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[Étude de cas] Compagnie coloniale : chronique d'une introduction en Bourse

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Aux modes de financement traditionnels, Vincent Balaÿ, p-dg de Compagnie Coloniale, PME spécialisée dans la vente de thé, a préféré les sirènes de la Bourse. Retour sur ce projet qui s'est concrétisé l'été dernier.

[Étude de cas] Compagnie coloniale : chronique d'une introduction en Bourse

Pas besoin de diriger une multinationale ou une jeune pousse prometteuse dans le secteur des biotechs pour investir le monde de la Bourse. Compagnie Coloniale, PME de 25 collaborateurs spécialisée dans la commercialisation de thé depuis 1848, en est la parfaite illustration. Éligible au PEA PME, l'entreprise basée dans la Vienne a rejoint le marché Euronext depuis le 30 juin 2015.

"Un peu plus de 20 000 actions ont été cédées à ce jour au cours de 1€ l'action. Mais c'est un projet de long terme, et Compagnie Coloniale n'intervient pas sur un marché de "bulle financière", insiste Vincent Balaÿ, p-dg de la société. Afin de limiter les risques, nous ne placerons d'ailleurs à terme pas plus de 10 à 15 % de notre capital sur le marché." Cette introduction en Bourse représente selon lui non seulement un gage de crédibilité et d'indépendance, mais surtout un moyen stratégique de répondre aux besoins de financement des projets de développement de Compagnie Coloniale dans les années à venir.

Transformation

"Je dois plus que jamais piloter la société sans rester focalisé sur le cours de la Bourse."

Des formalités administratives au changement de gouvernance, en passant par un audit, huit mois ont été nécessaires pour faire aboutir ce projet boursier. "Il a fallu changer les statuts de notre SARL pour créer une SA avec des actionnaires et un conseil d'administration. Le capital est passé de 20 000 € à 225 000 € financés sur fonds propres. L'entreprise Octo Finances a pris le relais pour valoriser la société et l'introduire sur le marché Euronext."

Et ce n'est pas terminé. "À l'heure actuelle, l'objectif est de boucler le premier round avec un investisseur majeur d'ici à la fin de l'année à hauteur d'environ 1,5 M€, puis de passer à l'action terrain."

Internationalisation

Car ces évolutions, si elles impliquent une plus grande rigueur dans les process (avec un bilan validé par un commissaire aux comptes, par exemple) et la communication extérieure, ne bouleversent pas pour autant la préoccupation première du chef d'entreprise. "Je dois plus que jamais piloter la société sans rester focalisé sur le cours de la Bourse" , insiste Vincent Balaÿ.

Parmi les chantiers en cours, la refonte du site internet marchand, la participation à des salons professionnels ciblés, le marketing ou encore le développement de la PME à l'export (Allemagne, Portugal, Singapour, Japon...). Aujourd'hui valorisée 6 M€, la PME, qui compte plus de 150 références de thé, espère atteindre au moins 8 M€ de chiffre d'affaires d'ici à 2020 (contre 2,4 M€ prévus en 2015), dont 15 % à l'export. De quoi tenir encore quelque temps les cordons de la Bourse.

Compagnie Coloniale

Vente de thé / Dissay (Vienne)/ Vincent Balaÿ, 48 ans / SA à conseil d'administration / Création en 1848 / Reprise en 2010 /15 salariés et 10 VRP / CA 2014 : 1,9 M€ / CA 2015 prévisionnel : 2,4 M€