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Pourquoi les entreprises françaises vont mal?

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Pour consolider la reprise, un rapport sur l'investissement des entreprises françaises, préconise au gouvernement de prendre trois mesures. Améliorer l'accès des TPE au crédit, notamment de trésorerie, développer le financement long du BFR et favoriser l'investissement en actions de l'assurance-vie.

Pourquoi les entreprises françaises vont mal?

Pourquoi l'investissement des entreprises françaises ne repart-il pas ? C'est à cette question que le rapport de François Villeroy de Galhau, l'ancien dirigeant de BNP Paribas, remis mercredi 26 août 2015 au gouvernement, tente de répondre. Ce document identifie trois causes : la baisse des marges, alors que les PME sont beaucoup plus sensibles que les grandes entreprises au niveau de leur autofinancement. Mais aussi, une moindre envie de risquer l'investissement et l'innovation chez certains patrons de PME, y compris du fait de leur âge plus élevé. Et surtout, la difficulté connue de la France à faire naître, et plus encore à faire croître, des entreprises nouvelles et innovantes. Cette maladie est celle de l'Europe continentale dans son ensemble. Elle paraît toutefois plus marquée en France. Selon une enquête de l'Union Européenne sur l'innovation, 37% des entreprises sont technologiquement innovantes en France, contre 55 % en Allemagne et 42% en Italie.

Sortir du malentendu sur le crédit

Comment relancer la machine? Le rapport esquisse trois solutions. Le premier est d'atténuer le comportement restrictif des banques envers les entreprises. Car sept ans après le début de la crise financière, force est de constater que "sur l'accès au crédit bancaire, il persiste un écart nocif entre un constat global rassurant, et une perception de terrain beaucoup plus critique. Réduire cet écart doit être une priorité de tous, à commencer par les banques, et ceci constitue la première série d'orientations de notre mission", note le rapport.

La mission propose donc de faciliter les crédits de trésorerie. Les banques devront notamment favoriser la stabilité des conseillers bancaires auprès des TPE dans leurs fonctions, et clarifier la présentation et le coût des différentes solutions de trésorerie: découverts, facilités de caisse, affacturage.

Développer le financement long du BFR

Autre piste: pour financer le besoin en fonds de roulement (BFR) des entreprises, le rapport préconise de développer deux types de crédit dans les banques. Le financement des entreprises sur stocks, qui davantage développé en Allemagne, est en France bloqué par des dispositions du code du commerce, plus contraignantes que le régime de droit commun. Et des formules de financement long du BFR avec durée et différé suffisamment longs et sans garantie physique. Ces prêts devraient dès lors être tarifés plus chers, à la mesure du risque accru, et comporter des schémas de garantie spécifiques, notamment via une couverture partielle -et facturée -de Bpifrance dans son rôle cette fois de garant.

Pour stimuler les acteurs traditionnels, les offres de financement alternatifs doivent par ailleurs être renforcées, comme le microcrédit, la finance solidaire, et les plateformes de prêts directs aux PME.

Réorienter l'épargne

Le rapport reprend également un argument très souvent avancé: la nécessaire réorientation vers l'économie réelle d'une partie des quelque 1 600 milliards d'euros placés en assurance-vie, et donc de favoriser le nouveau contrat Euro-croissance. Pour garantir la réussite de ce produit, plusieurs leviers d'action sont imaginables: revenir sur les règles fiscales, dans un sens plus favorable à Euro-croissance et/ou moins favorables au Fonds euro, et accélérer la baisse des rendements servis sur les fonds euros, compte tenu des très bas niveaux de taux actuels.

Ces mesures qui seront retenues par le Gouvernement dans les prochains jours, "ont vocation à être mises en oeuvre le plus rapidement possible en France", a déclaré Manuel Valls.