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Comment ne pas regretter son crédit-bail ?

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Attractif sur les plans comptable et fiscal, le crédit-bail permet de financer en souplesse du matériel ou des biens immobiliers... à condition de connaître les limites du produit, et de garder à l'esprit certains points de vigilance.

Comment ne pas regretter son crédit-bail ?

Peinant déjà à obtenir des prêts, les petites et moyennes entreprises ont de plus en plus de difficultés à financer le développement de leurs activités. 75% d'entre elles constatent ainsi un durcissement des conditions de prêt, selon le baromètre sur l'accès au crédit des PME réalisé par l'Ifop pour la CGPME et KPMG, publié en mai 2014. Conséquence : certains entrepreneurs font le choix de se tourner vers le crédit-bail. Concrètement, ils signent, avec une banque, un contrat de location d'une durée déterminée, assorti d'une promesse de vente à l'échéance du contrat. L'entreprise utilise le matériel (véhicule, équipement informatique, etc.) ou le local en échange d'un loyer d'usage. À l'expiration du contrat, le dirigeant rachète généralement le bien à la valeur fixée à la signature, mais peut également restituer le bien à la banque ou encore, mais c'est plus rare, reconduire l'accord.

Un financement performant

Mais pour profiter de ses avantages (il ne nécessite, en général, pas d'autofinancement, et n'obère pas la capacité d'emprunt de l'entreprise), encore faut-il être vigilant sur ses modalités. Le choix de la durée du crédit est primordial. Si elle est trop courte, le risque est que les loyers constituent une charge écrasante pour le budget de l'entreprise. À l'inverse, un contrat trop long est de nature à freiner le renouvellement des actifs. "Un chef d'entreprise qui finance son crédit-bail sur dix ans et qui, au bout de trois, souhaite renouveler son parc informatique, devra régler ce nouvel achat tout en s'acquittant des loyers", résume François Camilleri, directeur général adjoint de Natixis Lease.

Quelle que soit la durée de l'opération, le crédit-bail est traditionnellement un peu plus cher qu'un financement classique, même si, grâce à la baisse des taux d'intérêt de ces dernières années, il a beaucoup gagné en performance. Si son coût exact varie en fonction des options souscrites et des ­caractéristiques de chaque ­dossier, comme le montant et la durée du financement, il comprend la levée d'option d'achat (entre 1 et 5% de la valeur de départ selon la durée du contrat) et les loyers, dont le montant oscille, en moyenne, entre 2,10% et 3,10%.

Au final, la différence entre un crédit-bail et un crédit classique est de quelques points de base seulement. Attention cependant, car plusieurs frais peuvent intervenir. Aux charges et éventuels frais de réparation ou de remplacement s'ajoute, en cas de retards ou d'impayés, le ­paiement d'indemnités. Celles-ci sont calculées sur la base du taux moyen mensuel du marché monétaire majoré de 5 % en moyenne, avec un minimum de 50 euros, et sont parfois assorties, par la banque, de frais de gestion.

En cas de rupture anticipée du contrat, l'entreprise doit l'intégralité de l'encours financier du contrat, ainsi que, généralement, une indemnité financière tournant autour de 5% de la totalité et un trimestre de loyer.