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[Tribune] Assurance d'entreprise: c'est le moment de renégocier votre contrat

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A l'approche des renouvellements des contrats, pour la plupart au 1er janvier, le marché demeure toujours aussi concurrentiel. En renégociant leurs programmes, les entreprises peuvent réaliser des économies de 15 à 40% si leurs risques présentent un profil intéressant pour les assureurs.

[Tribune] Assurance d'entreprise: c'est le moment de renégocier votre contrat

Chaque année en septembre, les Rendez-Vous de Monte-Carlo réunissent les grands réassureurs pour définir la tendance tarifaire des renouvellements. Pour 2015, du fait d'une relative clémence des grands sinistres industriels et climatiques, et d'une surcapacité de capitaux disponibles, la pression à la baisse des tarifs continue. Dans ce contexte, les entreprises ont tout intérêt à renégocier leurs contrats : les meilleurs dossiers peuvent bénéficier de rabais de l'ordre de 15% pour les primes Dommages aux Biens et Responsabilité Civile Générale, et les programmes qui n'ont pas été renégociés depuis plusieurs années peuvent atteindre une réduction de 30 à 40%. Tour d'horizon sur les critères à prendre en compte et les étapes à suivre pour optimiser vos programmes.

1. Évaluez vos besoins

Connaitre et évaluer les besoins de l'entreprise est une étape préalable essentielle. Au-delà de la recherche du meilleur prix, une consultation du marché peut être motivée par la volonté de trouver une couverture plus complète, ou mieux adaptée au développement de l'entreprise.

2. Analysez l'équilibre financier du contrat

Un examen de votre ratio "Sinistre à Prime" (S/P) permet de déterminer le potentiel de négociation. Si vous vous situez au-dessus de 70%, le contrat est en déséquilibre car l'assureur doit tenir compte de ses frais commerciaux et de gestion (environ 30%). En revanche, une sinistralité maitrisée dans sa fréquence et sa gravité constitue un bon profil pour les assureurs. Il faut montrer au moins trois ans d'antériorité, année en cours incluse. Une analyse détaillée permet souvent de revoir à la baisse certains sinistres surévalués ou non actualisés.

3. Soignez votre dossier de présentation

Les écarts de tarification entre assureurs peuvent être élevés. Dans la définition des tarifs, interviennent notamment des critères tels que l'expérience de l'assureur sur le secteur d'activité, ou son appréciation de la maîtrise des risques et de l'implication de la direction de l'entreprise.

En cas de doute, un assureur se détournera d'un dossier ou appliquera une marge de sécurité tarifaire. Le dossier de présentation doit donc être complet (description des activités, sinistralité, prévention...), et mettre en avant les axes de progrès. C'est seulement grâce à tous ces éléments que l'assureur pourra affiner sa prime.

4. Organisez la consultation du marché

Pour choisir les prestataires, il est nécessaire d'élargir l'appel d'offres au-delà de votre courtier. Mis en concurrence, il devra trouver l'assureur le mieux placé pour le risque de l'entreprise, quitte à revoir également sa rémunération. Les courtiers pressentis doivent connaitre le secteur d'activité concerné, et pouvoir réaliser un accompagnement à l'international le cas échéant.

Généralement, le courtier en place conserve l'avantage de l'assureur tenant. Les assureurs challengers sont partagés entre l'ensemble des courtiers sollicités, en tenant compte des "couples" qui fonctionnent le mieux. Des conventions-cadre ayant été développées par plusieurs courtiers pour accorder des conditions spécialement étudiées et adaptées à des secteurs d'activités spécifiques (l'agroalimentaire, les SSII, les professionnels de l'auto...).

5. Rédigez le cahier des charges

Il définit les prestations et garanties souhaitées, et les niveaux de franchise. Augmenter la franchise est un moyen de réduire le budget, si la capacité d'autofinancement et la maîtrise de la sinistralité le permettent.

6. Comparez les offres

C'est la partie la plus délicate, car il faut déchiffrer le jargon des assureurs, et comparer des propositions souvent construites sur des modèles différents. En cas de changement d'assureur, il faut veiller à respecter le préavis de résiliation de sa police (à savoir le délai à respecter pour adresser un courrier de résiliation), puis à vérifier la conformité des nouveaux documents, avant l'échéance.

L'auteur

Diplômé de l'Institut du Management des Risques, Benoit de Fontenay est associé au sein du réseau d'accompagnement des entreprises Euklead. Il débute sa carrière chez STEF-TFE puis Hertz à Londres. Il rejoint ensuite Renault en tant que Responsable Assurances, puis occupe le poste de Risk Manager du groupe Giraud International. Il enseigne la gestion des risques à KEGDE et au Bordeaux MBA.