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La RSE est loin d'être une priorité pour les PME

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La Responsabilité sociale des entreprises (RSE) peine à intégrer l'organisation et les process des petites sociétés. Selon une étude publiée le 1er avril, la moitié d'entre elles n'y consacre d'ailleurs aucun budget ni aucune équipe, malgré les intérêts qu'elle présente.

La RSE est loin d'être une priorité pour les PME

Quel intérêt ont à tirer les entreprises d'une démarche RSE (responsabilité sociale des entreprises) ? Lorsqu'on pose la question aux responsables RSE de 240 entreprises* toutes tailles confondues la réponse est unanime. Cette démarche consistant à déployer de bonnes pratiques environnementales (gestion des déchets, écoconception...), sociales (bien-être des salariés, qualité de vie au travail...) ou économiques (achat responsable, contrôle qualité, sensibilisation des partenaires...) est d'abord considérée comme un facteur d'innovation pour 9 répondants sur 10. Elle représente également un levier efficace pour définir la stratégie d'une entreprise (87%). La RSE permettrait même de conquérir de nouveaux marchés pour les trois quarts des sondés.

Des paroles aux actes

Derrière ce constat, la réalité est toute autre, révèle le baromètre des enjeux RSE, publié le 1er avril 2014, par le cabinet BDO et Malakoff Médéric. Et ce, en particulier du côté des PME, pour lesquelles la priorité n'est clairement pas d'investir dans cette démarche. Ainsi, deux tiers des petites entreprises sondées (CA inférieur à 10 M€) confient le suivi de ces problématiques à un seul collaborateur à plein-temps voire à aucun salarié (dans près de 15% des cas). Aucun service spécifique ni budget propre n'est d'ailleurs dédié à la RSE dans près de la moitié des petites sociétés.

Pourtant, le top 3 de leurs priorités stratégiques (se différencier sur le marché, encourager l'innovation et communiquer en externe) semble totalement en phase avec les enjeux de la RSE. Alors comment expliquer ce désintérêt des PME ?

Un ROI difficile à chiffrer

Les responsables RSE pointent un manque de moyens financiers et humains, mais pas seulement. L'un des principaux freins identifiés est aussi le manque de visibilité sur le retour sur investissement des actions menées en la matière dans 40% des cas. En cause notamment, la difficulté à mettre en place des indicateurs chiffrés pertinents, la déconnexion de cette démarche vis-à-vis de la chaîne de valeur de l'entreprise ou encore le faible impact de la RSE sur le chiffre d'affaires de la société. Sans surprise, la moitié des petites entreprises affirment ainsi ne pas avoir l'intention d'instaurer un reporting RSE dans les années à venir.

Pour celles qui l'ont adopté (20% environ), les indicateurs portent essentiellement sur le volet écologique de leurs actions à savoir leur impact environnemental, l'optimisation de leurs consommations d'énergie et leur image de marque.

La RSE, un enjeu de société, certes, mais qui semble dans les faits s'arrêter encore bien souvent à la porte de l'entreprise.

*Méthodologie :
Cette étude est la synthèse d'une enquête auto administrée menée auprès de milliers d'entreprises et d'organisations en France. Ces résultats s'appuient sur l'analyse de 240 réponses de responsables RSE (ex : directeurs développement durable, chargés de projets RSE, chargés de mission QSE...) en février-mars 2014. Échantillon sondé : 57% d'entreprises enregistrant moins de 10 M € de chiffre d'affaires (petites entreprises), 19% d'entreprises enregistrant de 10 M€ à 1 milliard d'euros de CA (moyennes entreprises et ETI) et 24% d'entreprises enregistrant plus de 1 milliard d'euros de CA (grandes entreprises).