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Sauver 24 emplois via Twitter en un mois: cap ou pas cap ?

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Fin septembre, une course contre la montre s'est engagée sur Twitter pour sauver l'usine pharmaceutique de Meymac. Derrière cette démarche: un collectif d'influenceurs du web baptisé #i4emploi. Un mois et demi après, le Tribunal valide le 13 novembre 2015 la reprise du site par le groupe Martin Dow.

Sauver 24 emplois via Twitter en un mois: cap ou pas cap ?

Twitter peut-il sauver des emplois ? Les salariés de l'usine pharmaceutique Salem, à Meymac, embarqués dans un tourbillon médiatique, sont depuis fin septembre dans l'attente de cette réponse. Vous vous souvenez sans doute de l'histoire de cette entreprise, placée en liquidation judiciaire mardi 22 septembre 2015. Si elle a longuement été contée dans les médias, il est tout de même intéressant de s'y attarder tant elle illustre la puissance de Twitter.

Tout est parti d'un tweet. Celui de Jean-Pierre Audy, conseiller municipal de la commune de Meymac.

Il parle en parallèle sur son blog d'un "immense gâchis industriel et social" pour cette petite commune de Corrèze. Face à l'urgence de la situation, quelques influenceurs du web -experts dans la finance, le marketing, les nouvelles technologies- se regroupent sur Twitter et créent le collectif #i4emploi. Leur pari ? Trouver un repreneur en capitalisant sur leurs réseaux cumulés et la puissance des réseaux sociaux.

Très vite le nombre d'influenceurs gonfle. Un mois après la création du hashtag, plus de 400 twittos l'affichent dans les biographies de leurs profils Twitter. En deux semaines, le collectif est suivi par plus de 360 000 followers. Début novembre, il compte plus de 650 000 abonnés.

24 emplois sauvés

Après un mois de buzz médiatique, cinq dossiers de repreneurs ont été présentés au Tribunal de commerce de Brive-la-Gaillarde. Ce dernier a tranché vendredi 13 novembre 2015 et validé la reprise du site par Martin Dow, un important groupe industriel pharmaceutique pakistanais. Il emploie plus de 1200 personnes dans des activités commerciales et industrielles de médicaments génériques ou fabriqués sous licences. " Le site a été racheté pour la somme de 1 500 000 euros ", confie Alban Jarry, expert en assurance et finance, à l'origine du collectif #i4emploi.

24 emplois sont sauvés. Les autres salariés -il y avait initialement une trentaine d'emplois- auraient quitté la région. " Après tant de craintes sur l'avenir du site, cette conclusion est un formidable espoir pour des situations similaires qui se produisent fréquemment en France ", confie Alban Jarry.

L'usine pharmaceutique va quant à elle bénéficier d'une thérapie de choc puisque les repreneurs envisageraient de créer 100 emplois dans les cinq prochaines années. Le scénario rêvé par les salariés de l'entreprise prend enfin forme.