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Prime à l'embauche : un impact difficilement mesurable dans les TPE et PME

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Instaurée en janvier 2016 par le gouvernement pour lutter contre le chômage, l'impact de la prime à l'embauche sur l'emploi s'avère compliqué à mesurer selon l'Insee, malgré une forte demande des TPE et PME.

Prime à l'embauche : un impact difficilement mesurable dans les TPE et PME

Lancée il y a un an par le Gouvernement pour tenter de contrer le fort taux de chômage en encourageant les PME à embaucher via des contrats stables, la prime à l'embauche est-elle efficace ? Selon une évaluation de l'Insee, publiée le 29 décembre 2016, son impact est difficilement quantifiable. L'étude "n'exclut pas que la prime ait eu un impact positif sur les embauches des petites entreprises plus éloignées du seuil d'éligibilité, et sur l'emploi de toutes les entreprises concernées par la mesure."

Sur les six premiers mois de l'année 2016, l'Insee estime - en comparant les déclarations d'embauches aux demandes de prime - que plus de la moitié (54 %) des CDD dont la durée est supérieure à six mois a permis aux TPE et PME de bénéficier du dispositif. Un chiffre qui se montre inférieur pour les embauches en CDI, évalué à 34 %.

Cependant, ces premiers chiffres "ne tiennent pas compte du fait que seuls les embauches à moins de 1,3 SMIC sont éligibles à la prime", note toutefois l'Institut qui précise que "le taux de recours" à la prime doit être "mécaniquement plus élevé". Ainsi, les analystes prévoient que, dans le cas d'une distribution des salaires similaires à celle de l'année 2013, 96 % des CDD et 61 % des embauches en CDI ont pu bénéficier de la prime.

Un impact sur les salaires ?

L'Insee relève également que le nombre d'embauche en CDD d'au moins six mois a été plus nombreux dans les petites entreprises comme l'illustre l'envol des embauches en CDD dans les TPE à +37,4 % sur le premier semestre 2016 par rapport à 2015. Concernant les entreprises de 20 à 49 salariés, l'augmentation est également forte avec 31 % de hausse sur les mêmes contrats.

Malgré tout, ces bons chiffres pourraient masquer, selon l'Institut, une tendance des chefs d'entreprise à procéder à davantage d'embauches mais en privilégiant des salaires plus bas qu'en 2015 et donc compris dans la limite de 1,3 SMIC.

Face à la disparité de ces premières estimations, fonction de la taille des entreprises, de la typologie des contrats ainsi que de leur durée, l'Insee note que "l'identification d'un effet propre à la prime nécessite une approche micro-économétrique plus approfondie". Il faudra donc attendre encore un peu pour dresser un bilan exhaustif du dispositif.

En vigueur jusqu'au 30 juin 2017, la prime à l'embauche permet aux entreprises de bénéficier d'une aide financière fixée à 4 000 euros sur deux ans dans le cas d'une embauche en CDD d'au moins six mois ou en CDI, et dont la rémunération ne dépasse pas les 1,3 SMIC. Une démarche qui vise à favoriser l'émergence de contrats plus sécurisés et stables pour les bas salaires.