en 2016.

D'autre part, si la capacité d'autofinancement des PME augmente en moyenne de 12,6 % sur la période 2008-2016, le taux de capacité d'autofinancement moyen sur le chiffre d'affaires demeure stable sur les huit dernières années, à -0,1 point.

L'Observatoire relève néanmoins un point positif concernant la structure financière des PME. Leur trésorerie s'est constamment améliorée depuis 2008. Elle progresse même de 48,1 % en neuf ans, passant de 779 000 euros en 2008 à 1,15 million d'euros en 2016. Cette amélioration des liquidités des entreprises permet également de voir les niveaux de capitaux propres à l'entreprise croître de 47,4 % depuis 2008. En revanche, leur taux d'endettement diminue de 6,6 points. Un phénomène qui traduit le très lent rétablissement des PME depuis la crise financière.

Des disparités sectorielles

Dans le détail, les résultats de l'étude mettent en avant l'existence de disparités sectorielles. Si en termes de chiffre d'affaires, tous les secteurs - BTP, industrie, commerce et services - voient leur activité progresser sur les neuf dernières années, leur profitabilité est plus disparate.

Le BTP est en effet le secteur ayant le plus subit la crise financière. Il met également du temps à voir la situation repartir. Le résultat d'exploitation des PME du secteur du bâtiment et des travaux publics a diminué de 39 points entre 2008 et 2015, même s'il repart à la hausse depuis un an (+4 %). À l'inverse, si le commerce voit son résultat d'exploitation légèrement augmenter en neuf ans (5,6 %), le secteur des services réalise de belles performances avec + 17,4 % de résultat d'exploitation.

La capacité d'autofinancement est également différenciée. Si le montant moyen s'établit à 499 000 euros en 2016, elle recouvre en revanche des différences assez larges. Le BTP stagne à 296 000 euros tandis que les services ou l'industrie voient leur capacité d'autofinancement progresser et s'établir respectivement à 677 000 et 603 000 euros.

Méthodologie :

L'étude 2017 de l'Observatoire de l'information financière des PME a été réalisée par l'association ATH réunissant des cabinets d'audit et d'expertise comptable. Cette analyse comparée de l'évolution financière de 13 848 PME non cotées et non filiales de sociétés cotées a été réalisée sur la période 2008 à 2016. Le panel agrège les résultats d'entreprises dont les effectifs sont compris entre 10 et 250 salariés et réalisant un chiffre d'affaires compris entre deux et 50 millions d'euros.