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[Dossier] 8 dispositifs pour optimiser votre financement

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7. Affacturage 3.0

Et au quotidien? L'affacturage, qui a longtemps joui d'une image négative comme solution de dernier recours pour les entreprises en difficulté, est de plus en plus vu comme "une solution complémentaire au crédit pour accompagner le développement", souligne Mélodie Clausse de Crédit Agricole leasing & factoring. Des start-up se sont développées sur ce segment. "On a voulu développer une offre plus souple et plus collaborative pour accompagner au quotidien, sans perturber les relations commerciales", explique Alexandre Weiss, président de Créancio, qui offre une solution de financement dédiée aux PME. "Comme l'affacturage, sans inquiéter le client", lit-on sur la plateforme où l'on peut ouvrir en quelques clics un compte de trésorerie sur lequel les factures vont être payées. Et surtout "sans perturber les relations commerciales", affirme le créateur de cette alternative qui se veut "une offre plus souple et plus ­collaborative".

L'affacturage est le premier moyen de financement en cours terme

Principaux utilisateurs de ce service de trésorerie à la demande, des TPE et PME dans le négoce, le bâtiment ou le transport. "Les coutumes sont différentes dans chaque ­secteur, mais on veut rester très diversifiés: de la crème fraîche bio à l'électronique", sourit Alexandre Weiss, qui se fait fort "d'assister l'entreprise dans la gestion de son poste client en l'incitant à relancer, bref, à se défendre. Ce qui me satisfait à la fin de la journée, c'est le sentiment qu'une entreprise se solidifie, se structure", explique le dirigeant de cette fintech qui se rémunère par un discount sur chaque facture et espère "en finir avec ces faillites de business rentables uniquement dues à des délais de paiement".

"Le mot affacturage sent la naphtaline, s'amuse Cédric Teissier, cofondateur de Finexkap. En réalité, c'est le premier moyen de financement en court terme." Sur cette plateforme en ligne créée en 2012, pas de frais de dossier ni ­d'abonnement, et un financement dans les 72 heures. "On est un peu des Robin des bois puisqu'on émane d'une société de ­gestion de ­portefeuilles, agréée par l'AMF, qui fournit ses excès de trésorerie." La start-up finance 250 entreprises de manière récurrente, c'est-à-dire pour l'intégralité ou presque du chiffre d'affaires, et a pris le parti "de rentrer dans le quotidien des dirigeants, en tissant un réseau de partenaires, notamment avec les comptables qui peuvent se connecter en quelques clics. Nos clients types, ce sont des entreprises qui font moins de 10 millions de chiffre d'affaires. Les factors traditionnels n'y vont pas. Ce n'est pas rentable pour eux."

8. Échanges interentreprises

Et si, au lieu de sortir de la trésorerie, vous vous livriez à des échanges interentreprises? C'est l'idée de France Barter, "marketplace de compétences" selon le mot de son dirigeant Samuel Cohen, qui a concrétisé son idée en juin 2014. Comment ça marche? "Quand une entreprise rejoint le réseau, elle ouvre un compte et met en ligne ses besoins et ses offres sur la ­plateforme. Grâce à cette mise en relation, elle peut acheter des prestations sans sortie de trésorerie, puisqu'elle reçoit une facture avec la mention "paiement par compensation". On ­l'enregistre et on lui trouve des clients pour qu'elle puisse faire à nouveau des ventes."

Une solution pour ­financer des dépenses courantes directement, en échange de sa production, et ainsi se faire connaître. "On recense plus de 500 entreprises dans des secteurs très variés, du nettoyage aux relations presse en passant par des start-up ­innovantes, qui sont susceptibles d'avoir besoin les unes des autres à un moment."

Si les gestionnaires de la plateforme ne mettent pas la pression aux entreprises ­utilisatrices, Samuel Cohen souligne: "Idéalement, le compte ne doit pas rester ­excédentaire trop longtemps: ­l'intérêt, c'est qu'il y ait du mouvement." Ce dernier y voit aussi un moyen de sortir de ­l'immobilisme: "Il y a tout un tas de choses ­(shooting photos, campagne de communication, etc.) qu'on ne fait pas à cause de la contrainte ­budgétaire. Là, on peut se le ­permettre en échange de sa propre expertise." France Barter, qui prélève un pourcentage (5% du côté de l'acheteur et autant du côté du vendeur), croit beaucoup, pour les dépenses courantes, à ce "financement par la compétence".

Amélie Riberolle