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PME : 5 conseils pour sauver votre entreprise du dépôt de bilan

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Vous faites partie des 500 000 entreprises en difficulté en France ? Pas de panique. Les recours pour éviter le dépôt de bilan sont nombreux. Pour agir au mieux, caractérisez vos difficultés et suivez nos conseils.

PME : 5 conseils pour sauver votre entreprise du dépôt de bilan

1. Suspendez les poursuites à temps

N'attendez pas que les indicateurs soient au rouge écarlate pour prendre des mesures. Dimitri Pivot, fondateur et président de Second souffle, une association membre du Portail du rebond, le martèle : "Une entreprise se suffit à elle-même". Si vous commencez à injecter des fonds personnels ou contracter une caution sur votre habitation, c'est donc qu'il y a un problème. "Cela doit être le premier signe d'alerte", souligne-t-il.

Un feu clignotant que les chefs d'entreprise ne veulent souvent pas voir. "En général, les sociétés qui nous appellent sont déjà quasiment en cessation de paiement", déplore le président de SOS Entrepreneur Bruno Delcampe, qui a lui-même perdu une entreprise d'une centaine de salariés après la crise de 2008. Il vaut mieux anticiper pour ne pas agir dans l'urgence.

"On commence par avoir du mal à payer sa TVA et l'Urssaf", avertit Agnès Bricard, président d'honneur du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables. À ce moment précis, selon l'experte, il faudrait avoir le réflexe du mandat ad hoc, procédure préventive et confidentielle de règlement amiable des difficultés, avant que l'entreprise ne se trouve en cessation des paiements.

"Le jour même, vous obtenez une attestation qui suspend les poursuites fiscales et sociales", explique-t-elle. Un modèle de requête est disponible en ligne et, depuis quelques années, vous pouvez proposer le nom d'un expert économique ou financier que vous souhaitez voir désigné comme votre mandataire. Elle, conseille de se rendre au tribunal de commerce avec un prévisionnel, éventuellement un avocat.

"Bien sûr, toutes ces procédures ont un coût. Mais il faut bien se soigner !" C'est pourquoi, à la manière d'une mutuelle, il existe une assurance santé des entreprises pour le remboursement des honoraires des accompagnants.

2. Ciblez la bonne procédure

Avez-vous envie de continuer l'aventure ? Maître Ketty Leroux, avocate en droit des affaires, le demande à chacun de ses clients. "Il faut parfois aider un chef d'entreprise à prendre conscience que le marché n'existe plus", souligne Bruno Delcampe.

Si la réponse est oui, attention à "ne pas se tromper de procédure", met en garde Maître François Legrand, mandataire judiciaire et président de l'IFPPC (Institut français des praticiens des procédures collectives), organisation territoriale qui regroupe les professionnels du "droit et du chiffre" des entreprises en difficulté (administrateurs et mandataires judiciaires, avocats, experts-comptables, commissaires aux comptes, etc.)

Il est essentiel de prendre le recul nécessaire pour cibler ses difficultés et ainsi adopter la bonne stratégie. "Il n'existe pas de solution standard" pour la spécialiste des entreprises en difficulté, Ketty Leroux. Sans compter que " c'est toujours un traumatisme", souligne François Legrand. Mieux vaut mettre son énergie au service de son imagination. D'autant que le mandataire l'affirme : "Il existe des tours de passe-passe tout à fait légaux, qui permettent de sortir la tête de l'eau".

La CCSF (Commission des chefs des services financiers), constituée de représentants des organismes de sécurité sociale et de l'assurance chômage, et présidée par le Trésorier payeur général, peut, elle, vous aider à élaborer un plan d'apurement sur deux ans maximum de vos dettes fiscales et/ou sociales. Il en existe une dans chaque département. N'hésitez pas à vous renseigner auprès du tribunal de commerce.

Si vous avez du mal à sortir vos salaires, des banques spécialisées comme Themis vous feront ouvrir un compte dédié alors que tous les autres sont bloqués...