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[Entrepreneurs] Comment sortir les actionnaires minoritaires grâce au crédit participatif, crowdlending ?

Publié le par / Avec la Marketplace

Le crowdlending offre aux entrepreneurs l'opportunité de reprendre le contrôle de leurs sociétés et de sortir les actionnaires minoritaires.

Sortir les actionnaires minoritaires sans impacter la trésorerie de son entreprise, tel est le rêve de beaucoup d'entrepreneurs en quête d'une reprise de contrôle de leurs entreprises. Traditionnellement, les banques ne finance pas ce type d'opération. Ce n'est qu'à partir de la fin du monopôle bancaire en 2014, qu’apparaîtra une nouvelle solution de financement répondant à cette problématique. Il s'agit du crédit participatif aux PME ou crowdlending.

Le crowdlending est très adapté pour répondre aux problématiques de croissance et financer l’économie réelle. Il est également un instrument indiqué pour permettre à l'entrepreneur de reprendre le contrôle de son capital.

Le crowdlending, un instrument non dilutif et malléable

Dans la panoplie des outils de financement à disposition du chef d’entreprise, l’autofinancement arrive en premier. Puis, viennent les dettes bancaires et les dispositifs spécifiques (aide de la BPI à l’innovation, prêts bonifiés). Les renforcements en fonds propres arrivent en dernier. Le crowdlending, un instrument apparu récemment, est souvent mis en regard des financements traditionnels bancaires. Cependant, opposer les deux canaux n’est pas forcément très pertinent.

En effet, banques et crowdlending ne financent pas nécessairement les mêmes besoins. Le financement bancaire est généralement axé sur les actifs matériels. En termes de positionnement, ils sont assez complémentaires. C'est grâce à l’absence de prise de sûreté dans le cadre d’un financement en crowdlending et de la possibilité d’arbitrer les prêts bancaires in fine contre amortissables.

Deux configurations possibles

Il serait donc plus légitime d’envisager le crowdfunding comme une alternative (ou complément) au financement en fonds propres traditionnels :

  • via une opération en crowdfunding « equity » qui peut permettre d’intervenir en capital. Les modalités sont plus basiques qu’une levée classique. Les montantssont potentiellement faibles avec un risque réparti sur de nombreux acteurs ;
  • via une opération en crowdlending qui est un instrument non dilutif. A l’instar d’un financement en fonds propres, il peut être « fléché » vers n’importe quelle utilisation (BFR, recrutement, etc.) et non adossé à un actif spécifique. Sous certaines modalités (par exemple, un prêt in fine sur 5 ans), il serait comparable à l’horizon attendu dans le cadre d’un investissement en equity.

Dès lors que la PME présente un profil permettant de modéliser un financement en dette (cash-flow positif, ratio de dette supportable), il est possible de faire appel au crowdlending pour financer tout type de projet comme une alternative ou un complément aux fonds propres.

De ce fait, de nombreux dirigeants n’envisagent pas d’ouvrir leur capital pour des raisons d’indépendance et de gouvernance. Dans ce cadre, le crowdlending est une voie optimale pour poursuivre le financement de sa croissance pour des besoins difficilement finançables par les banques traditionnelles (voir notre article, Crédit pro : Comment améliorer l’accès des PME à la dette ?).

 

Reprendre le contrôle de sa boite, les 3 cas de figures

Par nature, le crowdlending est une option permettant de limiter la dilution au même titre qu’un financement bancaire. Il peut également permettre au dirigeant de reconfigurer son capital selon des modalités flexibles.

Racheter la quote-part d’un associé minoritaire

Apporter de la liquidité à un associé minoritaire en permettant au dirigeant d’être relué. Lorsque la société dispose des réserves comptables en fonds propres suffisantes, il est possible d’organiser le rachat de la quote-part d’un actionnaire via une réduction de capital. Le cash nécessaire à l’opération étant, par exemple, apporté par la souscription d’une émission obligataire dans le cadre d’un financement en crowdlending accordé sur la base de cash-flows futurs.

Refinancer des obligations convertibles

Dans le même ordre d’idée, refinancer des obligations convertibles existantes permet d’augmenter le contrôle de son capital. Le coût du crowdlending (de 4 à 8% par an) est inférieur à celui du capital. Comme leur nom l’indique, les obligations convertibles sont des quasi-fonds propres, donnant à terme accès au capital à leur détenteur. De ce fait, en cas de forte valorisation ultérieure de la société, elles peuvent priver le dirigeant fondateur d’une partie conséquente de la plus-value du fait de la dilution supplémentaire. Ces instruments long terme (généralement 7 ans) sont, par essence, chers et offrent trois types de rémunération : coupons annuels, prime de non-conversion à la sortie ou conversion si la valorisation le justifie. Cependant, il conviendra de voir au cas par cas, au vu de la documentation des obligations convertibles, si un tel refinancement est possible, sans négociations préalables avec les obligataires.

Sortir les fonds ISF

Les investissements « ISF », présentés comme des investissements equity permettant au dirigeant de limiter la dilution de sa part (ce qu’ils sont, dans la majorité des cas, si une option de rachat à terme à un prix fixe était convenue), ont été assez populaires. Mais, ils se sont souvent révélés être des instruments assez contraignants (actions de préférence) et potentiellement coercitifs via des clauses de liquidité à l’issue d’une période d’inalliabilité de 5 ans (établie pour raisons fiscales). Si la liquidité n’était pas mise en œuvre après 5 ans, les investissements ISF donnaient lieu à des pénalités. Puis, ils donnaient à une clause de process de cession de la société pour apporter de la liquidité aux minoritaires. Faire appel au financement en crowdlending peut-être une opportunité de financement pour racheter les minoritaires ISF existants (cf. Cas d’étude Danem). Avec la fin du dispositif ISF, le crowdlending devient un nouvel outil pour le dirigeant de PME. En reprenant son indépendance, le dirigeant pourra également renouer avec une politique de versement de dividende plus agressive. (sous réserve de faire face à ses autres engagements financiers)

Etude de cas :  Danem emprunte 500.000€ sur WeShareBonds

Danem est un éditeur des logiciels de mobilité. C'est un cas emblématique d’une société en très bonne santé financière ne trouvant pas pourtant de financement bancaire. (au-delà des opérations classiques de financement d’actifs matériels). La société a fait appel au crédit participatif aux PME (crowdlending) via WeShareBonds pour financer sa croissance.

Présentation de l'entreprise

« Créée en 1996 par Michel Sasportas, Danem est un éditeur de logiciels de mobilité pour les populations itinérantes telles que commerciaux, chauffeurs-livreurs, et visiteurs médicaux, répondant à des besoins d’équipements technologiques en forte croissance. Danem est reconnue pour la qualité de ses prestations, sa flexibilité et ses services innovants. Elle élabore et met en place des solutions de mobilité complètes livrées clés en mains aux clients. Ces solutions sont sur des plateformes mobiles telles que smartphones, mobiles et PC portables.

Un client emblématique des prestations de Danem est Colis Privé (détenue en partie par le leader mondial du e-commerce Amazon), 1er opérateur privé sur le marché de la livraison de colis pour les particuliers en France, en croissance de 30% par an, et qui a distribué plus de 35 millions de colis à travers un réseau de 2 000 livreurs sous-traitants équipés des solutions de mobilité Danem.
Danem compte à date 19 employés et est basée à Créteil (94). La moitié de son équipe est présente depuis sa création. Elle se développe au fil des années pour accompagner sa croissance.
Danem a été profitable sur la dernière décennie. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 2.1M€ en 2016, et 418K€ d'EBITDA[1] soit une marge EBITDA/CA de 20%.
Elle devrait réaliser un chiffre d’affaires de 3.8M€ en 2017 (+79% vs 2016), et 762K€ d’EBITDA (+82% vs 2016), soit une marge EBITDA/CA de 20%. »

Le financement par crowdlending

Danem a fait appel à WeShareBonds en novembre 2016 afin de financer sa croissance, dont des recrutements. Son fondateur Michel Saportas a sollicité, à nouveau, la plateforme pour un montant de 500K€ dont 300K€ pour financer le rachat des actions de ses actionnaires institutionnels minoritaires (fonds ISF). Ces derniers étaient présents depuis 2009 (avec donc un délai de 5 ans largement écoulé). A l’issue de cette opération le dirigeant est redevenu actionnaire à 100% de sa société.

Complémentaire des fonds propres et des banques, le crowdlending permet au dirigeant de conserver et/ou de regagner son indépendance. Ainsi, après avoir repris le contrôle de son capital, l’entrepreneur renouera avec une politique de distribution de dividendes. Cette politique revient sur la scène économique grâce à la nouvelle loi de finance. Cette loi a baissé la fiscalité sur les dividendes via la « flat tax » (avec un taux maximum de 30%) ainsi que sur l’impôt sur les sociétés (objectif 25% à horizon 2022). Cela a rendu ces distributions beaucoup plus intéressantes sur le plan financier.

Retrouvez cet article sur le blog de WeShareBonds : Comment sortir les actionnaires minoritaires grâce au crowdlending ?