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Financement des PME : quelles pistes privilégier en 2014 ?

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Crédits bancaires, affacturage, financement participatif... Une étude publiée le 21 janvier par l'association PME Finance livre les perspectives d'évolution à court et long terme des outils de financement mis à disposition des PME.

Financement des PME : quelles pistes privilégier en 2014 ?

Depuis plusieurs mois, les innovations se multiplient dans le financement des PME. Les nouveaux instruments mis en place par le gouvernement, à savoir le crowdfunding, le PEA-PME ou encore la réforme du Code des assurances peuvent-ils réellement pallier les bons vieux outils de financement (les crédits bancaires et l'affacturage notamment)? L'association PME Finance nous livre des éléments de réponse.

Les crédits bancaires

Alors que la Banque Centrale Européenne maintient ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas, les conditions d'obtention de crédits bancaires se sont durcies pour les PME, mais de façon inégale. La tension principale a été relevée, en 2013, sur les crédits de trésorerie, alors que les crédits de plus long terme restaient stables. Au global, le crédit bancaire aux PME commence à marquer légèrement le pas. L'enquête trimestrielle de la Banque de France est venue confirmer une hausse des taux de refus de crédits à court terme (30% contre 10% à long terme). Les PME sont toutefois moins touchées par le ralentissement de la distribution de crédits que les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

L'affacturage

Les difficultés des PME face au crédit de court terme porte à considérer avec une attention particulière les alternatives de financement du poste client. Longtemps considéré comme un mode de financement pour les entreprises en difficulté, l'affacturage, qui consiste à céder les créances de ses clients à un organisme financier spécialisé, change d'image. "C'est aujourd'hui la deuxième source de financement court terme intermédié des entreprises, après le découvert bancaire et avant l'escompte et le Dailly" (forme de crédit qui permet de financer le cycle d'exploitation), affirme l'association PME Finance. De plus en plus d'entreprises importantes y ont recours mais il est encore peu pratiqué par les PME. En cause : une offre éclatée du financement du poste clients, des conditions de mise en oeuvre compliquées ainsi que des créances insuffisamment éligibles.

"Pourtant la dématérialisation de la gestion des créances clients, le souhait des pouvoirs publics de développer ce marché poussent à un fort développement dans un futur proche", souligne l'étude. Cela est nécessaire pour enrayer le poids trop important du crédit fournisseur : alors que le délai de recouvrement moyen est en France de 57 jours, celui des PME semble sensiblement supérieur, autour de 60 jours.

Qu'en est-il des nouveaux outils?

Le financement participatif

Le crowdfunding peut-il devenir un élément de financement des TPE et des PME ? La réponse semblerait positive. Selon l'association PME Finance, " la proche libéralisation du secteur, attendue pour le premier trimestre 2014 (l'ordonnance de simplification portant la nouvelle réglementation de la finance participative devrait être prise début 2014), devrait permettre à la France de compenser le déséquilibre qui porte aujourd'hui les start-up à aller se financer sur des plates-formes américaines comme Kickstarter (don contre don), Lending Club (prêt) et Angel List (capital)".

Le PEA-PME

Mis en place le 1er janvier 2014, le PEA-PME permettra de démocratiser la détention d'actions de PME et d'ETI. Devraient être concernés en premier lieu les investisseurs ayant atteint le plafond de leur PEA et voyant se réduire les opportunités d'investissement dans le cadre de niches fiscales d'investir dans des titres de PME cotées et non cotées. Il est encore trop tôt pour en mesurer l'impact, mais plus d'un Français sur deux et 90% des investisseurs actifs le jugeaient utile (OpinionWay et Actionaria, octobre 2011).

Les estimations de place mentionnent à court terme entre 60 000 et 100 000 souscripteurs "fortunés", et un doublement à terme pour des sommes annuelles allant de 12 500€ à 25 000€ par PEA-PME. La distribution de masse considérée par l'hypothèse haute, en revanche, dépend de la possibilité d'offrir des produits suffisamment peu risqués. Une ouverture à des fonds obligataires garantis semble donc une condition nécessaire. L'encours total du PEA-PME pourrait alors s'élever d'ici fin 2017 à un niveau compris entre 5 (hypothèse basse) et 15 milliards d'euros (hypothèse haute).

Les assureurs

Quelle place pour les assureurs après la réforme du Code des assurances, présentée par le gouvernement en juillet dernier, qui permet aux assureurs d'investir dans des entreprises non cotées? Les produits d'assurance représentent l'essentiel du patrimoine financier des ménages. Les assureurs ont donc une responsabilité particulière dans le placement des montants collectés soit en direct (primes), soit dans le cadre des contrats d'assurance-vie.

Selon l'association PME Finance, "le chiffre de 2% des placements des assureurs en titres de PME a été évoqué pour la première fois en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances. Il n'a été atteint qu'un bref moment et ne l'est plus, en partie du fait des contraintes imposées par Solvency II", une réforme réglementaire européenne dont l'objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d'assurances avec les risques qu'elles encourent dans leur activité. Cet instrument reste donc incertain notamment car les assureurs cherchent des titres liquides et peu risqués. Reste donc à savoir si les PME peuvent répondre à ces exigences ?

Manque de dynamisme, de maturité... les nouveaux outils mis en place par le gouvernement ne semblent pas créer le choc positif tant attendu par les entreprises.